(4/5, I really liked it)
La quatrième de couverture annonce «C’est une manière d’anti-polar où l’enquête consiste surtout dans la recherche existentielle, voire métaphysique, d’une solution au malaise croissant de l’enquêteur.»
Un anti-polar, c’est exactement ce qu’est le roman L’INSTRUCTION de l’auteur français Antoine Brea. En début de lecture, on se croit dans un intelligent roman policier à l’américaine, dans lequel un jeune juge d’instruction plonge dans une enquête laissée vacante par son prédécesseur, récemment suicidé. La curiosité a raison de son intérêt et le pousse à davantage creuser ce cas, celui d’un prisonnier liquidé alors qu’incarcéré pour actes sexuels envers un adolescent. En consultant les carnets personnels de l’ancien juge d’instruction, il découvre la piste sur laquelle ce dernier travaillait et décide d’aller au-delà de la conclusion retenue. Au fil de l’enquête, il rencontre divers individus impliqués de près ou de loin avec l’affaire. Ce qu’il croit découvrir le choque et conduit le lecteur vers une conclusion qui n’a rien du polar conventionnel, et encore moins du roman policier américain.
L’INSTRUCTION avance à pas comptés, mais ne cesse d’étonner. L’attention du lecteur demeure à la disposition de l’auteur, et ce malgré une légère confusion entraînée par l'abondance de personnages, surtout en second tiers. C’est très bien écrit: à la fois intelligent, crédible et sensible.
Je recommande chaleureusement ce livre, cet anti-polar.
« Les tonalités du visage étaient certes plus grises, les chairs plus molles, plus distendues, les cheveux ramenés en arrière devenus d’un blanc plus envahissant, mais les progrès de l’âge ou de la maladie ne lui avaient pas repris son drôle de sourire en barre, son expression défiante, l’éclat vert oriental de ses yeux, en un mot son magnétisme. »