Jump to ratings and reviews
Rate this book

Romulus

Rate this book
À la mémoire de mon père En ce temps-là, Miragoâne était une petite ville prospère et vivante. Les vieillards étaient affables, les femmes enjouées et les jeunes gens débordant de fantaisie. À quelque heure du jour qu’on passât dans la Grand’Rue et dans la Rue du Bord-de-Mer ou bien par les ruelles transversales coupant l’artère susdite, on eût pu entendre des voix plus ou moins fraîches de jeunes ou de vieilles demoiselles chantant des romances — ou plutôt une romance : le Rappelle-toi de Musset ! Sur l’Ilet, dans le voisinage des cafés-billards et des magasins de comestibles, les messieurs importants de la petite ville, c’est-à-dire les fonctionnaires publics en charge et les citoyens qui aspiraient à les remplacer, se donnaient rendez-vous chez le chapelier Sylla, ancien chef des mouvements du Port, à ce moment « cafetier ». Et là, en face de la mer étincelante et bleue, sous le souffle bienfaisant de la brise fidèle, les « audiences », toujours les mêmes, recommençaient. Ah ! oui, si jamais en un coin de la terre bénie, le bonheur s’est trouvé répandu sur une portion du troupeau humain, ce fut bien sur la Miragoâne du commencement de l’an 1883. Elle était toute pimpante de fraîcheur et d’illusion, la petite ville. On bâtissait avec entrain, des halles s’élevaient de droite et de gauche, des jeunes gens se fiançaient ou se chamaillaient avec le curé. Quant au carnaval, sans se rapprocher précisément de celui de Venise ou de Florence, il était cependant des plus sémillants. Les autorités fraternisaient avec la population. Le commandant de la place n’était point miragoânais, c’est vrai, mais en revanche, le Commissaire de Police, M. le Général Romulus Joseph, était bien fils de la cité. Miragoâne était fière de Romulus et Romulus s’enorgueillissait de Miragoâne. Ils étaient faits l’un pour l’autre. Aussi depuis que Romulus a cessé d’exister, Miragoâne n’est plus Miragoâne. I De taille moyenne, le corps sec, et noir du plus beau noir, Romulus portait gaillardement ses cinquante-huit ans. La sévérité de sa physionomie martiale ornée d’une courte moustache et d’une touffe de poils d’argent au menton, imposait nécessairement le respect. Il n’était au su de personne que quelqu’un eût jamais manqué d’égards à Romulus. Le témoignage des fils concordait avec celui des pères. Homme de devoir, si Romulus était ostensiblement le mari de deux femmes — l’une, Viergina, mulâtresse à la chevelure soyeuse et à la chair opulente, qui lui avait...

139 pages, Paperback

First published January 1, 1908

14 people want to read

About the author

Fernand Hibbert

24 books1 follower

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
6 (60%)
4 stars
1 (10%)
3 stars
1 (10%)
2 stars
2 (20%)
1 star
0 (0%)
Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for Kurtis T.
198 reviews1 follower
June 18, 2014
This book was recently translated by a friend of mine (who is on Goodreads, Matt Robertshaw) so I felt like I had to pick it up! How else would i have known about a previously out of print piece of Haitian literature!

I'll admit, a lot of what I pulled from the story comes from my understanding of Haitian history, which I only know the cliff notes of (because of a discussion with Matt before reading) and I think that context was very important. I do however think there's something here for everyone, and if unfamiliarity with Haiti is a deterrent, it's a very interesting place to learn about! More than anything the book is a snapshot of a certain period of time. Of peoples thought process when faced with change, where allegiances lie, the future of a developing nation and how it factors into the minds of rebels, police, and industrialists.

This was one of my first forays into reading some worldly literature, and it's a journey I look forward to taking again in the future!
Profile Image for Ian Shaw.
Author 8 books58 followers
January 10, 2014
This is a very good translation of the novella by the famous Haitian author, journalist and diplomat Fernand Hibbert. It is a real contribution to understanding how advanced and literate Haiti was during its golden period at the end of the 19th century and the beginning of the 20th century. It would be a good addition to the curriculum of any college-level course on literature written originally in French by writers outside of France.
Displaying 1 - 3 of 3 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.