Béatrice travaille au montage d'un documentaire sur les tueries de masse quand elle reçoit un appel des États-Unis. Son mari, conférencier invité à l'Université de Miami, et leur fils Théo, parti le rejoindre pour profiter de la plage, se trouvent tous deux à l'hôpital entre la vie et la mort. Sous le choc, Béatrice prend le premier vol pour la Floride. C'est à son arrivée seulement qu'elle apprendra la vérité, plus terrible encore que ce qu'elle avait pu imaginer. Elle s'emploiera dès lors à fouiller le passé familial pour trouver un sens à la tragédie. Mais les doutes se multiplient et les certitudes se font rares. Pour ne pas sombrer, elle devra d'abord admettre sa propre fragilité, ainsi que l'impossibilité pour les parents de toujours sauver leurs enfants.
Louise Dupré est une poète, romancière et professeure québécoise née en 1949 à Sherbrooke. Elle est participante de longue date au festival littéraire Metropolis bleu. Elle a enseigné la littérature au Cégep de Thetford et à l'Université du Québec à Montréal.
J’ai eu le cœur dans un étau tout au long de ma lecture. J’ai lu ce livre lentement, un chapitre à la fois, car le thème me bouleversait profondément. Je recommande tout de même à 100% puisqu’il aborde un sujet malheureusement en recrudescence avec un angle différent de ce que l’on voit habituellement et qui met en valeur la réflexion d’une mère vis à vis les actes inconcevables de son enfant.
«Pour moi, il y avait une énorme différence entre être un monstre et être possédé par un monstre.»
Je fais la rencontre de Louise Dupré avec THÉO À JAMAIS, et quelle belle découverte pour moi. Principalement reconnue comme poète, cette retraitée professeur de littérature à l’UQAM, propose ici son quatrième roman.
La narratrice, Béatrice, est arrivée dans cette famille il y a une quinzaine d’années. Les deux jeunes enfants, Elsa et Théo, l’ont acceptée comme la compagne de leur père, comme celle qui prend la relève de leur mère décédée. La chimie a opérée. Le temps a fait son œuvre, une nouvelle famille heureuse est née.
Puis, arrive ce drame. Aux États-Unis, pays où la tuerie est désormais presque reléguée à la banalité du quotidien, un homme est attaqué par son fils. Ce dernier meurt sous les balles d’un policier. Le père survie. Le fils, c’est Théo. Le père, c’est Karl, le conjoint de Béatrice. Comment Théo en est-il venu à poser ce geste? Comment cette famille a-t-elle laissé Théo en venir à poser ce geste?
« Comme moi, il [Karl] essayait sûrement de comprendre ce qui nous avait conduits dans le mur où notre vie s’était fracassée avec celle de Théo. »
C’est là l’essentiel de la proposition de ce très beau livre. Béatrice cherche à comprendre. Pourquoi, après coup, elle voit les indices? Pourquoi elle n’a pas agi? Pourquoi Karl s’était-il laissé injurié et menacé par son fils? Pourquoi a-t-il tourné le dos? Mais, au-delà de tout, pourquoi Théo? Pourquoi on l’a laissé en venir là? Oui, il y a culpabilité, mais la volonté de rationaliser la suite des événements est davantage au cœur de la quête intérieure de Béatrice. Elle veut comprendre.
« De nouveaux motifs de reproches me venaient chaque jour au sujet de Théo. »
La plume de Louise Dupré est précise, sans être froidement chirurgicale. Elle est dans le faits, mais également dans les émotions qui sont mues par les conjonctures. Béatrice, qui a été projetée au cœur du drame, cherche à s’en distancer pour que le recul lui apporte réponses à ses délibérations. Une mère —une belle-mère— a-t-elle droit, est-elle capable de ce recul?
Par l’écriture d’un récit, par une revue de l’historique familial, par des rencontres avec des amis-es et connaissances de Théo, par des discussions avec une autre mère qui partage une expérience du genre, Béatrice veut comprendre. Faux spoiler : elle ne comprendra pas, mais elle acceptera de ne pas comprendre. Une douce et touchante conclusion attend le lecteur.
