La capitaine Marie Lesaux, fraîchement débarquée au sein de la brigade de protection de la famille de Clermont-Ferrand, se voit confier, sous le sceau de la plus grande des confidentialités, l’étrange mission de tester les capacités de son nouveau coéquipier. Valmont, réputé infaillible et doté d’une puissance de travail sans égale, serait capable d’élucider des affaires non résolues, quelle que soit leur complexité. De fait, Valmont n’est pas un policier comme les autres, mais bien une somme d’algorithmes, un formidable programme expérimental ultra secret à la puissance de calcul phénoménal mis en place par l’État français pour lutter contre toutes les formes de criminalité : un savant mélange d’intelligence artificielle et de réalité virtuelle que Marie va devoir appréhender pour mieux comprendre le formidable champs des possibles permis par la police 2.0. Assistée d’Ethan Milo qui a travaillé sur le projet et qui vit cloué dans un fauteuil des suites d’un attentat, mais en but à l’hostilité de certains de ses collègues, la jeune capitaine va mettre Valmont sur le cas du « suicide » d’une fillette d’origine africaine retrouvée au pied d’une tour.La gamine est-elle vraiment tombée toute seule ? Quel crédit accorder à cette rumeur insistante dans les quartiers, entre terreur et légende urbaine, indiquant qu’une « hyène » vaudou, mi-homme, mi-animal, tournerait dans les citées pour « voler » des jeunes filles ? Le fait est que des disparitions ont bel et bien eut lieu et que la population se tait. Un symbole étrange, là où il n’y avait été question que de morts naturelles ou d’accidents, se trouve sur bien des scènes de ce qui va très vite devenir des crimes irrésolus. Il se trame quelque chose dans l’illusoire banalité des jours... Marie et Ethan Milo, aidés du programme Valmont, vont bientôt être confrontés à une épouvantable vérité venue du fond des âges.
Je découvre Sylvain FORGE, et pour une première approche, je dis « chapeau » ! Pourtant, rien de foudroyant dans la formulation du récit, une construction tout ce qu’il y a de plus « classique » mais efficace avec des héroïnes et héros plus qu’attachants, une histoire bien montée qui renvoie dos à dos l’humain et la connaissance du terrain versus la machine. La modernité de la technologie et les rites ancestraux des temps immémoriaux s’entrecroisent ; les croyances et la science se côtoient, se rencontrent mais ne se chevauchent pas.
Un « super programme » informatique, censé résoudre les cold-case les plus froids, voilà l’expérimentation à laquelle doivent se livrer Ethan Milo, ingénieur informatique rescapé d’un attentat qui le laisse sur le fil du rasoir avec paralysie à la clé si l’éclat reçu se déplace vers la colonne vertébrale, et Marie, policière de son état avec une solide expérience de l’espionnage comme bagage.
Tous ne voient pas cette cyber technologie d’un bon œil. Beaucoup de ses collègues voient dans cette expérience un prétexte à des suppressions de poste en masse. En gros, ils craignent que l’ordinateur prenne leur place… Cette évolution les déstabilise et les inquiète. Nourrissons-nous secrètement des craintes face à la haute technologie qui prend une part de plus en plus prégnante dans notre société, dite, « moderne » ?
Alors dès que j’ai vu le nom de ce « super » ordinateur « Valmont » ça m’a fait immédiatement penser au Vicomte de Valmont des « Liaisons Dangereuses » de Choderlos de Laclos et même le marquis de Sade (allez savoir pourquoi ??) Y a-t-il un rapport induit ?? Quand on arrive à la fin, je trouve que, oui, on peut dire que ce n’est pas tout à fait innocent… Le côté « sulfureux » de l’affaire … Je n’explore pas plus cette « piste » pour ne pas en dévoiler trop.
Beaucoup de thèmes sont abordés, tous plus intéressants les uns que les autres. On navigue à travers un univers (ultra) connecté, la question de la tyrannie exercée sur des personnes fragilisées est évoquée aussi. On passe du Darknet à la botanique allègrement, en passant par la toxoplasmose, le Weru noir ou encore le vaudou. Tous nous donnent l’envie d’aller faire quelques recherches pour approfondir un peu nos connaissances. Quand un livre (fiction ou non) atteint ce but, en ce qui me concerne, c’est une réussite indéniable.
