« Tout cela a mis à mal ma féminité, ma construction en tant que femme. Je ne me suis pas laissée approcher par un homme durant tout le voyage, je refusais même une main tendu, préférant le salut les mains jointes. Il m’a fallu des mois après mon retour en France pour accepter qu’un homme pose de nouveau les mains sur moi. Des années pour me faire à l’idée que je n’étais plus une enfant. Je ne voulais pas devenir femme, je craignais de susciter du désir chez les hommes. Ce n’est que bien plus tard, à l’approche de la trentaine, que j’ai lâché prise et c’est venu tout seul. Un jour, je me suis réveillée et je n’étais plus une enfant. »
« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’errance a provoqué chez moi le besoin de m’enraciner quelque part, de construire quelque chose, de m’ancrer pour continuer à m’avancer. J’ai compris que j’avais besoin d’être libre, de rêver, de choisir, d’apprendre, de découvrir, de faire, de construire, de créer, de m’évader, mais aussi de me stabiliser. La tête dans les étoiles et les pieds sur terre. »