Un peu hors-la-loi, à demi Mohawk, pas mal braconnier, le narrateur raconte, au lendemain d’un suicide raté, les dernières années de sa vie au cours desquelles il a sillonné en pick-up le continent, à la recherche d’une grandeur qui l’aurait transporté. Des années pendant lesquelles il a pourchassé les bêtes, aussi les femmes, entre un boulot de cuisinier branché à Chicago, le séminaire et la contrebande de cigarettes, poussé toujours plus loin sur une route dont le parcours, vu du ciel, trace les mots de mépris qu’il a envie de hurler à une Amérique qui le déçoit : F--- Y--. Cette quête ayant comme trame de fond la fin du millénaire est écrite dans un style ponctué de références musicales allant de Leonard Cohen à Nirvana et portée par une narration où les recettes de gibier côtoient les enseignements de saint Augustin. Un texte à l’encre brute, qui a les odeurs de la terre dans laquelle on a planté un couteau; un roman intelligent, à la sensualité sauvage, et dont la lumière est celle des matins de chasse.
Très difficile de décrire ma lecture. Le Personnage principal, Marc S.Morris, alter-ego fée l’auteur? Est rough cynique désabusé ? Le braconnage prend beaucoup de place, mais moi et tuer des animaux et les découper, ça ne fonctionne pas. Je déteste lire cela. Sa chasse sert à concocter des repas qui lui semblent succulent et à assouvir son désir de tuer. L’autre aspect est la sexualité décrite assez crue.
Écriture un peu abstraite, je n'ai pas beaucoup embarqué. Très imagé pour certaines scènes et flou et mélangeant dans l'espace et le temps pour le reste. Un genre d'écriture masculine à la John Irving en moins verbeux...
J'ai arrêté ma lecture à 10 pages de la fin suite à la phrase nowhere écrite au travers de ma lecture "parfois j'aimerais être trisomique". C'était la phrase nowhere de trop parce que le livre est beaucoup écrit comme ça, en idées décousue du personnage principal un peu sous forme de récit, essai, journal intime traitant de chasse, de désir, de religion, de la mort aussi. Malgré l'écriture intéressante et certaines phrases qui marquent l'imaginaire, je n'ai pas particulièrement apprécié ce livre.
Je ne sais pas comment qualifier ma lecture. J’ai vraiment adoré le style écriture, certes je vais lire les autres livres de cet auteur. En contre partie, l’histoire m’a que très peu intéressée.
«On vous a formé pour soupçonner et deviner les mensonges. Pas pour vérifier les fautes d’orthographe d’un gars qui écrit FUCK YOU avec son pick-up sur la page du continent»
3,5 étoiles. Un livre un peu rough et « terreux » (je sais pas comment mieux le dire). Pas trop mon genre à la base, mais j’ai été surprise par un penchant plus doux et posé dans la deuxième moitié du livre qui a fait remonter ma note! J’ai adoré les descriptions des lieux et le côté road trip. Un peu trop d’animaux tués et de religion à mon goût, mais ça c’est ma faute de pas avoir mieux lu le titre..
On suit l’histoire d’un homme triste, déçu, perdu qui est en quête de sens. Il fait beaucoup de route, et ces longues heures avec lui-même nous permettent d’entrer dans sa tête et d’avoir accès à ses pensées. On le sent désappointé par les gens. Il culpabilise le monde des problèmes occidentaux comme les débordements de la religion, la surconsommation, etc. L’homme se réfugie dans la chasse, car il a besoin de tuer pour ne pas tuer ceux qui le dérangent, ou encore, se tuer lui-même. Tout au long du roman, il rejette tout : l’amour, les normes, le bonheur. Ce rejet unanime expose sa propre peur viscérale : être rejeté. Très bon roman!
Abandonné. Lu Jusqu'à ce qu'il pisse dans la douche. Protagoniste principal peu aimable, phrases hachées, J'aime le style minimaliste, mais pas celui de Séguin. Je cherche en vain une sorte de philosophie de la vie positive, un espoir à quoi se raccrocher. Est-ce un Blanc, est-ce un Autochtone ? Emprunte-t-il seulement un personnage autochtone pour cracher son fiel de Blanc? Il semble collectionner les femmes et se promener en voiture. Ça se résume à ça. Pas d'approfondissement, pas d'analyse psychologique, une sorte de philosophie de la haine. Pas de but. Rien. J'ai arrêté après 50 pages de néant.
Je ne l'ai pas aimé, mais je suis incapable de mettre moins de 3 étoiles parce que Mars Séguin a un effet indéniable sur moi: je suis incapable de le lâcher. Son écriture m'accroche, même quand je n'aime pas particulièrement ce que je lis. Grande fan.
Pendant ma lecture j'ai noté:
- Personnage désabusé, lourd. Je n'ai pas envie de m'y attacher. - Pas pour les vegans! (Il y est beaucoup question de chasser et manger des animaux... Sachez-le!)
"La mémoire persiste. Elle est une stèle tranchante et les souvenirs deviennent de l'onguent, juste au cas."
On lit ce livre pour la totale maîtrise poétique de Marc Séguin. Un chasseur d'images dont le tir ne rate que très rarement. Le narrateur n'est pas le personnage le plus agréable à côtoyer, ce qui en fait une lecture parfois éreintante. Il faut persévérer, car le propos, aussi cru soit-il, prend racine dans une réalité qui s'éloigne à des centaines de kilomètres de pick-up de celle que l'on aime s'imaginer.
Déçue. Le début m'avait beaucoup accroché mais j'ai perdu intérêt très rapidement. On dirait un livre qui force une certaine philosophie, qui veut obliger le lecteur à réfléchir sans aucune subtilité. Du genre : "hey! Je mérite une analyse en profondeur durant un cours de littérature!!". Pour moi, c'était raté.
" Il me faut exiger le meilleur de tout. Repas, vins, amitiés, foi comprise. La conformité d'une moyenne est la pire atrocité humaine qu'il m'a été donné de voir. Le diable, s'il existe (il lève les yeux au plafond), c'est de ne plus exiger de soi qu'un minimum confortable. Trouvez ce que vous êtes et soyez-le. "
Ce qui m’a amené à lire ce livre, c’est d’abord l’auteur : un artiste remarquable dont les propos portent à la réflexion. Ce qu’il exprime, dans la vie comme dans ses écrits, est toujours très imagé. On retrouve bien évidemment de cette poésie dans son premier roman. Cela ne parvient toutefois pas à compenser la lourdeur de l’histoire et le profil plutôt désagréable du personnage principal. Ce dernier est en quête de sens : pour se comprendre lui-même, mais aussi pour comprendre le monde qui l’entoure et qui l’exaspère. La chasse représente à la fois son refuge et son exutoire. Au-delà du regard intimiste qu’il propose sur le parcours d’un homme désabusé, j’ai eu de la difficulté à apprécier ce livre.