René se sent soudain devenu un vieux monsieur. Il est à la fois conforté et agacé par les soins empressés d’Olga, son infirmière russe, qui ne peut s’empêcher de lui rappeler que, malgré son nom d’homme et ce qu’il voudrait faire croire à tout le monde, il est une femme. René qui veut s’habiller avec élégance, comme au temps où il/elle était pianiste dans les cabarets. Ne se pourrait-il pas que ses maîtresses viennent lui rendre visite ? Autour de lui gravitent Johnie l’écrivaine, Doudouline la musicienne, Polydor la libraire-philosophe, l’Abeille la peintre, Gérard l’amoureuse de plaisirs illicites. Elles sont les unes pour les autres un refuge, un cocon de chaleur à l’abri de l’hiver. Elles font la fête, s’étourdissent. Elles se remémorent les amours passées, les tragédies, les combats, et se montrent prêtes à reprendre la lutte quand l’hydre de la bigoterie et de l’intolérance dresse à nouveau la tête. Marie-Claire Blais reprend ici les personnages qui avaient donné vie à deux importants romans qu’elle signait voilà quelques décennies, Les Nuits de l’Underground (1978) et L’Ange de la solitude (1989). Elle nous fait revivre les grands moments de militantisme pour les droits des gays qui ont marqué le siècle dernier. Elle nous fait surtout renouer avec une galerie de femmes inoubliables dans leur complexe et bouleversante humanité.
Marie-Claire Blais naît à Québec en 1939. Elle publie à l’âge de vingt ans un premier roman, La Belle Bête, dans lequel elle analyse avec une âpre lucidité les ressorts psychologiques d’une relation violente, pleine de haine et d’envie, entre une jeune femme trop laide et son frère, simple d’esprit mais si beau que l’on ne voit que lui. Cette violence, cette sauvagerie resteront présentes dans tous les livres et le théâtre de Marie Claire Blais. Son lyrisme très personnel permet à l’auteur de traverser les apparences pour révéler les monstruosités de la vie.
Aussitôt remarquée, Marie-Claire Blais reçoit une bourse de la Fondation Guggenheim et se met à écrire Une saison dans la vie d’Emmanuel, ouvrage pour lequel elle obtiendra le prix Médicis en 1966. Dès lors, son œuvre se déploie à une vitesse surprenante et compte à ce jour plus de vingt romans, cinq pièces de théâtre et plusieurs recueils de poésie. Des séjours prolongés aux États-Unis, en France et en Chine notamment, des bourses et de nombreux prix, dont le prix France-Québec en 1976, ont aidé Marie-Claire Blais à s’adonner entièrement à une œuvre authentique et exigeante. Citons pêle-mêle, Tête blanche (1980), L’Insoumise (1966), David Sterne (1967), Manuscrits de Pauline Archange (1968), Une liaison parisienne (1975), Visions d’Anna (1982), Pierre (1986), Un jardin dans la tempête (1990), Dans la foudre et la lumière (2001), Naissance de Rebecca à l'ère des tourments (2008) et Mai au bal des prédateurs (2010).
Enfances solitaires, innocences bafouées, révoltes, inusable tendresse sont autant de thèmes qui jalonnent l’œuvre d’un auteur qui n’imagine pas de réalisme sans transfiguration poétique. Québécoise dans l’âme, Marie-Claire Blais est une militante convaincue pour la francophonie. Ses ouvrages ont été traduits en de multiples langues et publiés au Canada anglais, aux États Unis, en Angleterre, en Espagne, en Allemagne, en Italie, au Danemark, en Hongrie, au Japon, en Norvège et en République tchèque. Deux fois boursière de la Fondation Guggenheim (1963 et 1965), Marie-Claire Blais a reçu, pour l’ensemble de son œuvre, les Prix France-Québec (1966), Prix Canada-Belgique (1976), Prix Athanase-David (1982), Prix Duvernay (1988), Prix Nessim Habif de l’Académie royale de la langue et de la littérature françaises de Belgique (1990), Prix international de l’Union latine des littératures romanes (1999), Grand Prix littéraire international Métropolis Bleu (2000), Prix W.O. Mitchell (2000), Prix littéraire de la Fondation Prince Pierre de Monaco (2002), Prix Gilles-Corbeil décerné par la Fondation Émile Nelligan (2005) et le Prix Matt Cohen du Writer’s Trust of Canada (2007).
En marge des prix littéraires reçus, elle a été élue en 1986 à la Société royale du Canada (Académie des lettres et des sciences humaines) et, en 1992, à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique devenant la première écrivaine québécoise à siéger dans une académie littéraire européenne. Elle a rejoint l'Académie des lettres du Québec en 1994 et, en 1999, elle a reçu les insignes de Chevalier des arts et des lettres (France).
Parallèlement à ces honneurs, elle a aussi reçu l’Ordre du Canada (1975), la Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada (1992), l’Ordre national du Québec (1995), a été nommée Woman of the year for services to literature and creative writing (1995-1996) par The International Biographical Centre of Cambridge, England, et reçu le Degree of International Letters for Cultural Achievement fiction, creative writing (1997) par The American Biographical Institute.
“Un corazón habitado por mil voces” es una locura de libro. La premisa es tremenda. Publicado pocos meses antes de la muerte de su autora, la historia gira alrededor de las memorias de René, un anciano transgénero que pasa sus últimos días postrado en un cama y recordando su vida y algunas de las personas que le marcaron.
La novela de Marie-Claire Blais es un homenaje a los miembros de la comunidad lgtbiq+ que lucharon en Stonewall y que lo dieron todo para que hoy estemos aquí todos y todas viviendo la vida que queremos.
A través de las memorias de René, vivimos la represión policial, los estragos del sida, y lo más importante, a pesar de su edad, el anciano muestra una lucided impresionante cuando nos habla de la importancia de rodearse de gente que te quiere y te cuide, de esa familia que eliges y cuando nos recuerda que la lucha no terminado, que no demos nada por hecho.
Es una novela combativa y arriesgada, esto último no por el tema, sino por la forma. La novela no te da respiros, no hay prácticamente puntos seguidos, casi todo va de corrido, con comas, y no te deja parar. Encadena un pensamiento con otro, con una acción, con otro pensamiento y te da poco tiempo para reposar lo que has leído, y es necesario. Se habla de tantas cosas que el hecho de que no te invite a parar, complica mucho su lectura. Es un libro muy difícil.
Ce dernier roman de Marie-Claire Blais, dans son style d’écriture exigeante qui ne plaît pas à tout le monde, est aussi richement complexe et profondément humaniste que tous ses romans précédents. Ah, Marie-Claire Blais, avec ses yeux pétillants sous la frange épaisse de son éternelle coupe pageboy, ce grand CŒUR HABITÉ DE MILLE VOIX, comme son écriture va me manquer !
1/10 Este libro es una pesadilla para su lectura, todo está escrito del tirón, en las 254 páginas no hay ni un solo renglón libre, todo va seguido con comas (conversaciones, pensamientos, etc). Una pena porque tenía buena pinta.