Quand il sera question du DarkWeb, j’ai même cru à un moment que le lecteur allait être renvoyé direct dans le monde de Patrick Sénécal dans « Hell.com », ou encore Thilliez et Minier, mais l’auteur n’y consacre finalement que quelques très courts chapitres même s’ils sont d’une importance capitale…
Après quelques investigations, j’ai trouvé que l’on doit le titre ce thriller technologique « Parasite » au « Toxoplasma Gondii » qui est bactérie intracellulaire qui se transmet assez facilement à l’homme. Rien que dans notre Europe de l’Ouest, 40 à 50% de la population serait infectée !! ça fait froid dans le dos ! Certes on n’en meurt pas, mais se savoir « accompagné » par cette « charmante » petite bête n’est pas des plus agréable ! D’autant qu’elle génère fatigue, fièvre, douleur musculaire, maux de tête, bref des symptômes similaires à ceux de la grippe…
Sur le fond, l’auteur évite savamment les clichés aussi bien pour l’histoire que pour les personnages. Ils sont crédibles et touchants. On s’y intéresse d’emblée et ils suscitent l’empathie. La psychologie de chacun des acteurs de cette histoire n’est pourtant qu’effleurée et passe presque au second plan. La forme prend le pas sur le style à mon sens. Ça n’est heureusement pas rédhibitoire tant les sujets abordés sont denses et Il n’en reste pas moins un excellent thriller que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.
On sent qu’au niveau nouvelle technologie, l’auteur, conseiller en cyber sécurité dans la « vraie » vie (en plus d’être écrivain), connait bien son affaire tant il se meut avec aisance dans cet univers. J’ai beaucoup apprécié aussi, les notes en fin de livre avec des précisions sur tels ou tels des sujets abordés avec liens et sources utilisées : on constate que son thriller est très bien documenté et ses hypothèses correctement étayées.
Première découverte de l’auteur donc, mais surement pas la dernière. D’ailleurs j’ai déjà « tension extrême » [prix quai des orfèvres 2018] et le « Vallon des Forges » en réserve pour cette fin d’année ! Que du bonheur à venir donc !
Ah, oui, aussi : Une mention spéciale pour la couverture très esthétique qui contient à elle seule plus de mystère que la quatrième de couve !! et c’est peu dire !...
Un grand merci aux Éditions Fayard/Mazarine ainsi qu’à la plateforme NetGalley France pour la confiance qu’ils me témoignent et pour cette agréable lecture.
Je ne suis pas très polar d'habitude, plutôt dans l'imaginaire fantastique et merveilleux. Mais je voulais découvrir des auteurs français. La 4e de couverture m'a intrigué. Une histoire d'intelligence artificielle dans la police (plutôt déçu de ce point de vue là, très loin de l'aspect SF que j'en attendais, cest juste un super ordinateur qui recoupe des fichiers et qui dit bonjour). J'ai en revanche beaucoup apprécié le concept du weru noir et donc du parasite. Avec un passage ATTENTION SPOILER dans lequel un personnage y est confrontée. La scène est digne d'un récit horrifique. On nous présente cette plante comme monstrueuse, qui attire ses proies pour les enlacer avec ses lianes... bref un véritable monstre. Ça faisait plaisir ! Un agréable moment de lecture au final !
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Mon aspiration du moment, vous l’avez sûrement remarqué : les thrillers ! Alors, on continue dans la lancée avec Parasite qui m’a été gentiment offert par les Editions Mazarine que je remercie particulièrement car j’avais très envie de découvrir ce livre. Mention spéciale pour la couverture qui est magnifique !