C’est certain que je vais visiter les écrits antérieurs de Louise Dupré, tant j’ai été charmé par l’intelligence et la qualité d’écriture, par la proximité qu’elle entraîne avec le lecteur et surtout pour la satisfaction qu’elle commande.
Ce livre a fait partie de plusieurs palmarès alors même si le sujet ne m'intéressait pas tellement, je me suis dit, allez, on essaye, je m'étais motivée à embarquer dans l'histoire. Je n'ai malheureusement pas trouvé d'histoire. On lit, on erre, la protagoniste se pose des questions, ok, elle réfléchit encore, tente encore de trouver des réponses. Je crois que le sujet est intéressant, mais au final, on apprend rien? Une écriture plus serrée aurai su rendre ce thème narratif meilleur, à mon avis.
Ce récit me rend empathique envers les gens qui vivent des drames familiaux, mais le contenu de l'histoire m'apparaît superficiel. Le personnage principal raconte de son point de vue, mais les faits ne sont jamais racontés en profondeur, ce qui m'a laissée sur ma faim et a fini par m'ennuyer.
On dirait que ça n'avançait pas, je me sentais si détachée du récit. Très redondant, gris. J'avais l'impression de lire un texte pour l'école qui enchainait les mots pour redire les choses parce qu'il n'atteignait pas le minimum requis.
Karl a deux enfants, Théo et Elsa. Veuf, il est remarié avec Béatrice qui travaille dans le monde des médias. En ce moment, le documentaire sur sa table de travail concerne les tueries de masse. Pendant que Karl est en Floride pour y donner des conférences, Béatrice reçoit un coup de fil qui lui apprend que son mari et Théo sont à l’hôpital, tous les deux dans un état critique. Vite, elle abandonne tout pour s’envoler les rejoindre. La vérité va la frapper de plein fouet.
L’autrice québécoise nous invite à suivre l’histoire d’une femme qui tente de comprendre l’incompréhensible. Elle cherche tant bien que mal à reconstituer l’historique d’une tragédie familiale. Elle se pose mille et une questions. Que peut-il bien se passer dans la tête d’une personne qui évolue sous nos yeux, pour qu’elle en arrive à commettre des gestes d’une telle violence ? Durant la lecture, on se demande s’il s’agit d’un roman ou plutôt d’une autofiction, tellement l’illustration du désarroi et de la vulnérabilité ressentis par les proches devant des gestes violents est crédible.
Citations : « Je place les mots comme des pierres sous mes pieds pour me tracer un chemin, mais je marche sur des sables mouvants. » p. 44
« La culpabilité vient avec l’enfant à la naissance, c’est un tout-inclus, comme les forfaits de vacances... » p. 74
« Les humains répètent à l’infini ce qu’ils ont vécu, ils n’ont aucune imagination. » p. 101
lu dans le cadre du club de lecture La Communauté du Signet collab Raffin x Mellön
je ne crois pas que j'aurais été interpellé par le thème du roman hors d'un contexte de club de lecture
cela étant dit, j'ai apprécié la plume de Dupré, je n'ai pas eu beaucoup de difficulté à entrer dans la démarche proposée. la construction de la psyché de la narratrice est captivante. par contre, peut être un peu redondant et convenu par moment.
Usage abusif de l'imparfait et du conditionnel, la narratrice écrit 2 ans après les événements. Ce qui aurait pu être un récit extraordinairement douloureux et à vif en devient détaché, parfois même répétitif. Pas ce que j'avais envie de lire.
Nécessaire et touchant. J’ai beaucoup aimé le fait que la belle-mère de Théo se pose des questions auxquelles nous non plus n’aurons pas de réponses. Une roman réflexion plus qu’une histoire. Je l’ai dévoré.
Lecture vraiment bouleversante, j'ai eu un peu de mal honnêtement. Toute la question de l'amour dans l'adversité, des questionnements sur la mémoire des personnes proches après un événement aussi grave, c'est super intéressant.
J'ai bien aimé. Récit honnête, touchant sans tomber dans le mélodrame. Elle explore le doute, la culpabilité, l'incompréhension lorsqu'un enfant commet l'irréparable.