Pierre passe la journée en garde à vue après que sa toute jeune femme a porté plainte contre lui pour violences conjugales. Comment en est-il arrivé là ?Élevé à Versailles dans les années 1980, Pierre est l'aîné d'une famille nombreuse où la certitude d'être au-dessus des autres et toujours dans son bon droit autorise toutes les brutalités, physiques comme symboliques. Il avait pourtant essayé, lui qu'on jugeait trop sensible, de résister aux mots d'ordre et aux coups.C'est en replongeant dans son enfance et son adolescence qu'il va tenter de comprendre ce qui s'est joué, intimement et socialement, au sein de cette famille de "privilégiés".Dans un premier roman à vif, Nicolas Rodier ausculte les mécanismes de la violence et met en scène, sans concessions, le plus douloureux des héritages familiaux.
En cette rentrée littéraire 2020, j'enchaine les histoires de famille. Après le deuil d'un père après le suicide de son fils dans Louis veut partir, et la rupture entre un père et son fils dans Ce qu'il faut de nuit, le dernier en date parmi les lectures traite du sujet des violences conjugales et de la maltraitance.
Pierre, le narrateur, est l'aîné des six enfants d'un couple de la haute bourgeoisie versaillaise, une famille catholique tendance dure. Pierre et ses frères et soeurs subissent la violence physique et psychologique de leurs parents, de leur tante, et de leur grand-mère. L'ordre doit régner à tout prix dans cette famille en apparence "bien comme il faut", les enfants doivent le respect à leurs ainés et sont élevés pour suivre la voie tracée pour eux : école privée, lycée prestigieux, classe préparatoire, école de commerce, dans un modèle de reproduction sociale où l'entre-soi est aussi efficace pour ceux qui le pratiquent que nauséabond dans son existence.
Pierre grandit, devient adulte, trouve l'amour avec Maud, mais il reproduit avec elle les violences subies pendant son enfance. Les enfants battus deviennent des adultes qui battent leurs conjoints et leurs enfants, parait-il.
Le roman est très bien écrit et sonde parfaitement les coeurs et les âmes de ses personnages, en particulier de Pierre, le narrateur. Celui qui pourrait passer pour le salaud de service, le mari qui bat sa femme, devient un personnage humain. Cela pourra peut-être choquer certains, qui y verront une façon d'excuser les violences conjugales, mais j'ai trouvé au contraire que le narrateur, et à travers lui l'auteur, ne cherche pas d'excuses : il comprend d'où vient sa violence, mais ne s'en sert pas d'excuse. Il assume, et c'est me semble-t-il, fait avec brio par l'auteur.
C'est donc encore une lecture réussie pour cette rentrée littéraire 2020, qui pourrait me réconcilier avec la littérature française récente.
Lecture difficile pour ma part, ayant grandi à Versailles dans les mêmes années et dans le même cercle que le personnage… mais cette histoire est bien racontée et malheureusement ce n’est pas une caricature.
Pierre est "en sursis". Quatre mois, a décidé le tribunal, parce qu'il a tenté d'étrangler son épouse lors d'un moment de colère.
Pierre est en sursis de liberté.
Mais aussi de calme, de joie, de confiance en lui, de capacité d'aimer, d'expliquer, d'être compris.
A 33 ans, le procès porte au grand jour tout ce qui ne va pas en lui, notamment, ses émotions et ses colères, qu'il ne gère pas et finit par déposer sur les autres, de préférence ses proches.
D'un fait divers banal du quotidien, Nicolas Rodier fait un récit, celui de l'agresseur.
L'histoire est simple, chronologique : l'enfance, l'adolescence, la vie d'étudiant puis d'adulte. Le mariage avec Maud, le plus beau jour de sa vie. Fine, jolie, intelligente, gentille. Patiente face à ses réactions inattendues ou brutales, ses silences, ses fuites, ses coups de point dans les murs.
Pierre, aîné d'une fratrie de 6, a subi une famille toxique, où la violence est présente à chaque niveau. Où le paraître prime. Logements anciens, loisirs chics, écoles réputées, voies tracées vers la gloire sociale et le métier qui rapporte. Microcosme social. Une mère déprimée, dépassée, passant de la violence à l'amour. Insécurité. Un père souvent absent, jugeant et méprisant. La grand-mère et la tante, pires encore. Le système de valeurs : ne pas manger une glace schtroumpf ou malabar à 10 ans, parce que ça fait plouc. Les blagues racistes. L'homophobie comme une évidence. La Classe Sociale au-dessus des valeurs qu'on défend. La cravache du club hippique qui frappe aussi les enfants. La cruauté. Les enfants passant après les adultes.
"Tout ça " est raconté page après page, dans un langage clair, facile à lire. Il ne s'agit pas de comprendre l'agresseur, ni de l'excuser, juste de prendre conscience de la logique des choses : un enfant soumis à la violence familiale, battu, devient un adulte mal construit.
