« J'ai osé lui faire l'affront d'être une fille, une rivale, d'attirer quelques minutes l'attention des hommes de la famille. Elle ne me le pardonnera jamais. » Après un long silence, Marie-Estelle Dupont, psychologue, a décidé de témoigner et de parler au nom de toutes les femmes qui ont grandi auprès d'une mère jalouse de leur féminité. Ce n'est pas un livre contre, mais un livre pour : pour aider les femmes à ne plus être des victimes , à survivre à la jalousie, à se libérer de la culpabilité et devenir pleinement mère pour leurs enfants, sans suivre le modèle de l'anti-mère. Dans ce difficile parcours, la parole est essentielle. Car taire la violence, c'est l'intérioriser, la banaliser, et en transmettre les conséquences à ses enfants, voire la reproduire inconsciemment.
c’était vraiment poignant. je me suis reconnue dans beaucoup de mots/maux et de situations. chaque phrase est un pansement déposé sur mes blessures. bien que ma situation n’ait pas été aussi poussée, on s’identifie facilement à ce qu’a pu ressentir marie-estelle. avec des passages très forts, qui m’ont retournée. seuls petits points qui m’ont déplus peut-être : les chapitres d’une bonne cinquantaine de pages… et des phrases utilisées puis réutilisées et encore utilisées. c’était très répétitif. je pense qu’on aurait pu avoir un livre moins long, ça l’aurait fait tout autant. malgré cela, j’ai quand même su apprécier. c’est le genre de roman qui guéri de vieilles blessures. merci.
Les répétitions systématiques des mêmes idées encore et encore ont complètement tué l’histoire du témoignage qui est pourtant intéressante et importante. On s’y perd, et au bout d’un moment, on attend six pages pour une nouvelle information. De plus, la longueurs des chapitres est exagérée.
Après Grégoire Bouillier, Vanessa Springora, Camille Kouchner et Virginie Linhart, nouvelle salve, et bien méritée.
Faire savoir aux gens qu'il y a des mères monstrueuses attire souvent l'incrédulité ou même la sauvagerie. Heureusement, l'auteure est thérapeute et très familière des pratiques destructrices, et elle prend sa survie au sérieux. Je lui souhaite le meilleur pour de longues années à venir.
J'ai mis du temps à lire ce livre car, comme tous les auteurs que j'ai cités, j'ai l'impression de lire ma propre enfance et je me débats toujours avec ma propre incrédulité, mon amnésie, mes réflexes automatiques de 'ce n'était pas si grave', 'et pourquoi retourner dans l'antre du monstre, même un tout petit peu?'
Mais eux l'ont fait. Ces gens qui ont mon âge et qui ont battu le pavé d'exactement les mêmes rues que moi, sous des chappes d'emprise phénoménales. Et je lis leurs livres. Et ils me retournent et m'empêchent de dormir, mais surtout, ils me soignent. Dire la vérité. Déposer des tombereaux de culpabilité qui ne sont pas les nôtres. Survive et puis vivre.
Madame Dupont a une belle plume - mais j'ai rencontré un peu de confusion, ayant parfois l'impression de lire les mêmes passages plusieurs fois, sans véritable fil rouge.