S’inspirant librement des petites annonces d’hommes à la recherche d’hommes, telles qu’on pouvait les lire, il n’y a pas si longtemps encore, dans la presse gaie, et qui pullulent désormais sur des sites comme Gay411 et Grindr, Petites annonces dévoile l’intimité d’hommes anonymes, leurs attributs physiques, leurs orifices béants, leurs corps ruisselants de sperme. Leurs ignominies multiformes, leurs discriminations tous azimuts, leur homophobie intériorisée. Leurs désirs aussi, souvent inassouvis, parfois hors normes. Leur désir de toucher d’autres hommes, de les palper. D’être touchés. Aimés, peut-être. Adaptation libre du haïku japonais, les Petites annonces de Nicholas Giguère sont une plongée au cœur de tout un pan de la culture gaie au sein de laquelle sévissent de nombreuses formes de discriminations, qu’il ne faut plus passer sous silence : âgisme, grossophobie, rejet des hommes plus efféminés, misogynie. L’auteur décortique la quête sexuelle sur les sites et applications de rencontre et ses codes, ses rites, ses abréviations, moins connus du grand public, afin d’en mettre en lumière les enjeux cruciaux. Le texte de Nicholas Giguère est accompagné d’illustrations de Benoît Erwann Boucherot.
Nicholas Giguère est doctorant à l'Université de Sherbrooke. Il a publié des textes dans Boulette, Cavale, Le Crachoir de Flaubert, Les Écrits, Le Pied et Moebius. Son recueil Marques déposées a été publié aux Éditions Fond'Tonne au printemps 2015. Il a publié Queues chez Hamac en 2017.
Quel sens de l’observation! Et que dire de Nicholas et son sens d’humour ?! C’est génial . À lire à petites doses pour ne pas trop perdre espoir en l’être humain ... ou pas !
Ça fait maintenant depuis octobre 2024 que je catalogue des magazines LGBTQ de toutes sortes plusieurs fois par semaine pour les Archives gaies du Québec et que je lis donc, souvent juste pour voir s'il y en a et les noter dans le catalogage, les petites annonces dans les différents périodiques. C'est toujours un endroit fascinant, avec des petites annonces de toutes sortes, des plus "straight to the point" aux plus imaginatives et fantasmées (pas toujours positivement).
C'est en écoutant l'auteur en parler dans un vidéo que j'annotais pour mon autre emploi (https://youtu.be/C6uW4KSvl2M?si=mNHI7...) que j'ai réalisé qu'il fallait absolument que je lise ce livre dont j'avais entendu parler dans mon précédent emploi de libraire (et probablement même lu quelques extraits), mais auquel je n'avais pas accroché parce que je pense que je n'étais pas encore bien au courant de ces "petites annonces" dans les revues gaies et que je manquais probablement les références et outils qui me permettaient de les comprendre.
Maintenant que je comprends bien les références toutefois, je trouve ce projet de petites annonces fictives vraiment incroyable et bien travaillé. Si certaines sont beaucoup plus humoristiques que celles qu'on retrouve souvent dans les revues, elles montrent toutefois bien l'immense spectre de désir homosexuel qui effluve de ces revues et qui navigue dans ce recueil. Directes, indirectes, désirantes, qui s'essaient, discrètes, ouvertes, fétichisantes, accueillantes ; ces petites annonces marquent un monde gai en effervescence, bouillonnant de désir et d'envie, qui s'affichent de par leur singularité ou leur désir de conformité. On a vraiment une belle diversité de texte, même s'il n'est, peut-être, pas fait pour être lu d'une traite, j'aurais honnêtement pu le faire pour un long voyage. [Il faut toutefois un peu cacher des pages du livre par moment à cause des illustrations quand on est dans le métro, sinon, la brièveté des fragments fait en sorte que c'est vraiment dans les lectures parfaites de transport en commun si on est à l'aise d'y lire de petits textes érotiques].
Un très beau projet de texte, une très belle maîtrise du genre du fragment de la petite annonce. C'est quand même assez complexe, je pense, qu'à travers deux, trois petites lignes de texte, on peut créer chaque fois des univers et des personnages extrêmement complexes de la sorte et il y a en a des centaines du genre!! Ça me donne sincèrement envie de lire les autres œuvres de l'auteur à présent.
Suite à une rencontre avec l’auteur, je savais totalement à quoi m’attendre de ce livre. Le titre est petites annonces et c’est littéralement cela tout le long.
C’est sûr que je ne suis pas le public cible. Que sais-je à propos des relations H/H? Pas grand chose. 😅 Donc j’ai été déstabilisée c’est certain.
J’ai été aussi surprise de la longueur du livre. Le format petites annonces de 3-4 lignes se lit vite, mais ça vient rapidement redondant. Peut-être est-ce ça le but? Parce que les personnes qui naviguent sur ces sites trouvent cela redondant? Possiblement.
Je sais par contre que le travail de recherche qui a précédé l’écriture de ce livre a été très volumineux.
Je suis teeeellement déçu. C’est des petites annonces un point c’est tout. J’ai commandé ce livre en ligne. Si je l’avais feuilleté en magasin, je l’aurais malheureusement (ou heureusement) jamais acheté. J’aurais du mieux m’informer avant de compléter mon achat. Je m’attendais à des petites annonces oui, le titre le dit après tout, mais je m’attendais à ce qui est plus de chair autour. Une histoire reliée à la petite annonce.. une aventure.. n’importe quel blabla imaginable ! Là c’est 3-4 lignes et c’est fini on passe à la suivante. Bref, c’est vraiment pas pour moi ce genre de livre.
Nicholas Giguère est un poète: alors que pour ses deux premiers « romans », il utilisait le vers libre pour raconter une histoire, il effectue un semblable travail poétique sur des textes qui n’ont rien de poétique à la base, des petites annonces publiées sur des sites de rencontre. Pour créer la surprise et faire ressortir l’humour et l’absurdité de certaines annonces, il utilise des figures d’opposition et des contrastes de manière habile. Mais au final, une certaine monotonie se dégage de l’ensemble, l’ensemble manquant de relief.
J’aurais tant aimé apprécier davantage ces haïkus, surtout après le coup de cœur que j’avais eu pour Queues. Malheureusement, pour ce recueil, même si certaines pépites s’y glissent, il en demeure que, pris dans son ensemble, je sors de cette lecture plutôt lassé. Ça m’a semblé répétitif, même si cette redondance était peut-être l’objectif de l’œuvre. Je ne ressentais pas l’engouement à poursuivre ma lecture comme c’était le cas pour Queues.
Un peu répétitif, mais j'adore l'œuvre de Nicholas Giguère qui me permet des incursions bien écrites et pleines d'humanité dans un pan de l'univers homosexuel. Ses petites annonces sont parfois drôles, parfois douloureuses, remplies de désir et parfois de maladresses, toujours révélatrices du personnage qui en est "auteur".