Mon résumé :
Marie est en plein bouleversements aussi bien personnel que professionnel. En plein divorce, elle est contrainte de s’installer dans un de ces immeubles un peu glauque, si peu sécurisant et tristement connu des services de police où elle travaille. Car, Marie Lesaux est capitaine au sein de la brigade de la famille de Clermont-Ferrand. Sur le plan professionnel, la voici donc choisi par sa hiérarchie pour tester un tout nouveau coéquipier prénommé Valmont ; haut programme d’intelligence artificielle conçu pour démêler les affaires les plus complexes. Assisté d’Ethan, l’informaticien concepteur du projet, notre nouveau trio va s’intéresser de près au suicide suspect d’une jeune africaine survenu dans la tour où s’est récemment installé Marie. Un fait divers classé. Pourtant, il est au centre d’une curieuse et bien étrange série de suicides.
Aidé de Valmont, nos deux enquêteurs ne savent pas encore qu’ils vont non seulement mettre à nu un effroyable réseau de pédophilie mais également mettre le doigt sur une menace sans précédent qui pourrait menacer la France comme l’humanité tout entière !
Mon ressenti sur cette lecture :
Maître incontesté du thriller, il est vrai que je connaissais Sylvain Forge de nom pour son prix « Quai des Orfèvres » sans pour autant avoir jamais eu l’occasion de lire un de ses livres.
Je dois dire que j’ai d’abord eu peur de me retrouver au cœur d’une science-fiction où l’intelligence artificielle futuriste aurait pris le dessus sur l’humanité d’un bon vieux thriller. C’est peut-être cela d’ailleurs qui est peut-être à l’origine d’un si long stationnement de ce livre dans ma pile à lire. Heureusement, ce n’est pas cela du tout et j’ai rapidement compris que Valmont n’était finalement qu’une aide. Certes, il est capable de recouper les informations à la vitesse de la lumière mais c’est sans pour autant exclure définitivement l’humain de toute interprétation. Rassurez-vous ce n’est donc pas un robot destiné à prendre la place des enquêteurs, du moins pour l’instant …
Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Parasite ? "J'avais repéré ce livre à l'occasion des Quais du Polar de Lyon, où l'auteur devait être présent. Bien sûr, le salon a été annulé mais mon envie de découvrir ce thriller n'a pas disparu pour autant."
Dites-nous en un peu plus sur son histoire... "Le Capitaine Marie Lesaux se voit assigner une mission spéciale, apprivoiser un nouveau coéquipier un peu particulier, Valmont, une intelligence artificielle. Grâce à leur collaboration, ils vont mettre à jour une série de crimes et essayer de retrouver une petite fille..."
Mais que s'est-il exactement passé entre vous ? "Il y a beaucoup d'éléments à mettre en place dans ce roman pourtant court, on doit apprendre à connaître chaque personnage, le capitaine, Valmont, son concepteur... Il y a également différentes enquêtes avant que le tout ne se rejoigne. Si chaque trame est interessante, on attend quand même longtemps avant de voir enfin se dessiner une intrigue principale.
Côté écriture, c'est fluide et les chapitres sont courts, on les enchaîne donc très facilement mais à aucun moment je n'ai été complètement emportée par l'enquête ou le suspense. Si les pages se tournent bien, ce n'est pas avec avidité. C'est d'autant plus frustrant que le côté intelligence artificielle aurait pu être passionnant mais est à peine effleuré, quant à l'idée du parasite, elle est tout simplement géniale et originale mais elle arrive bien tard.
En résumé, c'est vraiment un très bon roman policier, j'ai donc d'autant plus regretté qu'il lui manque ce qui aurait pu en faire un coup de coeur."
Et comment cela s'est-il fini ? "Je suis complètement traumatisée par ce que j'ai appris sur la toxoplasmose, un parasite qui vit dans le corps d'un français sur deux et qui pourrait être la cause de bien plus de dommages psychologiques qu'on ne le pensait jusque-là. Effrayant. Rien que pour ça, je ne regrette pas de l'avoir lu."
La capitaine Marie Lesaux, fraîchement débarquée au sein de la brigade de protection de la famille de Clermont-Ferrand, se voit confier, sous le sceau de la plus grande des confidentialités, l’étrange mission de tester les capacités de son nouveau coéquipier. Valmont, réputé infaillible et doté d’une puissance de travail sans égale, serait capable d’élucider des affaires non résolues, quelle que soit leur complexité.
