Et si le recyclage n'était qu'un leurre ? Dans un contexte de surconsommation des ressources et d'explosion de la quantité de nos déchets, le recyclage apparaît telle la panacée face à l'hérésie de la mise en décharge ou de l'incinération. Nous voudrions croire aux vertus d'un système qui nous permettrait de continuer à consommer « comme si de rien n'était », en faisant juste l'effort de trier. Les campagnes de communication émanant d'acteurs publics ou privés entretiennent ce mirage, en faisant l'impasse sur les limites du recyclage. Observatrice privilégiée de la gestion des déchets, Flore Berlingen décrypte les promesses de cette économie faussement circulaire, qui entretient le mythe de produits recyclables à l'infini. Elle démontre comment ses caractéristiques, dans la lignée du productivisme et du capitalisme, contribuent à perpétuer l'utilisation du jetable. « On voudrait que la terre entière lise ce livre. » Alternatives Économiques
Avis critique sur le recyclage. Revoir notre gestion des ressources plutôt que de recycler à tout prix et favoriser la surconsommation de produits recyclables. Permet de lire entre les lignes des communications industrielles et politiques qui cherchent le contournement.
Je me suis toujours intéressé à la question du recyclage de nos déchets en commençant par ceux d’origine nucléaire. Dans ce cas précis, je me suis vite aperçu que le recyclage en question était surtout une illusion et un produit de la propagande pro-nucléaire !
En revanche, je n’imaginais pas qu’il en était de même pour le recyclage de nos déchets qu’on appelle “ménagers” mais qu’on devrait plutôt appeler “de consommation”, ça serait plus exact et plus parlant. J’ai eu une première alerte en lisant ce récit édifiant de “LA DÉSILLUSION D’UNE START-UP DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE” où l’on peut lire (entre autres) :
Mais, la suite de nos aventures et notre longue immersion dans les coulisses du secteur nous a montré une vérité tout autre. Nous ne parlerons pas de mensonges organisés, mais disons que bon nombre d’informations que l’on trouve sur internet sont très superficielles, enjolivées et se passent d’explications approfondies concernant le devenir des déchets. La manière dont sont rédigés ces documents nous laisse penser que la filière est très aboutie et s’inscrit dans une logique parfaite d’économie circulaire mais en réalité, les auteurs de ces documents semblent se complaire dans l’atteinte d’objectifs écologiques médiocres. Et pour cause, ces documents sont en majorité rédigés par les acteurs économiques du secteur ou les géants du soda eux-mêmes qui n’ont pour autre but que de défendre leurs intérêts en faisant la promotion des emballages. La filière boisson préfère vendre son soda dans des emballages jetables (c’est bien plus rentable), la filière canette promeut son emballage comme étant le meilleur et la filière en charge de la collecte ne peut gagner sa croûte que si des emballages sont mis sur le marché : principe de l’éco-contribution.
HTTPS://LABOUCLEVERTE.FR/ARRET-DACTIV... Edifiant, en effet (et je vous encourage à lire le récit en entier…) mais, à ce moment-là, je pouvais encore penser qu’il s’agissait d’un cas isolé et malheureux…
Et je suis tombé sur le livre “Recyclage : le grand enfumage: Comment l’économie circulaire est devenue l’alibi du jetable” de Flore Berlinger.
Bon, c’est un livre assez technique et pas très “fun” mais c’est sérieux, honnête et bien documenté.
On y apprend beaucoup et pas que du beau, hélas. On se rend vite compte que le recyclage tant vanté n’est qu’un alibi à la surconsommation qui entraine la surproduction “d’emballage à usage unique” toujours plus sophistiqués et toujours plus difficile à recycler (quand ils le sont…).
En réalité, le couple infernal emballage/recyclage est une illustration supplémentaire du trypitique “illusion-propagande-corruption” qui prévaut dans tous les recoins de notre belle société gouvernée de main de maitre par la technostructure.
Cet ouvrage détaille (sans aucune complaisance) les méandres du système qui s’est mis en place afin de produire toujours plus de déchets avec l’illusion (savamment entretenue par la propagande) que le recyclage était LA solution alors que, en fait, elle devient une partie du problème…
La seule chose qu’on puisse reprocher à l’auteur, ce sont Ses recommandations à la fin : si on la suit, on va aboutir à une sorte de “socialisme de l’emballage”… Peut-être est-ce inévitable pour enfin restreindre le volume de déchets à la source (et, au final, c’est ce qui importe vraiment) mais est-ce ce monde que nous voulons ?
Le résumé du livre est dans le titre ! On se laisse berner par les slogans et l'utopie du recyclable, qui ferait de nos déchets des ressources. C'est très loin d'être le cas, avec une très petite partie des plastiques effectivement recyclés et valorisés, une gestion de cette industrie qui fait parfois penser à la mafia, du greenwashing à tout va,... trier c'est jeter et le meilleur déchet est celui qu'on ne produit pas. Pour les autres, il y urgence à sensibiliser les consommateurs sur leurs choix, mais surtout à influencer les politiques et industriels pour standardiser les matières utilisées, faciliter le recyclage et l'exploitation des matières recréées et réduire les coûts de recyclage (en euros, en énergie,...). Un court essai édifiant et pédagogique, avec plein de références pour approfondir (articles de presse, textes de loi, sites internet,...). Je l'ai lu par petites bouchées sur plusieurs mois, au petit déjeuner, mais c'était difficile de les avaler parfois !
⭐️2,5/5 Bon livre mais pas un livre que j’aime lire. Sensation d’impuissance et que le changement n’est pas réellement dans les mains de chaque individu mais des grands groupes…
Un essai clair, étayé, qui nous démontre que le recyclage est devenue une industrie comme une autre. Sous fond de greenwashing des entreprises, de politiques délivrant des messages biaisés, il est prétexte à poursuivre notre manière de consommer, à l'ère du jetable. Alors lisez-ce livre, puis prêtez-le, pour qu'il ait plusieurs vies.