« Je suis une femme, je ne suis pas une victime, je l'ai été, ces choses-là passent. Quand le statut de victime tend à devenir une valeur ajoutée, un anoblissement que certaines veulent acquérir à tout prix comme on cherche à atteindre un statut social, je pense, au contraire, qu'héroïser la victime plutôt que de vouloir la respecter, c'est tuer la guerrière, assassiner la créatrice, valoriser la soumise, poser un interdit sur le fait que la femme soit l'égale de l'homme. Je ne dis pas que les femmes ne rencontrent pas, encore aujourd'hui, bien des maux qu'il faut vouloir guérir, je dis que les inscrire dans une guerre des sexes perpétuelle, en appelant à la rescousse le passé d'une société au sexisme systémique clairement établi, ne convient pas. La guerre des genres est un tango funeste qui conduira à sa perte notre égalité lumineuse. Apprendre à s'unir plutôt qu'à se désunir, avancer dans le même sens, ne fût-ce que par instinct de survie, est notre seule issue face aux combats qu'il nous reste à mener. Désormais que les lois de l'égalité existent, c'est à nous tous de réfléchir aux moyens de les faire appliquer, c'est à nous tous de nous éduquer. Et d'éduquer les autres. Bien des batailles féministes restent à mener, s'aliéner la moitié de l'humanité pour y parvenir est une hérésie. »
4 étoiles pour le courage d'affirmer tant de bon sens. Nous (les femmes) ne sommes pas, comme l'avait bien montré Simone de Beauvoir que nos contemporaines n'ont probablement pas lue, prédestinées à être des victimes. Refusant résolument le néoféminisme ambiant, qui semble moins chercher à transformer le système qu'à en remplacer les acteurs, en miroir, Tristane Banon donne son avis, explique, cite et raconte ce qui, dans sa vie, se ramène aux principaux thèmes du néo-féminisme. C'est un état des lieux pertinent, qui se place sous la lumière des écrits de Simone de Beauvoir et d'Elisabeth Badinter et décortique patiemment une rhétorique victimaire, qui tend aujourd'hui à s'imposer faute de contradicteurs courageux et engagés. Tristane Banon est de ceux là. L'ouvrage est court, il n'est pas académique et se présente plutôt comme une somme de réflexions guidées par un fil rouge. Tristane Banon pose les bonnes questions et apporte une perspective raffraichissante.
Un livre d'une justesse et d'un engagement qu'on voit rarement dans notre société ! J'admire cette femme a su mettre des mots justes sur des phénomènes de société qui sont biaisés ! J'admire les phrases de cette femme qui prône la solidarité entre les hommes et les femmes pour créer un monde meilleur et mettre en lumière les combats du 21e siècle. Je remercie cette femme pour le bien qu'elle m'a fait quand j'ai lu son livre, l'espoir qu'elle m'a redonné pour avancer dans ma vie et être alignée avec mes valeurs de la façon de la plus juste qu'il soit. Je recommande à tous les hommes et les femmes se livre. Elle y intègre un tas de connaissances qui illuminent l'esprit et permet de voir plus clair notre société.
Tristane Banon donne, dans cet essai, sa vision du féminisme contemporain. Ce féminisme qui voudrait faire de chaque femme une victime à vie, abolir l'état de droit, éliminer le principe d'égalité... Selon l'auteur il y a deux catégories de féministes : d'une part, les féministes raisonnables qui privilégient le dialogue et la nuance et les autres, qui veulent supprimer la présomption d'innocence, mettre tous les hommes en prison (du goujat au violeur), faire condamner sans preuve... Tristane Banon vise à mettre en garde le lecteur contre ce dernier courant idéologique.
Mais qui sont ces dangereuses féministes ? Où s'expriment-elles ? Quelle place occupent-elles dans le mouvement féministe ? Ont-elles des soutiens dans le monde politique ? Dans le monde judiciaire ? Où en sont-elles de la réalisation de leurs revendications ? Cet essai n'apporte pas de précision. Aucun exemple, aucune source bibliographique ne permet d'appréhender le courant idéologique qui est dénoncé, d'avoir une idée de son ampleur et de ses contours. Il est donc difficile de suivre un raisonnement qui vise à démontrer les erreurs d'une idéologie quand celle-ci est présentée de façon caricaturale et imprécise. Toutefois, plus on avance dans le livre et plus il semble évident que l'objet de l'essai n'est pas d'informer le lecteur mais de lui faire peur. Quand le féminisme est présenté comme une "dictature victimaire", un "nouveau fascisme", un "idéal morbide" ou un "mouvement mortifère", celui-ci est, en effet, effrayant !