C'est dans son village natal que Léon Tolstoï reçut le témoignage bouleversant de sa voisine Anissia. Il en tira ce court roman, l'odyssée d'une jeune paysanne en route vers la Sibérie, accablée de privations mais animée d'une force de vie exceptionnelle.Du fond de la Russie du XIXe siècle, Tolstoï nous livre dans sa langue puissante un inoubliable destin de femme.
Tolstoï livre à travers ce court ouvrage le parcours de vie tragique d'Anissia, paysanne ayant vécu dans la Russie du XIXe siècle, lequel elle a livré à la belle-soeur de l'écrivain. N'ayant été que peu retouché, le style traduit un langage familier, populaire, accompagné tout le long de dictons hérités du mariage entre survivances païennes et foi chrétienne. Probablement soucieuse de préserver l'authenticité du récit, l'adaptation française déploie un parler paysan sans lequel le charme du récit n'aurait très certainement pas été rendu à sa juste valeur. On ne peut s'empêcher d'entrer en empathie avec Anissia, qui subit malgré elle la dureté et les injustices de l'époque. D'une certaine manière, la simplicité avec laquelle elle raconte ces quelques années de sa vie et l'absence de détails qui pourraient rendre l'héroïne trop spécifique, permettent une identification aisée à son sort, que l'on s'imagine peut-être connaître si l'on était né en un autre temps. Le livre se lit rapidement – je l'ai d'ailleurs fini d'une traite, sans compter le préface que j'avais lu la veille. Je conseillerais, cela dit, d'entamer directement le récit en ignorant la préface qui livre un résumé complet de l'histoire du début à la fin et m'a donc enlevé la part de plaisir qui s'écoule normalement de la découverte de l'enchainement d'actions qui se dévoile au fil de la lecture. Il serait donc sans doute plus judicieux d'y jeter un œil en fin de lecture si l'intérêt se porte à quelques éléments d'analyse ou précisions relatives au contexte, tant du temps du récit que de sa publication.
Tolstoï nous offre le témoignage de Anissia Skvortsova, une paysanne russe au XIXème Siècle, qui aura connu tous les malheurs qu'une femme puisse connaître, entre mariage forcé, vie de servante, accouchements dans la douleur et au mépris de son entourage,... Elle raconte les épreuves endurées avec une cruelle simplicité, qui laisse entendre la banalité de ces évenements dans leur contexte. Une empreinte bouleversante à lire, qui m'a laissé émue et endolorie.
Précision; J'ai choisi de mettre cet ouvrage dans ma catégorie "féministe", un peu à contre-coeur lorsqu'on connaît quelques détails de la vie de Tolstoï, mais parce que je pense que ce type de récit fait partie des traces de l'Histoire des femmes, et qu'en en relayant le témoignage, on participe à préserver cette Histoire. Le livre apparaît aussi dans ma catégorie "fiction" alors qu'il ne s'agit pas d'une fiction, car raconté comme tel, et dans la catégorie "non-fiction".
Cette histoire se lit tres facilement, le style de Tolstoi nous prend aux trippes de part sa sincérité et sa justesse. C'est un vrai plaisir de lire cet auteur et j'ai eu beaucoup de plaisir à decouvrir l'histoire d'Anissia Je le conseille vivement!
Je l'aimais parce que c'était une âme simple dit-elle au crépuscule de sa vie. Résignée malgré les coups, notre paysanne a la naïveté (ou la sagesse, cela dépend des époques) des anciens. Tolstoï ne maîtrise pas le drame comme dans 'Anna Karenine '. Les chapitres sont trop courts et les scènes trop fugaces, pas suffisamment explorées. On est loin du mythique Tolstoï dans cette oeuvre qui mérite ceci dit, un bon 3.5 juste pour l'émotion que l'auteur a su transmettre et le décor malheureux qu'il a si bien dépeint...
This entire review has been hidden because of spoilers.
Après une longue pause, reprendre la lecture avec ce récit du grand Russe, qui se glisse dans la peau d'une femme russe malmenée par la vie, les injustices, le destin... Et savourer.....