L'histoire commence ainsi : une femme parle à l'homme qu'elle aime. Devant elle : les restes d'un repas. Plutôt que le papier, elle a choisi l'écran. À l'intimité d'une lettre, elle a préféré la vidéo et la multitude des réseaux sociaux. Cette femme, c'est Martha Delombre, psychologue criminelle habituée aux confessions les plus abominables. C'est désormais à son tour de se confesser. L'impudeur ? Peu lui importe, car tout le monde doit savoir. À commencer par lui. Le traître.
Quel livre! mais quel livre!! C'est un roman pas comme les autres, déjà, on s'en rend compte dès les premières pages..Un roman fleuve, un roman vidéo, un roman confession, un roman aveu...un roman aussi fascinant qu'épouvantable! Une rupture amoureuse, la fin d'un couple soudé âgé de 20 ans, le début de quelque chose, de beaucoup de choses, d'une histoire, d'une transformation, d'une guerre.
Dans ce livre il n'y a pas beaucoup d’événements..et pourtant tu es assis sur le bord de ton fauteuil et tu peines à respirer, en attendant la suite, en craignant le pire! et il arrive, en plus tordu et en plus génial! Un monologue adressé à l'époux où la tension est palpable, où le suspense est construit à feu doux, même avec toutes les digressions des choses de la vie..une vie jusque là ordinaire! Préparez-vous à rencontrer Martha, une femme fatale mais tellement fragile, une maman dévouée et une psychologue de renommée. Elle ne demande pas grand chose à la vie, et pourtant... Trahison, amour, mensonges, espoirs, jalousie, haine...Des sentiments ordinaires, pour une héroïne qui ne l'est pas, le tout racontée avec une plume envoûtante qui frôle la poésie.. et une scène finale magistrale! Digne d'un Lynch ou d'un Von Trier! Et puis mesdames, ça vous donnerez des idées :D
Je pourrai écrire que c'est l'histoire banale d'une séparation. Après 20 ans passés ensemble, Raph annonce à Martha qu'il ne l'aime plus, qu'il a rencontré la Femme de sa vie, son double, son autre moi et qu'il part vivre avec elle. "C'est si merveilleux, si exceptionnel, cette harmonie entre nous, c'est...surnaturel. Le même être dans un miroir. Des jumeaux d'âme." Le temps de la mise à nue d'une vie entière est arrivé : les reproches, les certitudes, les excuses, les prédictions, la haine, la fureur, tout y passe.
Sauf que ce n'est pas une histoire banale. C'est le cheminement d'une femme trompée, trahie, déchirée qui n'a rien rien vu venir et plus grand chose à perdre puisqu'elle a déjà tout perdu. C'est l'histoire tragique d'une femme face à elle même, qui regarde sa vie avec hauteur, en fait un film, et le poste sur utube. "Martha, il faut que je te parle." La gravité des mots qui laisse entrevoir des paroles que ne pourront être reprises une fois prononcées. Et le contraste, saisissant, entre la douleur insupportable de l'un et le bonheur réjouissant de l'autre. Marie Neuser décrypte, dissèque, dépèce les émotions de l'un, les réactions de l'autre, les réflexions, les attitudes, avec un réalisme qui frôle ou le vécu, ou le génie.
C'est aussi l'histoire d'une femme qui a vieilli. Qui ne l'a pas senti, qui s'est toujours vue rayonner dans les yeux de l'autre et qui entrevoit, pour la première fois, la décrépitude du corps par les années parce qu'elle est confrontée à la présence de cette autre femme qui a dix ans de moins qu'elle.
C'est l'histoire d'une femme qui est devenue mère, et qui a oublié d'être femme. Pas par choix conscient, par habitude inconsciente. Et personne ne l'a réveillée cette femme là. C'est vingt ans de couple, vingt ans de sexe... ou d'absence de sexe... ou de relations sexuelles molles, fades, qui n'existent encore que par habitude, quelques minutes entre la poire et le fromage, volées à l'horripilante machine de guerre qu'est le quotidien. Excuse banale, puisqu'il en faut une, d'être allé voir ailleurs. La machine intellectuelle se met en branle pour incomber à l'autre la faute et la justification d'avoir cherché ailleurs ce qu'il ne trouvait plus chez lui. "Tu as la libido au point mort (...), tu n'écoutes plus mes besoins (...) ton absence de désir a étouffé le mien (...). Elle, elle me veut. (...) Quand on fait l'amour, on est deux planètes en osmose. Elle me donne l'intensité qui est morte avec toi.(...) Tu es devenue asexuée Martha. Tu as rangé le sexe tout en bas de la pile."
