Une semi déception, basée sur les promesses non tenues du livre (ou plutôt du marketing). D'abord la promesse d'une écriture qui se rapprocherait davantage du roman que de l'essai, promesse vérifiée dès la première page "où l'on croise un capitaine hollandais empoisonné à la datura, trois descendants malais d'Alexandre le Grand...", et qui tient encore 2 chapitres. Et puis l'écriture revient à une forme plus classique que l'on retrouve dans tout livre sur l'Histoire. Non pas que ce soit mal écris, bien au contraire, c'est clair et compréhensible, mais ce n'est pas ce pourquoi j'avais acheté le livre au départ (même si l'auteur retrouve un peu de cette promesse dans le dernier chapitre).
Autre promesse non tenue, selon moi, cette histoire à "parts égales", qui,elle aussi, ne se vérifie que dans quelques chapitres. Il y a un déséquilibre flagrant des sources à l'avantage de l'histoire sur Java. Encore une fois, c'est clair, précis, et j'ai appris énormément de choses sur un monde que je ne connaissais absolument pas, mais on est loin de cette "équité" promise au départ.
Au final, sans ces promesses d'écriture et de parité, je n'aurais sans doute jamais lu ce livre, ce qui aurait été un tort car il permet un équilibrage des représentations entre l'Europe et l'Asie. Mais je ne suis pas certain de suivre l'auteur dans son prochain livre, en tous les cas, j'y regarderais à deux fois.
Autre soucis, sur la promesse d'écriture, peut-on parler d'Histoire en racontant une histoire ? Peut-on traiter les sources, les preuves, les témoignages... les compiler, les synthétiser et en faire une histoire qui raconte l'Histoire ? Bertrand le réussit sur quelques pages mais pas sur la totalité de son livre.