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Ramon

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Enquête de l'écrivain sur la personnalité et le parcours intellectuel et politique de son père, Ramon Fernandez, qui écrivait dans la Nouvelle Revue française et a été l'intime des nombreux écrivains de l'entre-deux-guerres. Prix essai France Télévisions 2009.

807 pages, Paperback

First published January 14, 2009

16 people want to read

About the author

Dominique Fernandez

176 books18 followers
Né le 25 août 1929 à Neuilly-sur-Seine, Dominique Fernandez est ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé d'Italien (1955). Il devient en 1957, professeur à l’Institut Français de Naples. Il soutient sa thèse sur L’Échec de Pavese, et est nommé professeur d’italien à l’université de Haute-Bretagne.

Depuis 1958, il mène carrière d’écrivain et de critique littéraire, d’abord à la Quinzaine Littéraire, et à L’Express, puis au Nouvel Observateur.

En 1974, Porporino ou les Mystères de Naples est couronné par le Prix Médicis. Ce roman met en scène, un castrat napolitain au XVIIIe siècle. Une fresque colorée qui offre une pluralité de lectures, historique, idéologique et freudienne. De ce roman a été tiré un opéra, joué au festival d’Aix-en-Provence.

Dominique Fernandez a inventé la « psychobiographie » utilisée déjà en 1967 dans L’échec de Pavese.

Il obtient en 1982 le Prix Goncourt avec Dans la main de l’ange. Un roman qui puise dans la vie de Pasolini, écrivain et cinéaste italien assassiné à Ostie en 1975.

Élu à l’Académie française, le 8 mars 2007, au fauteuil de Jean Bernard (25e fauteuil).

Source : site officiel de l'Académie française

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Profile Image for David Smith.
955 reviews33 followers
December 24, 2025
Ramon, de Dominique Fernandez, n'est pas un livre que j'aurais remarqué dans une librairie. Ramon est entré dans ma vie grâce à un ami qui m'a donné son exemplaire, me disant qu'il n'avait pas réussi à le terminer, mais que c'était l'un des livres préférés de sa mère. Mon ami était curieux de savoir ce que je penserais de cette biographie d'un homme qui avait été auteur, critique littéraire, militant de gauche, puis fasciste collaborant avec le gouvernement de Vichy. Cela ne semblait pas être un livre passionnant, mais j'étais prêt à relever le défi, notamment en raison du profond respect que j'ai pour mon ami et sa famille, y compris sa mère. Les deux cents premières pages de ce pavé de 734 pages ont été pénibles à lire. Puis, au fur et à mesure que les couches de l'oignon se détachaient, j'ai commencé à comprendre la complexité qui se cache derrière la plupart des décisions prises par la plupart des gens ; les mauvaises décisions ne sont pas nécessairement prises pour de mauvaises raisons. Ramon (et, compte tenu de ce que je sais maintenant à son sujet, je suis surpris de ne pas avoir entendu parler de lui plus tôt) s'est retrouvé à de nombreux carrefours au cours de sa vie, comme la plupart d'entre nous. Je ne peux pas dire quelle voie j'aurais suivi si j'avais été à sa place à l'époque. Mis à part ce qui semble avoir été un premier mariage très dysfonctionnel, Ramon, d'après les écrits de son fils, qui le connaissait à peine de son vivant, semble avoir aidé plus de personnes dans le besoin que ce que l'on pourrait penser d'un collabo moyen. J'ai hâte de discuter avec mon ami la prochaine fois que je le verrai.
Profile Image for Nicolas.
87 reviews28 followers
Read
July 24, 2011
L’éclectisme étant de mise chez Fernandez, des voix claires à l’introspection familiale il n’y a qu’un pas. Aussi, dans cette biographie colossalement fouillée, Fernandez dresse un portrait rigoureux de son géniteur Ramon. Tentative d'exhumation et de réhabilitation.



Or, en quoi nous intéresse la vie de Ramon Fernandez ?



D’une part, par la redécouverte d’une figure charnière – "missing link" entre d’éminentes chapelles littéraires du passé. Coup de projecteur sur un individu que l’on aurait greffé par quelque procédé technique, tel un Forrest Gump, sur les photos d’époques. Étalant le catalogue des rencontres du père – véritable "mindmapping" topographique et patronymique – on entrecroise ainsi Proust, Mauriac, Drieu La Rochelle, Paulhan, Gide, Malraux ou Lou Salomé.



Ensuite, par le mystère d’une conversion – irrationnelle de prime abord, qui occupe et bouleverse Fernandez ; celle d’un homme, « athlète de la pensée », « lucide et bon serviteur de l’esprit » se laissant peu à peu « encadrer », « subordonner » et asservir par des négateurs absolus de l’esprit. Tel est l’énigme défoliée dans ce livre.



Souvent clairvoyant : « l’homme moderne croit offrir ses idées à la société : il n’a que les idées que la société lui offre. » (p. 571) RF est pourtant le premier à quémander sa pitance axiologique. Aussi, à travers la figure de RF, on discerne une sorte de poulet sans tête, qui par réflexe nerveux oscillerait aléatoirement entre les idéaux.



RF opte d’abord pour le « le camp des porte-monnaie vides », la SFIO, disposant d'un avis tranché autant sur sur le libéralisme : « Être libre, c’est connaître les forces qui nous gouvernent. Être libéral, c’est être esclave sans en avoir l’air. » (p. 571) que sur le socialisme : « un intellectuel est socialiste par prétention, par snobisme, par l’attrait qu’exerce sur lui cette grand foule mystérieuse qu’il ne connaît pas. » (p. 542). La greffe à gauche n’ayant pas pris, il atterri finalement au PPF, aux côtés de Doriot.



Alors que l'instabilité crasse d'un RF, « prêt, en somme, à la première sottise. » (p. 507) coïncide avant tout avec celle d’une époque, l’histoire du père laisse place à l’apologie du paria – grand thème chez Fernandez. Les pièces à conviction allant dans ce sens ne manquent point à l’appel; RF se fourvoyant jusqu’à la quasi ignominie. On retrouve donc ici la dégringolade annoncée - cette volonté indicible d’un être de se perdre complètement n’ayant pu suffisamment se trouver - Posture, imposture, déconfiture.



S’étonnant de la transmutation masochiste de son père, Fernandez ne fait pourtant que développer à chaque fois le même schéma, gratifiant de coups de bêche les cimetières des honteux de l’histoire. Néanmoins, après les avatars tragiques tels Caravage, Jean Gaston de Médicis, Tchaïkovski ou Pasolini, on découvre avec Ramon, l’archétype originel.



On rappellera simplement l’entrée de Fernandez à l’Académie Française qui, tenant fermement son pommeau d’épée agrémenté d’un Ganymède incrusté, déclarait que cette dernière ne se ferait pas sans l’ombre de Ramon.
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