L'histoire d'une femme qui passe par toutes les étapes d'un deuil : le choc et le déni, la colère, le marchandage, la dépression, l'acceptation. Toutes ces phases sont étudiées au microscope, passées au peigne fin de l'analyse par l'écriture inouïe et prodigieuse de Marie Neuser. Ce roman est écrit comme un gigantesque monologue qui peut rebuter, entrecoupés de dialogues sans dialogue qui peuvent laisser circonspect. Elle utilise des phrases longues pour marquer la tension nerveuse qui suit cette collision, une femme dont le débit de paroles est proportionnel à la force du choc, qui ne peut plus s'arrêter de parler, de penser, de raisonner. Une caméra qui filme le flot ininterrompu de ses paroles, comme le film qu'elle est entrain de tourner, et qu'elle postera plus tard sur les réseaux sociaux, les mêmes réseaux qui ont fait d'elle une femme aux abois. Dans la multitude des émotions qui sont transmises, le style n'est pas dénué d'humour. J'ai souri, et ri aussi, quand emportée par la révolte, Martha utilise la vulgarité, des mots crus et cinglants pour enfoncer les clous de sa pensée. Les paroles qu'on prononce quand on est rendu à être un animal blessé. "Oui je sais. La sacro-sainte intensité, tu l'as déjà dit. Est-ce que ce sera toujours aussi intense quand vous serez débarrassés des oripeaux de la clandestinité, quand vous partagerez au quotidien les haleines à l'ail et les odeurs de chiotte ? Quand votre union ne sera plus faite de fièvre corporelle et de séduction mais de vaisselles, de lessives et de poils aux pattes ? Et pardonne-moi de me faire l'avocate du diable, mais cette sublime gémellité dont tu me parles aujourd'hui, et qui concrètement n'est étayée par rien, excepté par l'argument on aime la peinture, quand tu devras vraiment construire un couple avec elle, est-ce que ça tiendra le coup ?"
Je pourrai décrire aussi les passages sublimes de la reconquête de l'autre par le désir quand Martha redevient une femme sexuée et sexuelle, les passages brillants quand détentrice de tous les indices, elle parvient à remonter le fil de la trahison, les passages incroyables de transformation de l'état de victime à celui de guerrière, les réflexions si justes du mécanisme de fonctionnement de l'autre qu'après vingt ans on connaît si bien, la connaissance du fonctionnement de l'Homme, la clairvoyance sur le futur, mais aucune de mes phrases ne pourra retranscrire les papillons dans le ventre ressentis comme lorsque l'on désire quelqu'un pour la première fois, ou la douleur tripale de l'abandon.
J'écris cette chronique et j'ai mal au ventre, mal au coeur, mal partout. Marie Neuser est parvenue, par le seul biais de l'écriture à faire remonter des émotions, des sensations de la femme des premières fois. La femme que nous avons toute été un jour que le quotidien a simplement endormi. En ce sens, ce livre est un électrochoc qui frappe l'esprit d'incessants coups de boutoir et martèle à celui qui le lit de ne jamais oublier, de ne jamais s'endormir, d'être toujours sur ses gardes pour entretenir la flamme et le désir, de se souvenir qu'en un seul claquement de doigts, tout peut changer.
Enfin, je pourrai vous dire que ce livre est bien un roman noir, vous parler du métier de Martha qui assoit ses capacités d'analyse, de l'incroyable twist qui survient à la page 330, de la fin si logique qui exacerbe et conclue, comme un feu d'artifice, les émotions d'une femme à cran, mais je n'en ai pas vraiment envie, parce que ce livre, c'est tellement plus que ça....
Mangez-le, dégustez-le, avec ou sans curry mais gardez-en la substantifique moelle. Merci Marie.
