Alexandra Kollontaï, quelle femme ! Et quel destin ! Aristocrate russe, rejetant très tôt son milieu et choisissant la révolution, elle devient ministre au sein du premier gouvernement de Lénine. Cinq ans plus tard, elle est la première femme ambassadrice que l’histoire ait connue. Tribun célèbre et oratrice hors pair, partout elle électrise ses auditoires fascinés. Kollontaï est aussi une féministe passionnée combattant pour l’émancipation et les droits des femmes. Ses écrits politiques, ses romans, son journal tenu tout au long de sa vie constituent une oeuvre remarquable et unanimement reconnue. Enfin, et ce n’est pas le moindre de ses exploits, Alexandra Kollontaï sortit victorieuse de la folie destructrice de Staline et vécut presque aussi longtemps que lui.
Cette existence multiforme, couronnée par une élégance constamment saluée par la presse, fit d’elle une « icône » médiatique avant l’heure. L’auteur a rassemblé ici une documentation considérable et de riches études historiques pour comprendre le destin incroyable de cette personnalité hors du commun. Secrétaire perpétuel de l’Académie française et historienne de la Russie, Hélène Carrère d’Encausse est l’auteur de nombreux livres de référence sur la Russie et les relations franco-russes.
Hélène Carrère d'Encausse (born Hélène Zourabichvili) was the permanent secretary of the Académie Française and a historian specializing in Russian history. She was a graduate of the elite Paris Institute of Political Studies (better known as Sciences Po).
In 1991, Goudji created the academician's sword for her.
Her son, Emmanuel Carrère (born 1957), is an author, screenwriter and director.
Une histoire exceptionnelle écrite par une historienne d'éxception sur une femme qu'on ne peut appeler autrement que la Walkyrie de la Révolution, et ce surnom inhabituel et plein de pathos, contrairement à bien d'autres, sera dans son cas complètement justifié.. [Critique plus étendue à venir]
No siendo mi género favorito las biografías históricas si me ha gustado sumergirme en la vida de una mujer fuerte, valiente y revolucionaria. Me parece importante reconocer el valor de las mujeres olvidadas por la historia, y este libro lo hace, pero hablando de todo: de sus cualidades, defectos, amores, intereses intelectuales y excesos.
Personnage fascinant, femme issue de l'aristocratie, révolutionnaire de la première heure, la seule des compagnons de Lénine à avoir survécu les grandes purges staliniennes. À part ses faits de vie (son premier mariage, sa maternité, ses voyages, ses lectures et ses livres, les hommes qu'elle a aimés, ses missions comme diplomate de l'URSS en Scandinavie...), ce qui est intéressant est de voir son évolution idéologique, ses luttes pour la défense d'un socialisme révolutionnaire féministe et, surtout, ses silences complices, les compromis qu'elle a dû accepter afin de ne pas être expulsé du Parti Communiste et sa défense de Staline quand elle savait bien quel genre d'homme était le dictateur soviétique et quel monstruosité il avait créé.
Révolutionnaire, oratrice hors-pair, commissaire des Affaires sociales, défenseuse de l’égalité des sexes, première femme ambassadrice, Alexandra Kollontaï a servi la Russie dans ses heures les plus difficiles, mais aussi les plus passionnantes, des années 1890 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est ce tourbillon de vie dans lequel nous plonge Hélène Carrère d’Encausse. Sur 270 pages, elle dessine le portrait d’une femme passionnément engagée, ne supportant ni d’être tenue à l’écart de l’agitation politique, ni l’ordre établi. En politique comme dans sa vie personnelle, Alexandra Kollontaï cherche la liberté, l’association d’esprits, l’égalité, mais elle sait aussi s’adapter aux diverses situations. C’est cette abnégation à servir son pays et sa capacité à toujours se rendre utile qui feront de Kollontaï la seule camarade de Lénine à survivre aux purges staliniennes.
