Bouffer, becqueter, gueuletonner, ingurgiter, déguster, dévorer, ripailler, savourer, engloutir ou encore se sustenter…
Manger est un acte répété et ordinaire qui vient ponctuer nos journées, quelle que soit notre classe sociale ou notre lieu de vie. Or, c’est précisément à travers sa confondante banalité que le fait de se nourrir devient tout à coup une loupe extraordinaire pour observer le monde dans lequel on vit. L’ouvrage que vous tenez dans les mains parle de bouffe mais il parle surtout de nous, de nos comportements, de politique, d’économie, de santé, de science, de bien-être, d’écologie et dispense quelques bonnes recettes pour illustrer ces thèmes. Un livre qui donne faim tout en donnant à réfléchir.
À part deux trois points gênants en 2024 (la remarque sur la "tradition culturelle israélienne" qui est en fait palestinienne, l'ignorance sur la grossophobie...), c'est vraiment un chouette livre qui est un bon point de départ sur la sociologie de la nourriture.
Bonne entrée sur sociologie de la nourriture et très beau livre, mais je l’ai trouvé un peu brouillon. Découpage en chapitres clairs mais les sous-chapitres, je ne comprenais pas les liens.
J’ai du mal à lire des essais parce que je veux toujours tout noter par peur d’oublier, ce qui alourdit ma lecture. Mais ici, j’ai pris un réel plaisir à tourner les pages parce que cet ouvrage est facile à lire et très accessible. Comme je vous le disais en story, je me passionne depuis quelques temps sur les problématiques liées à l’alimentation et ce livre fait partie de la bibliographie que je suis en train de me constituer. Il m’a permis d’approfondir mes réflexions car l’autrice, en abordant des thématiques diverses et variées, montre que ce nous mangeons et la façon dont nous le mangeons s’inscrit dans un modèle de consommation particulier. On voit ainsi que l’alimentation touche des enjeux politiques, culturels, sociaux, économiques, environnementaux, religieux etc… Sans mauvais jeu de mots, il y en a vraiment pour tous les goûts ! Les sujets traités piquent notre curiosité et nous invitent à nous questionner sur des pratiques et des aliments tellement ancrés dans notre quotidien qu’on ne pense pas à les remettre en question. Ce n’est pourtant pas anodin si nous pouvons manger du chocolat en Occident. Il y a eu un prix pour ça, celui de l’esclavage, de la colonisation, de l’oppression des corps noirs et de l’exploitation des terres. Le but ici n’est pas d’avoir un discours culpabilisant. Il y a des thèmes plus légers que d’autres mais je partage avec vous ceux qui m’ont particulièrement marquée. Par exemple, les conditions de travail précaires des livreurs de nourriture, l’accès à une alimentation décente en milieu carcéral, les violences sexuelles et le harcèlement dans les milieux culinaires prestigieux, la détresse des agriculteur.ice.s… Ca permet d’ouvrir les yeux et de repenser notre consommation. Le livre est très bien pensé. Chaque sujet est abordé de manière introductive et on peut aller plus loin grâce à la bibliographie très fournie. Nos connaissances peuvent être aussi approfondies grâce aux épisodes de Bouffons, le podcast dont est le livre est issu. Bref, cet ouvrage est une vraie pépite et je l’ai beaucoup aimé. Merci à l’autrice pour cette belle initiative !