Quand Raphaël annonce à sa femme Martha qu'après 20 ans de mariage, il ne l'aime plus et qu'il en aime une autre, Martha perd pied… Martha décide alors de jeter son histoire en pâture aux internautes et se confesse, face à une caméra. A poil. Sans tabou. Sans restriction. Juste son ambiguïté, sa douleur et sa rage. Un monologue de Martha. Pas très vendeur hein ? Je t'entends d'ici (si, si je te jure) "Hein ? Quoi ? Un monologue de 480 pages ? Ca va le chalet ou bien ? (Expression bien de chez moi pour les non-initiés 😜) Moi j'y ai vu l'excellence d'une plume capable d'aller dans une profondeur insoupçonnable, capable de te transpercer comme un glaive affuté pour te laisser pantelante et ce, sans aucun temps mort ! J'ai commencé ce récit et en quelques lignes à peine, j'ai su que ça allait être dur. J'ai su que j'allais me retrouver en immersion et que la boule au ventre ne me quitterait pas. Des livres, j'en ai lu des milliers mais peu m'ont autant parlé, m'ont autant percuté pour de vrai, exactement, parfaitement. Relatant quelque chose que je pouvais à ce point avoir ressenti une fois dans ma vie. D'ailleurs, je n'ai pas pu le lire d'une traite. J'ai dû le poser par moment pour reprendre mon souffle, pour digérer alors qu'il me brûlait de le continuer pour ne jamais le finir. Marie Neuser raconte l'amour. Elle le décortique avec grand art. Elle nous montre à quel point c'est un sentiment compliqué, doux, enivrant. A quel point c'est une addiction qui suscite la rage, la haine, l'envie, le désir. A quel point c'est dur, perfide, sournois et destructeur. Un puit sans fond dans lequel on peut se perdre. Un puit dans lequel Martha plongera tête la première... Ce livre, pour moi, n'est pas un coup de coeur mais un coup de foudre. Véritablement, littéralement. Un livre inoubliable. Un chef d'oeuvre. Des extraits, j'aurai voulu en mettre des milliers tant les phrases sont belles. Te réécrire le livre, là, sur mon blog pour être sûre que tu le lises. Te montrer la poésie des mots, la force de l'histoire... Ma tête tourne à l'idée de faire une chronique à la hauteur de ce récit. Te donner réellement envie de le dévorer...non de le déguster...comme un bon plat...et je suis même sûre que tu en reprendras… Délicieuse, c'est un regard amusé ? Amusant ? Sur les réseaux sociaux. Faudrait-il dire effrayant mais tellement réaliste. Des médias, des réseaux mis en exergue. C'est ironique, sarcastique, c'est brillant ! C'est la preuve A + B qu'une femme bafouée est sans doute le prédateur le plus dangereux de la planète. Rotor, machiavélique. Qui, d'ailleurs, pourrait jurer que Machiavel était uniquement un homme ? Hein ? 😜 La violence derrière les mots de Martha est par moment insoutenable. Les mots d'une femme qui n'a plus rien à perdre si ce n'est elle-même au travers de son amour déchu. C'est aussi un mélange entre les deux vies de Martha. Sa vie privée et son métier de psychologue criminelle qui nous emporte vers des esprits torturées qui feront clairement écho. C'est le vase brisé de l'amour que tu peux tenter de recoller mais qui, lorsque tu y mettras de l'eau, pissera de tous les côtés...Quoi qu'il en soit... Si toi, tu t'es retrouvé(e) dans ce rôle de l'homme ou de la femme trompée(e) --> Tu vas souffrir ! Si toi tu vis le grand amour --> Tu vas souffrir aussi car tu auras peur de ce que tu pourrais potentiellement vivre ! Un final flamboyant, ravageur, terrifiant mais prévisible... Prévisible parce que la trame ne tient pas? Oh que non...Prévisible parce qu'évident...pour moi...Simplement parce que je crois bien que j'aurai fait presque pareil…(J'ai dit presque hein ? 😉) Un véritable orgasme littéraire et même multiple. C'est pas souvent et c'est diablement bon. C'est d'ailleurs ce moment où tu te rends compte que si tu lis encore et encore, c'est dans l'espoir de trouver LE livre qui te fera cet effet là…Me voilà bonne pour quelques années ! Chapeau Marie ! Vraiment !