Née en milieu noble, Alexandra Kollontaï adhère très tôt aux idéaux socialistes. Très active dans la faction mensheviks de Martov (opposée aux bolsheviks de Lénine), elle sera obligée de s’exiler huit ans pour échapper à la police impériale qui réprime sévèrement manifestations et agitateurs. Elle profitera de cet exil pour étudier en Suisse, et se faire des relations dans les cercles socialistes et communistes d’Allemagne, de France et des Etats-Unis, où elle donne de nombreuses conférences. Kollontaï se distingue rapidement par sa capacité à convaincre son audience, d’autant plus qu’elle est capable de s’exprimer en français, anglais, allemand et finnois.
Lorsque la révolution d’octobre 1917 éclate, Kollontaï rentre en toute hâte en Russie. Elle finit par rallier les bolsheviks et obtient le commissariat aux Affaires sociales. Elle œuvrera alors de manière concrète à la grande cause de sa vie : celle des femmes. Kollontaï défend l’égalité des sexes, arguant que les femmes sont faibles uniquement parce que les hommes les maintiennent dans cette position par leurs privilèges. Elle soutient une vision libre de la famille, dans laquelle la société s’occupe des enfants que la femme met au monde, laissant cette dernière libre de travailler. A cet effet, Kollontaï se battra pour le congé maternité, pour des maisons de naissance ou encore pour la protection des unions hors mariage et des enfants qui en naissent. Pendant des années, Kollontaï animera des congrès d’ouvrières et essaiera de convaincre le Parti d’ouvrir une section dédiée aux problèmes des femmes. Cet engagement reflète sa vie personnelle. Ayant eu un fils de son premier mari, elle en a confié la gestion à ses parents et à des amis pour se consacrer à ses activités politiques, tout en lui portant un amour sincère et profond. Kollontaï aura plusieurs aventures et se remariera une fois, refusant toutefois d’appartenir à quiconque. Elle conçoit le couple comme une structure éphémère créée par l’amour de deux êtres, ou plus précisément de deux camarades, puisqu’elle s’entourera toujours d’autres révolutionnaires.
Servir la Russie reste son objectif principal. Elle s’adapte donc aux circonstances, ralliant Lénine puis Staline. Ce dernier la nomme diplomate. Elle devient ainsi la première femme ambassadrice de l’histoire, en Norvège puis en Suède. Son action améliorera grandement les relations entre les pays nordiques et la nouvelle URSS, et elle réussira notamment à convaincre la Suède de rester neutre lors de la Guerre d’Hiver. Kollontaï ne s’opposera jamais dans ses écrits à Staline, taisant ses désaccords, même lorsque la peine de mort est rétablie et le congrès des femmes aboli, alors que la terreur emporte tous les cadres du Parti, dont plusieurs de ses anciens amants. Elle informera toutefois Marcel Body, un communiste français avec elle en Norvège, de ses inquiétudes concernant un futur pacte germano-soviétique, et critiquera dans son journal, qu’elle sait lu par le NKVD, l’exécution de son second mari Pavel Dybenko. Alexandra Kollontaï terminera sa vie tranquillement à Moscou, écrivant régulièrement à Staline pour solliciter des faveurs personnelles pour elle et son fils. Sans lui répondre, Staline les lui accordera toutes. Dès sa mort pourtant, il la raiera de l’histoire, ne lui accordant ni l’enterrement dans les murs du Kremlin commun pour les pionniers de la révolution, ni même les honneurs dus aux membres du Parti. Grâce au livre d’Hélène Carrère d’Encausse, la « Walkyrie de la révolution » reprend la place qui lui est due dans l’histoire de la diplomatie, du communisme, du féminisme, et de la Russie. L
« Radek déclara : « Les dispositions sur les exclusions sont des dispositions extrêmement dangereuses, qui un jour nous engloutiront tous. Mais dans la situation dramatique de notre pays, je ne vois pas d’autre solution que de les voter pour garantir l’unité du Parti. »
Fascinant personnage que cette femme. Tant de liberté et de modernité et en même temps cette incapacité qu’on trouve chez tous les idéologues et radicaux a voir Homo sapiens dans sa complexité biologique ET culturelle. Et au final ça se termine avec des massacres, du totalitarisme, du désespoir pour tous et de violents retours en arrière…