Trois couples de banlieue se réunissent à l'improviste autour d'une projection de diapositives de voyage. À la fin d'une soirée qui tourne en rond et dont les sujets de conservation atteignent souvent le vide de l'absurde, les voisins s'adonnent à une charade qui tourne cette fois au un des maris mime une défaillance cardiaque qui s'avère réelle.Claude Meunier et Louis Saia jettent un regard acide sur la vie de banlieue, son folklore matériel omniprésent et ses drames existentiels.
GEORGES. T'es tu bien? LAURETTE. Oui, oui... GEORGES. Sûre? LAURETTE. Sûre, sûre... GEORGES. Non mais, dis-le si t'es pas bien... LAURETTE, (un peu sèche, agacée). J'te l'dis que chus bien. GEORGES. Choque-toi pas... on est pas pour se chicaner pour ça, voyons? LAURETTE, (un peu mal). On se chicane pas non plus... GEORGES. Je le sais. (Puis avec le sourire.) C'est fragile l'amour, hein?
À mon humble avis, Les Voisins est l'un des plus importants textes du Québec à l'avènement de l'ère néolibérale, alors qu'une première génération atteignait l'âge adulte après avoir grandi dans l'univers dénué de repères spatiaux et temporels qu'est la banlieue nord-américaine. À défaut de lire la pièce, écoutez le film qu'on peut retrouver dans son intégralité sur YouTube.
Que de conversations vides et de malaises. Ces personnages ont profondément l'air malheureux et mal à l'aise avec leur propre personne. J'ai vraiment eu des fous rires à certains moments et de la pitié à d'autres.
HILARANT! Une critique de la vie de banlieue qui m’a fait rire fort à plusieurs reprises. Rarement j’ai autant apprécié là lecture d’une pièce de théâtre.
Je ne crois pas qu’il y ait quelque chose qui me fasse autant rire que cette pièce. L’incommunicabilité, la routine, la banlieue ; une excellente fenêtre absurde sur une généralité.
Pièce de théâtre humoristique, mais qui se perd dans l'humour de son époque. Une mise à jour du texte pour une représentation contemporaine serait presque obligatoire.
Les Voisins, un peu comme La Petite vie (l'oeuvre télévisuelle majeure de Claude Meunier), met en scène des personnages au prise dans une vie routinière et matérialiste qui comblent leurs vie vide de sens avec des passions ridicules. Mais si les personnages de La Petite vie sont d'un milieu modeste et urbain, ceux des Voisins évoquent la banlieue de classe moyenne. Ceux-ci taillent leur haies, bronzent dans le jardin, mangent des sandwich en jouant aux cartes ou à des charades dans le salon. Ils se complaisent dans ses conversations inutiles et dans des formules de politesse préfabriquées au lieu de vraiment communiquer entre eux. Pire : ils nous ressemblent. Car Claude Meunier possède un talent immense : il sait parodier des gens proche de nous, comme nous. On reconnaît nos propres voisins à travers ses personnages. Ils agissent comme nous, et on les reconnaît. Avec angoisse. On ignore si on doit rire ou pleurer devant leur inaction. Car ces personnages réalistes ont des problèmes personnels assez graves. Certains couples battent de l'aile, la santé d'un autre personnage décline, les dangers de la dépression se font sentir à chaque instant... Je pense que la plume de Louis Saïa (l'autre célèbre co-auteur de la pièce) intervient dans ces moments de médiocrité, où une haie de cèdre brisée peut devenir le Vietnam d'un personnage se raccrochant avec désespoir à cette clôture d'arbre, unique raison de vivre, devançant femme et enfants... Le moment où Jeanine réussit à résumer son voyage en Europe avec quelques photos de l'eau sale de la Seine, d'un avion et d'une vache me semble plutôt un moment d'écriture partagé à deux, vraiment en harmonie avec les deux plumes. Absurde, drôle... et triste. Ces gens ne savent même pas profiter de l'instant présent, et se raccrochent à des objets plus qu'à des moments... ou des personnes. Toutefois, certains personnages, à la fois plus et moins blasés que les autres, sont près d'une prise de conscience pas tout-à-fait assumée. Je parle de Laurette, consciente que l'ennui la tue à petit feu et de Suzy qui provoque sa mère dans le but de la faire réagir, de la sortir de sa catalepsie quotidienne.
On reconnaît aussi avec aisance la plume de Meunier derrière la plupart des dialogues, nous rappelant parfois La Petite vie, Ding et Dong ou encore Paul et Paul. C'est encore plus vrai dans le téléfilm de la pièce, où le texte est mis dans la bouche d'acteurs « habitués » de Meunier : Serge Thériault, Marc Messier ou encore Rémy Girard. Un téléthéâtre au budget très restreint, mais réussi, un classique, que je recommande aux fans (ainsi qu'aux amateurs des coupes de cheveux des années 1980).
Les voisins, une pièce d'une grande intelligence remplie d'humour et de douceur, qui montre des personnages qui n'ont rien à dire, mais qui le disent tout de même, dans le but d'oublier les silences et les introspections.
Lu pour un cours de littérature québécoise. Intéressant de voir à quel point la vie des banlieusards est non-intéressante, d'après les auteurs. C'est la première fois que je lis une œuvre entièrement écrite en Québécois! Pas facile comme experience!
La petit vie de banlieusard du Québec. Classic du théâtre québécois. Lut pour un cours de français ah Cégep. Personnellement je trouve la lecture de la pièce ennuyante, le voir sur scène est sans doute plus intéressant.
J'aime bien l'absurde et quelques passages m'ont fait sourire, mais ce n'est définitivement pas la meilleure oeuvre de Claude Meunier. J'ai trouver ce livre plutôt ennuyant... (une lecture pour le cours de français 4 du cégep).