Cela se passe à Montpellier et met en scène une bande d'amis, certains étudiants, d'autres non, qui semblent passer plus de temps à boire et à faire la fête qu'à suivre leurs cours ou à chercher du travail. Et les fêtes, et les beuveries, nombreuses, sont autant d'occasion d'essayer d'attraper, chacun pour soi au départ, ce qu'on est, ce qu'on veut. Recherche désordonnée d'une originalité à tout prix, histoires d'amour croisées, échanges, interrogations, mais refus de penser à l'avenir.Ici la phrase épouse à la perfection - avec ses ruptures ses accélérations, ses raccourcis - une pensée qui ne cesse de chercher, de fouiller, d'essayer de comprendre. Les mots sont heureux, choisis, recherchés à travers tous les registres, du trivial au raffiné, sans complexe, dans une grande liberté. Les formules font mouche et sont toujours irrésistiblement drôles, la pensée est perçante.Certaines scènes sont d'anthologie (des fêtes qui tournent à la partouze, un mariage où le marié fuit tandis que la noce se transforme en tournage d'un film pornographique...) mais toujours la construction d'une subtilité discrète pour brouiller les repères trop évidents et donner une subtile sensation du temps qui passe, de la circulation du désir, de l'irradiante complexité de la vie.