Assistée d’Ethan Milo qui a travaillé sur le projet et qui vit cloué dans un fauteuil des suites d’un attentat, mais en but à l’hostilité de certains de ses collègues, la jeune capitaine va mettre Valmont sur le cas du « suicide » d’une fillette d’origine africaine retrouvée au pied d’une tour.
La gamine est-elle vraiment tombée toute seule ? Quel crédit accorder à cette rumeur insistante dans les quartiers, entre terreur et légende urbaine, indiquant qu’une « hyène » vaudou, mi-homme, mi-animal, tournerait dans les citées pour « voler » des jeunes filles ?
J’ai découvert l’auteur, précédemment Prix du Quai des Orfèvres 2018 avec ce roman qui se déroule pas loin de chez moi.
J’ai aimé les histoires imbriquées : Valmont et son programme hors-norme ; l’enquête sur les meurtres des petites filles africaines, puis la découverte de la plante toxique.
Un livre que je n’ai pas voulu lâcher jusqu’au dénouement.
L’image que je retiendrai :
Celle de Pauline, la jeune biologiste, prise dans les griffes de la plante.
Merci à l’auteur pour sa dédicace : non, je ne verrai plus mon chat de la même façon….
J'avoue avoir eu un peu peur au début de ce livre car une nouvelle fois il était question d'une Intelligence Artificielle, et mes récentes lectures (M, le borde de l'abîme de Bernard Minier, Luca de Franck Thilliez) m'ont quelque peu déçu. Mais rapidement on comprend que cette technologie est un simple moyen qui va servir l'histoire plus que la supporter.
Une fois rassuré, on découvre un thriller assez classique mais très prenant. Dans le classicisme, on trouve bien sur le duo d'enquêteurs marginaux, dans le sens mis à l'écart du reste du groupe de policiers; des histoires parallèles qui évidemment vont converger.
Mais la grande originalité de ce roman est de positionner l'intrigue dans une ville plutôt désertée par la littérature : Clermont-Ferrand. L'auteur, originaire de cette ville, nous fait une visite pas vraiment touristique de cette cité en nous révélant ses bas fonds.
Le roman est organisé en chapitres courts, véritable architecture narrative qui rend fluide sa lecture, donne un rythme soutenu au roman et complique la tâche du lecteur voulant suspendre sa lecture.
C’est à ce jour mon préféré parmi les thrillers technologiques de Sylvain Forge. Plusieurs intrigues s’entrecroisent, la tension est constante, l’ambiguïté omniprésente. Les personnages sont profondément humains : ils commettent des erreurs crédibles, parfois exaspérantes, mais toujours cohérentes — et l’auteur, surtout, ne prend jamais le lecteur pour un imbécile. La justice qui s’y déploie est une justice possible, loin d’être parfaite, mais marquée par des actes lourds de conséquences. Beaucoup d’action, beaucoup de suspense…
Au milieu de tout cela, le seul vrai point faible reste le conservatisme de l’intelligence artificielle au cœur de l’intrigue : trop limitée pour être crédible aujourd’hui. Publié en 2019, le roman a été rattrapé par la réalité à une vitesse fulgurante — ce qui, en soi, est assez fascinant.
Bref, un excellent thriller, haletant, intelligent et vivement recommandé.
Intrigant au début et passionnant à la fin, avec plusieurs références scientifiques, aussi bien botaniques, biologiques que technologiques. Le dénouement est un peu rapide mais les idées sont bonnes et bien exploitées.
Un bon polar bien français dans l'écriture et l'atmosphère avec l'introduction de l'AI dans l'enquête non comme outil mais bien comme agent ... Sans être un coup de foudre, j'ai passé un bon moment (heu, une bonne nuit serait plus juste !) de lecture
Thriller basico, sobre pedofilia, toxinas e inteligência artificial, mas interessante pois se passa em... Clermont Ferrand... Funny de ver uma intriga nos lugares que conhecemos!
Bien fait et distrayant, à défaut d être très original. Les personnages sont pas mal, l intrigue se tient, avec un petit goût de trop peu, mais plaisant à lire.
Le livre se lit facilement et avec plaisir mais le scénario aurait pu être plus palpitant car les bons éléments sont présents. Un peu déçu mais j'encourage Sylvain Forge ! Son style est plaisant