Toujours redoutées, souvent dénoncées et parfois brillées, les sorcières hantent l'imaginaire occidental. Elles sont de tous les âges. Les Grecs avaient les leurs et nos sociétés contemporaines continuent d'en cultiver l'image. Mais que sait-on vraiment des sorcières et de leurs charmes ? Quelles fonctions leur ont été attribuées ? Et surtout, quelles représentations a-t-on projetées sur ces créatures surnaturelles, tour à tour magiciennes, fées ou diablesses ? Colette Arnould retrace ainsi l'étrange histoire de la sorcellerie depuis l'Antiquité jusqu'au XXe siècle, depuis les magiciennes Médée et Circé jusqu'aux adeptes contemporains du satanisme. S'appuyant sur des exemples tirés de la littérature autant que sur les grands textes sacrés ou les sinistres manuels de l'Inquisition, l'auteur éclaire le monde des peurs ancestrales. Ce panorama exhaustif dépasse alors largement la simple chronique : au fil des pages se profilent quelques grandes questions telles que la place des femmes dans la société, la tolérance ou la fascination pour le mal et la violence. Autant de sujets d'une actualité inquiétante.
Malgré le style d'écriture au ton ironique et presque hautain, "Histoire de la Sorcellerie" nous offre moins une Histoire qu'un compte-rendu des divers écrits de l'époque. Il a été difficile de passer au travers des premiers chapitres à propos des sorcières de l'antiquité; puisqu'il s'agissait d'un compte-rendu, la misogynie inévitable des anciens philosophes devient écœurante après quelques pages. Cependant, il vaut la peine d'en passer au travers. Étant donné l'énorme proportion du livre consacrée au moyen-âge, le livre aurait dû s'appeler "Histoire de la sorcellerie au moyen-âge". Cependant, on voit un aperçu de ce qu'était la société médiévale et permet de comprendre dans une certaine mesure les diverses causes qui ont permis une "psychose" collective, menant à la mort de milliers d'innocents, et surtout innocentes, au bûcher et à la torture. L'auteure commet l'erreur de beaucoup d'académiciens de croire que tous les lecteurs intéressés au sujet sont des personnes qui sont bien versées dans toute la littérature classique, antique et médiévale. Ce qui sont des évidences pour elle, ne le sont malheureusement pas pour l'ensemble des gens intéressés dans le sujet de l'Histoire de la sorcellerie. Les descriptions des procès, les comptes-rendus des exécutions et les luttes de classe accompagnées d'intrigues politiques et de peurs collectives permettent d'entrevoir un zeitgeist qui, bien que loin de nous, nous donne une perspective qui est grandement nécessitée à l'aube d'une époque ou le fanatisme religieux et séculier font peur à la population. Aussi, bien que je m'avoue ignorante à beaucoup de références "évidentes" mentionnées par l'auteure, ça a au moins l'avantage de me faire faire des recherches pour m'informer de quoi elle parle, j'ai ainsi beaucoup appris sur beaucoup de sujets différents. Le ton de la fin laisse à désirer par son pessimisme et la ridiculisation du besoin d'explications des gens. Il n'était absolument pas nécessaire de faire appel à Freud et aux concepts de psychanalyse pour expliquer quoi que ce soit.
Bref, ce n'est définitivement pas pour tout le monde, mais si on est assoiffé d'Histoire et qu'on veut un aperçu assez juste de la société médiévale (en excluant les pays nordiques) et de ses motivations et peurs, c'est un très bon livre, très enrichissant.
Pas du tout ce à quoi je m’attendais. En revanche il est d’une qualité remarquable. 40 pages de notes, une trentaine de livre source. Un travail fait en profondeur. Pour ce genre d’ouvrage c’est très appréciable.
"L'histoire de la sorcellerie n'est au fond qu'un chapitre de l'histoire du fanatisme, un chapitre parmi tant d'autres tristement célèbres. Est-ce un hasard d'ailleurs si juifs et sorciers ont toujours été associés ? Est-ce un hasard si derrière l'accusation proclamée à haute voix se cache l'autre accusation, celle qui toujours se situe dans le non-dit ? De tout temps, on a su quel merveilleux travail l'inconscient pouvait accomplir. De tout temps, on a compté sur ce besoin inhérent à tant d'hommes d'assouvir leurs haines rentrées, de tout temps, on a compté sur la lâcheté des autres."
Ce livre n'était pas ce à quoi je m'attendais ; il était mieux.
C'est une mine d'informations, surtout vis-à-vis du contexte. J'ai eu ainsi la bonne surprise de tomber sur des éléments que je ne pensais pas trouver dans cet ouvrage.
Même si on peut parfois avoir l'impression de perdre le sujet principal - la sorcellerie - de vue, ce n'est pas le cas, car il faut guarder à l'esprit que tout ce qui est écrit vise à expliquer l'ampleur du phénomène.
Bien que ce soit une lecture très dense, elle est aussi très agréable grâce au style de l'autrice.
Un peu surprise car pas vraiment ce à quoi je m'attendais. Je pensais à une étude la figure de la sorciére (un peu à l'esprit de Sorciére de Mona Chollet). Or si on retrouve cela lors de la premiére partie de l'ouvrage, ensuite cela devient plus une étude de la lutte contre la sorcellerie. C'est toujours très intéressant mais un peu à côté du sujet à mon gout. Petit bémol, le livre s'arrète au XVIIIe siécle. J'aurais aimé avoir une évolution des sorciéres (et sorciers) jusqu'à nos jours d'autant que la sorcellerie est à "la mode" en ce moment. Aprés le livre est sorti en 1992, ce qui explique l'absence de cette partie plus actuelle En tout cas, c'est très bien documenté et le style d'écriture est agréable, contrairement à certain ouvrages scientifiques.
C'est un livre scientifique, assez riche et dense. Il n'est cependant pas exhaustif. Comment le lui demander? Il fait uniquement 400 pages. Elle ouvre de très larges horizons sur la sorcellerie. C'est un bon ouvrage pour débuter des recherches. Je comprends les personnes qui le trouvent long, il l'est. Elle prend de temps en temps des positions pouvant être "féministes" (qui se discutent dans l'histoire de la sorcellerie). #chroniquedunehistoriennequifaitsonmemoiresurcirce