Je ne dirai qu’un mot, Waouh ! Quel livre infernal ! Nous allons suivre Martha dans une confession intense qui débute devant une caméra et un bon repas. Le jour où son mari décide de tirer un trait sur leurs vingt ans de mariage, sur la famille qu’ils ont fondé avec le petit Alex au profit d’une plus jeune, d’une plus belle, Martha est sonnée. Pourtant cette psychologue criminelle dont le métier consiste à rencontrer des tueurs abominables, à écouter tous ce qu’ils ont à dire, ne va pas se laisser faire. Elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour tenter de récupérer son homme. Marie Neuser a pris le partie de ne pas faire de Raphaël (le mari) un salaud, juste un homme rattrapé par le démon de midi, la quarantaine, l’ennui dans sa vie de couple et la tentation en la personne d’Aline. J’ai beaucoup aimé les références à la mythologie, à tous ces mythes qui ont encore une importance quasi psychanalytique dans la compréhension des travers des humains. J’y ai découvert le mythe de Philomèle et Procné. Même dans le choix de ses prénoms il y a ces références « Messaline », « Narcisse » qui sont très bien trouvées. Martha aura ainsi accès à plusieurs personnalités sombres dont elle saura tirer une force insoupçonnée et notamment, celle d’Héra (déesse extrêmement jalouse, qui se plaît à persécuter les maîtresses de Zeus. Ce dédoublement de personnalité n’est que le début d’une lente transformation qui apporte au lecteur étonnement et stupéfaction. Les deux premiers tiers du livre, ont manqué à mon goût de rythme et d’action, on subit un long monologue qui heureusement est entrecoupé par les chapitres concernant les séances de thérapies carcérales. Martha rencontre et écoute les confessions de différents tueurs, jusqu’à ce qu’apparaisse le fameux tueur de Montréal : Luka Perotta Magnotta. C’était génial, après avoir lu « Une forêt obscure » de Fabio M.Mitchelli de découvrir de quelle façon Marie Neuser a choisi de pointer avec son personnage de « Petit Narcisse » la place importance des réseaux sociaux dans Délicieuse. Le dernier tiers est venu me faucher comme un grand coup de poing, c’était puissant et d’une intensité incroyable, j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir en suivant le cours nouveau de ce récit aboutit et dont la fin n’aurait certainement pas eu la même portée sans la lente montée en puissance des deux premiers tiers. Bonne lecture
Un livre complexe mais intime. L’histoire débute au discours direct. Qui parle ? Mystère. À qui s’adresse cette personne, qui est son interlocuteur? Aucun indice, mais nous sommes déjà emportés dans le récit, mille questions qui trottent dans notre tête. Chapitres après chapitres, apparaissent: un nom, un prénom, quelques indices…Puis la soif d’en savoir plus nous emporte, fusionnée avec cette écriture délicate mais forte de l’auteur, dès les premières lignes nous sommes happés dans ce récit. Soudainement, changement, nous faisons face à un nouveau pronom personnel, et discours indirect. Nous plongeons enfin dans la narration pure et dure, montrant que nous avions franchi un nouveau cap dans le livre. Ainsi s’écoule l’intrigue, page après page.
Ne voulant pas trop en dire plus, j’écourte mon résumé.
J’ai aimé ce livre. Suite à sa lecture, mon esprit était tourmenté. Et c’est ce que j’aime avec ce livre. Il ne laisse pas indifférent,et au contraire nous fait traverser tant d’émotions: empathies, tristesses, colère… Cependant certaine fois, l’auteur pouvait être un peu redondant, en effet elle répétait un peu ce qu’elle avait déjà dit, surement pour insister sur les faits, mais pour moi cela était inutile.
En conclusion, je recommande ce livre car il ouvre de nouvelles perspectives sur le sujet abordé (que je ne vais pas dire expliqué, afin de ne pas spoil :) ).
Ce drame (je ne peux pas qualifier le roman autrement) a été une gifle de par son écriture qui dénude l’âme de son personnage au scalpel. Entre mythologie et réseaux sociaux, banalité domestique et indicible, mon cœur et mes boyaux se sont tordus du début à la fin.
Choquant, perturbant, bien écrit mais perso en tant que petite meuf de 16 ans les descriptions de crimes très très gores je peux pas (j'ai quand même terminé le livre mais voilà)
À lire si vous aimez : - les thrillers psychologiques d'ambiance, très très "descriptifs" (c'était 70% du livre, très intéressant et bien écrit) - les thrillers/policiers/récits gores, criminels etc
Attention par contre !! Ce livre mériterait des avertissements de contenus au début du livre
Livre très original et intéressant, jusqu'aux 70% du livre je lui aurai donné 4⭐ voir même possiblement un 5⭐ mais quand les trucs gores sont arrivés... That's why 3⭐