Au début de ma lecture, ce livre me rendait très mal à l’aise. Vers le milieu, ce sentiment est disparu et je suis enfin rentrée dans l’histoire. Je crois qu’il faut simplement s’habituer à cette sensation d’inconfort pour vraiment apprécier le livre. Le personnage principal est la parfaite représentation d’une imparfaite: il est complexe, imprévisible et aussi très mystérieux. Je n’ai jamais lu pareil personnage. Je ne l’aimais pas ou la détestais pas : je ne savais qu’en penser. Le style d’écriture de l’autrice, simple, direct, mais souple à la fois, m’a beaucoup plue. Certaines réflexions de la protagoniste venaient directement me rejoindre et me donnaient envie de les relire encore et encore, je sentais que c’était nécessaire pour bien les assimiler. Je pense que c’est beaucoup plus qu’un roman : c’est une étude des genres, de leurs relations et de leurs différends. Dans l’histoire, les hommes jouent un rôle de second plan : ils servent parfois à assouvir des désirs sexuels, parfois de répertoires de compliments et de regards. Peu importe, il s’agit toujours du même but : être approuvée, admirée. Les peu nombreuses femmes occupent des rôles beaucoup plus complexes. Le premier, c’est la rivale, qui procure un sentiment de compétitivité, d’infériorité, peut-être. Le second, c’est le mystère, l’inconnu, le danger, l’insaisissable. Le troisième, c’est le désir, la passion, l’amour. Ces rôles s’opposent, se complètent, mais surtout, coexistent, et c’est ce qui rend le tout si complexe. Le passé et le présent s’affrontent. Le personnage de B. me semblait cliché, stéréotypé.. alors que j’ai beaucoup aimé la complexité des personnages, j’ai été déçue par celui-ci. Un batteur de femmes arrogant sans nuances... Finalement, le sujet des menstruations était très présent. J’ai longuement réfléchi afin de comprendre sa signification, mais je crois qu’il s’agit de renforcer l’omniprésence de la femme dans le récit.