Depuis l'enfance, Pierre a pris ses distance avec sa famille. Il se construit une vie pas si éloignée des désirs de son clan, finalement ; une situation, un bon salaire, un milieu amical dans lequel il rencontre Maud. Pierre semble s'en sortir sans dommages visibles. Mais ses journées sont remplies de moments difficiles où toute son énergie est utilisée à pour contenir la pression de la casserole sous le couvercle, à éviter de crier, frapper, partir.
L'auteur, Nicolas Rodier, dit ailleurs qu'il s'agit de déconstruire cette virilité violente et normalisée de l'homme fort, qu'on ne peut pas devenir parent dans cet état, que ce n'est pas normal de trouver des excuses à l'agresseur et de la provocation chez l'agressée. Désacraliser la cellule familiale aussi.
Si le livre n'est pas facile, si on sent un peu le premier roman, il ne laisse pas indifférent face à ces questions actuelles. C'est écrit par un homme, sans tralala, alors qu'il s'apprête à devenir père. Il y a aussi le joli passage des retrouvailles avec la mère, qui montre que les gens peuvent évoluer.
« Il y a un tel écart entre nos principes et nos comportements. »
Les principes justement. Ceux nés d’une éducation qu’on qualifie de bourgeoise. On peut naître avec une cuillère en argent dans la bouche et pourtant, en prendre plein la gueule. Et, ici, Versailles n’est pas forcément synonyme de grandeur d’âme…
Si les bourgeois, c’est comme les cochons, ce court roman dresse un portrait tendu des ravages d’une éducation où le manque d’amour conduit à l’irréparable, au geste de trop. A la violence rentrée tellement longtemps qu’elle resort un jour sans crier gare…
Au début du récit, Pierre est condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violence conjugale. le lecteur va alors suivre cette enfance, cette jeunesse et ce mariage qui le mèneront devant le juge.
De façon audacieuse, Nicolas Rodier donne la parole à l’homme. Celui qui blesse. Parcequ’il a été blessé. Sans jamais l’excuser. Sans lui donner le beau rôle. Dans un style épuré, sec, Nicolas Rodier raconte l’itinéraire d’un enfant pas si gâté par la vie et qui traîne des casseroles peu reluisantes.
Racisme ordinaire, homophobie primaire, secrets honteux animent et encrassent les déjeuners de famille. Cette famille où on peut te coller la tête dans l’assiette pour que tu termines tes carottes râpées.
La violence engendre la violence. Comme une malédiction qui n’a que faire de la classe sociale. Je ne sais pas si le propos est véritablement là. Il a pourtant le courage d’être honnête et d’offrir un point de vue rarement évoqué en littérature et donne la voix à celui qui blesse.
Pierre est l’aîné de 6 enfants. Il grandit dans une famille bourgeoise pour qui les apparences représentent tout. Seulement dans cette famille, la violence et l’humiliation règnent en maître. L’éducation de ces 6 enfants n’est basée que sur des principes de domination et de violences physiques. Comment un enfant peut il se construire et grandir sereinement dans ces conditions ? La réponse est simple : il ne le peut pas. Quelles sont les chances qu’il reproduise ce schéma ? La violence s’exprimera contre lui même ou contre les autres. Des chapitres très courts de quelques pages maximum qui font monter en puissance cette violence et sa transmission inéluctable. Cependant je m’interroge sur le cadre choisi pas l’auteur. Toutes les couches de la société sont touchées par ce fléau et pas uniquement les familles catholiques bourgeoise ! Il y a peut-être un peu trop de caricatures dans ces pages, notamment l’idée que les délinquants sont obligatoirement des jeunes issus de l’immigration 🤔. Mais pour un premier roman, c’est réussi, un auteur à suivre à mon avis.
Pour son premier roman, Sale bourge, Nicolas Rodier choisit de décrire la montée de la violence chez un homme devenu agresseur conjugal après avoir subi des maltraitances. Quatre mois de sursis résument le combat de sa vie !
Le nom de famille du narrateur n’apparait qu’après le pardon de sa mère. Pierre raconte son enfance et son adolescence à subir la violence de sa famille et à combattre sa propre agressivité.
Ce roman démontre parfaitement le fossé qui existe entre la figure sociale et l’intime familial. En mettant de côté les stéréotypes habituels, Nicolas Rodier ancre son récit dans la haute bourgeoisie versaillaise. Ce corps social est montré se recroquevillant sur des critères d’un autre âge. En refusant tous changements et en s’arcboutant sur des croyances obsolètes, cette classe sociale reproduit des schémas voués à l’échec. Malgré tout, un équilibre précaire pourrait s’établir.
