Bamba, c'est le nom d'une chanson du 20e siècle, mais c'est surtout celui d'une adolescente du 21e, en colère contre la terre entière, à l'exception de ses deux meilleurs amis : Mozart, un jeune black surdoué des platines, et la Danse, sa passion et sa raison de vivre.Sur son chemin, elle croise Noah, un hasard beau comme un astre, qui lui laisse des regrets et un cadeau bien encombrant : Kylian, 3 kilos 650 et 52 centimètres à la naissance.Fuyant son père et sa grand-mère qui refusent de comprendre ses choix, lâchant le lycée avant le bac, elle quitte la ville pour la campagne, prête à assumer sa nouvelle vie de mère-célibataire et trouve refuge chez le vieux Paul, un veuf taiseux.Parviendra-t-elle à faire taire ses démons et à reprendre le contrôle d'une vie en roue libre ? Pourra-t-elle surmonter l'absence d'une mère, partie trop tôt, et enterrer la hache de guerre avec sa famille ?Un roman puissant sur le deuil, la solitude et l'amour
Bamba, c'est le nom de cette jeune fille, mère à 17 ans, qu'on apprend à découvrir. Au début, on ne l'aime pas. Elle m'énervait. Étant moi-même mère de deux très jeunes enfants, elle me fâchait. Ses décisions n'avaient pas de sens, elle était pleine de contradictions et insouciante. Je restais accrochée au roman surtout pour la plume d'Anne Loyer et de sa poésie. Puis, on apprend à apprécier la répartie de Bamba avec ses répliques assassines. Les chapitres à propos de son passé nous la font découvrir sous un nouveau jour. Il y a aussi une belle évolution psychologique du personnage ici. Pour les lecteurs du Québec, c'est un roman très "français", et il y avait beaucoup de mots que je ne connaissais pas! (panade, rubicond, cambouis, miasmes... tout ça dans le même chapitre).
Citation: - Et le père, maintenant, il est où? - Et moi, mon père? Il était où? La gifle. La main qui part toute seule. Le geste qui emporte l’épaule, le bras, la paume et le bruit qui claque comme une balle. Ça lui traverse plus que la joue, plus que la poitrine, ça lui coupe le souffle, et ça les rejette en arrière, ensemble, vers un passé plus vrai que nature. (p. 115)
Anne Loyer a un talent tout particulier pour créer de la douceur dans des milieux rudes, pour illuminer de l’intérieur des personnages qui n’ont pas une vie facile. À l’instar de Raphaël de Car Boy, Bamba (quel prénom, d’ailleurs, avec toute une histoire derrière) est une adolescente qui a bien du vécu et vient d’un milieu défavorisé dans lequel elle a dû se construire toute seule, à force de caractère et grâce aussi à l’amitié de Mozart, un petit génie de l’école qui lui offre un port d’attache émotionnel.
Une bien heureuse découverte. Avec des mots justes, un langage faussement familier, poétique et expressif, le récit nous attache à Bamba, qui fait face à sa jeune maternité et son passé difficile. Il y a beaucoup d’émotion autour de l’attachement maternel et le deuil d’une mère. Un livre fort et plein d’espoir.