Et une remorque pleine de squelettes supplémentaires, une ! Sans eux, le marché de Noël de Colmar retrouvera bientôt son allure d’antan. Plus vide, certes, mais moins morbide. Je les plains. Pas les squelettes, mais ce qu’ils étaient avant de devenir des ossements démantibulés, dépourvus de chair. Quand des rêves les animaient encore… Et je les envie aussi. Eux, ils ne perçoivent pas les spasmes bruyants et inutiles de ce monde à l’agonie. Je suis mal placée pour me lamenter. Au sommet de la chaîne alimentaire, je ne crains rien. Si ce n’est moi-même… Qui a dit que c’était facile de rester humain quand l’humanité elle-même part à la dérive ?
Gasps saison 1 by Maïlis Message à ceux qui auront la femme de lire la chronique en entier : FONCEZ LES YEUX FERMES !! Maintenant, passons aux choses sérieuses. Ce livre est composé de 600 pages de pur bonheur. Le lecteur suit l’histoire d’une « Eveillée », créature postapocalyptique, une femme froide (ou presque…), forte, puissante, qui écrase tous ses ennemis sans sourciller. Le début nous plonge directement dans l’histoire, les scènes de combats sont fluides, agréables à lire, et la nonchalance du personnage principal est assumée, mais non exagérée. Finalement, le personnage principal est un équilibre parfait entre femme forte, avec une légère empathie, qui permet à l’histoire d’avancer. Les autres personnes qui entrent dans la vie de l’Eveillée sont plus ou moins importants, mais il est appréciable de les voir se dévoiler, s’ouvrir, raconter leur passé, et parfois adopter le chemin de la rédemption, à leur manière. Humains vs éveillés. Eveillés, considérés comme des créatures sans cœur (ce qu’elles sont censées être !), humains, considérés comme les victimes de la catastrophe… Pourtant, les pires atrocités ne sont elles pas commises par des humains ? Ne devrions-nous pas avoir davantage peur de nos semblables ? Ce fil rouge surplombe l’histoire, ce qui entraîne le lecteur dans une réflexion sur la nature humaine. Et la fin… Je ne parle même pas de la fin « officielle » de l’histoire, très bien écrite, mais du chapitre bonus. Ce chapitre qui change tout, ce cliffhanger qui concerne un personnage secondaire très peu investi, développé, et mis en valeur pendant le reste de l’histoire. Pourtant, c’est la première fois que je suis aussi surprise ! Je ne l’avais pas DU TOUT imaginée, et ça, ça fait vraiment plaisir. En bref, le meilleur livre que j’ai pu lire en 2025 pour l’instant, un livre qui prend place dans ma bibliothèque aux côtés de mes autrices françaises préférées telles que Cassandra O’Donnell, Estelle Vagner, Cora Spellman… Bonus : le concept d’avoir une playlist à écouter me plaît beaucoup ! Merci à la personne qui l’avait déjà créée sur Spotify 😊
On se retrouve plongé 10 ans après l’apocalypse. Certains humains ont survécu et d’autres se sont « transformés » et ont des pouvoirs comme la télékinésie, l’électrokinésie, la pyrokinésie, etc. On peut repérer chacun d’entre eux car ils ont des cicatrices qui correspondent à chaque pouvoir attribué. J’ai l’impression que c’est un peu aléatoire. Dans tous les cas, on suit un personnage qu’on appelle « la Grande Eveillée ». L’histoire se déroule principalement en Alsace et environs et j’avoue avoir apprécié que l’on mette ma région en avant (même si c’était la fin du monde).
Voilà un peu pour le spitch sans trop de spoilers. Ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman, ce sont les personnages gris et surtout cette « Grande Eveillée » dont son personnage est développé tout au long du roman. On croit au début qu’elle est un monstre sans états d’âme mais en fait, non. Malgré les péripéties, les épreuves qu’elle subit, elle a su garder son humanité et elle a le sens du sacrifice.
C’était ma première lecture post-apo et clairement pour c’est : PÉPITE ! Ca m’a fait sortir de ma zone de confort, qu’est la fantaisie et franchement j’ai adoré. La plume de Maïlis est fluide, addictive et les retournements de situation sont incroyables et m’ont tenu en haleine. Je crois bien que cette saga va devenir un coup de coeur !
Le seul bémol, c’est qu’il manque une carte pour situer l’histoire si on ne connaît pas l’Alsace et ses environs. Surtout qu’il est souvent mentionné de petits villages ne figurant pas forcément sur les cartes traditionnelles. Mais ça n’enlève rien à la lecture (qui est géniale, je le répète) !