A 33 ans, Pierre est condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violence conjugale, assortis d'une mise à l'épreuve de dix-huit mois et d'une injonction de soins. Ainsi s'ouvre le roman. Comment Pierre en est-il arrivé là, lui qui a été élevé dans une bonne famille versaillaise ? Le retour sur son enfance et son adolescence, dans une expression aussi simple qu'épurée, fait froid dans le dos. Une enfance bafouée engendre-t-elle nécessairement la violence ?
Ce premier roman frappe par la dureté de ses propos, amenés de manière descriptive mais incisive on pense à Edouard Louis (En finir avec Eddy Bellegueule), dans un milieu social bourgeois tout autant délétère.
Si le cliché du premier roman aux accents autofictionnels est bien présent, Sale bourge s'avale d'une traite et laisse un goût amer, celui des silences accumulés qui font péter les plombs. Percutant.
Le titre m'a de suite attiré, il est court, à vif. Très enthousiaste sur le premier chapitre "enfance" dans un style épuré et tranchant, je l'ai moins été à la lecture des suivants chapitres qui retracent les différentes étapes de la vie du narrateur. Pour autant, ce qu'il nous livre est touchant, et on se rend compte de l'impact qu'une violence intra familiale, qu'une éducation non tolérante guidée par des principes élitistes peut avoir sur le destin d'un jeune homme qui ne se s'est jamais senti reconnu dans sa propre famille. Premier roman qui aborde un thème peu traité en littérature à savoir la violence du point de vue des auteurs mais qui pour moi manque de profondeur.
Attention, une fois commencé les premières lignes de ce livre, je n’ai pas pu m’arrêter. Dans ce roman, l’auteur se livre à nu, sans excuse, pourtant la violence verbale et psychologique dont il est victime de la part de ses parents est subtilement décrite. Les crises d’angoisse incontrôlées qui le rende fou et font monter la colère nous aide à comprendre son schéma fonctionnel et cette rage latente qui bout fait de son personnage une bombe à retardement. Maud sera sa victime lucide et non consentante.
Ce livre est une succession de descriptif des différentes situations vécues par le personnage principal depuis son enfance et qui l'on conduit à devenir violent. Je regrette que l'auteur ne détaille pas plus l'intérêt de la psychanalyse suivie par le personnage et qu'il ne précise pas plus les sentiments qu'il ressent face à ce qu'il vit. Livre intéressant mais je reste sur ma fin. De plus, il mériterait d'être plus approfondit.
Un roman relativement court mais choc sur le thème de la violence domestique et conté du point de vue de l’accusé. Des racines du mal à l’acte de trop et ceci même quand on est bien “né”. La violence, l’humiliation et le mal-être ne reflètent pas une catégorie socio-économique spécifique, qu’on se le dise.
La violence engendre-t-elle nécessairement la violence ? N. Rodier met en lumière les pratiques horrifiantes d’un milieu bourgeois et des conséquences qui en découlent. L’histoire de Pierre nous prend aux tripes mais je me suis senti loin de sa mélancolie. C’est moyen.
Pari risqué que de donner la parole à l'oppresseur et de réussir à embarquer le.a lecteur.ice dans sa vie, faite d'abus et d'éducation raciste/intégriste. On ne trouve pas d'excuse non plus au personnage, mais on empathise, on comprend sans tolérer, d'une certaine manière.
Un livre qui se lit rapidement. Au style cru. Il montre sous un nouveau jour la violence physique et mentale pouvant subvenir dans certaines couches de la haute bourgeoisie.
L'écriture est tranchante, se lit d'une traite, le cadre familial qui est à l'origine de cette violence est bien posée, c'est cru et bref, juste ce qu'il faut mais dès qu'on passe aux violences sur sa femme peut-être que ce cadre excuse un petit peu trop tout le reste. La parole est donnée à celui qui frappe ou qui a frappé, c’est pour ça que je voulais le lire, et malgré que je comprenne vraiment la démarche de l’auteur qui consiste à présenter Pierre comme un homme violent et qui assume sa violence pcqu’il connait son origine, tout ça me parait trop lisse
Premier Roman de Nicolas Rodier|2020| Une histoire Enfance/Famille où il ne se passe quasiment rien (du moins au début!). Des chapitres très courts, peu de développement. Peur des "gouines"; trop coincé pour les cigarettes. Je ne sais pas s'il s'agit d'une autobiographie ou d'un roman, mais c'est suffisamment c* pour être réel x -).... Psychiatrie, différents familiaux, mauvais ambiance, problèmes de riches... Des chapitres de trois lignes (j'aime court mais n'abusons point!). Quand le personnage a daigné élever le ton... ce n'était en fait que le son de ses pensées... On met en avant les choses comme quoi le procès n'a coûté que 121€ (quelle précision !!) et seulement 4 mois de sursis pour avoir tordu le cou d'une pauvre fille... Désolé mais... affligeant... Un livre qui doit probablement son succès au machisme ambiant...