En 1632, dans la petite ville de Loudun, mère Jeanne des Anges, supérieure du couvent des Ursulines, est brusquement saisie de convulsions et d'hallucinations. Elle est bientôt suivie par d'autres soeurs et les autorités de l'Eglise les déclarent « possédées ». Contraints par l'exorcisme, les démons logeant dans leurs corps désignent bientôt leur maître : Urbain Grandier, le curé de la ville.
L'affaire des possédées de Loudun, brassant les énergies du désir et les calculs politiques, les intrigues religieuses et les complots judiciaires, a inspiré cinéastes et essayistes. Frédéric Gros en fait le roman d'un homme : Urbain Grandier, brillant serviteur de l'Eglise, humaniste rebelle, amoureux des femmes, figure expiatoire toute trouvée de la Contre-Réforme. Récit d'une possession collective, le texte étonne par sa modernité, tant les fanatismes d'hier ressemblent à ceux d'aujourd'hui.
Frédéric Gros, pour Possédées, fait partie des 12 auteurs sélectionnés pour le Prix Stanislas.
Frédéric Gros, né le 30 novembre 1965 à Saint-Cyr-l’École est un philosophe français, spécialiste de Michel Foucault. Il est professeur de pensée politique à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po)
Βυθιζόμαστε στην χριστιανική κοινωνία του 17ου αιώνα, συγκεκριμένα στην μικρή πόλη Λουντέν της Γαλλίας, η οποία ταράζεται συθέμελα απο θρησκευτικούς πολέμους, φανατισμό, ίντριγκες μεταξύ τοπικών αρχόντων στο όνομα της εξουσίας, σκοταδισμό, πολιτική εκμετάλλευση της εκκλησίας, και ανθρώπινα πάθη.
Μεταξύ 1623-1634 το Λουντέν γίνεται το σκηνικό όπου θα παιχθεί το θέατρο ενός πολέμου εξουσίας στο όνομα του θεού και της θρησκευτικής μεταρρύθμισης.
Προτεστάντες, καθολικοί, εκπρόσωποι του βασιλιά, υπήκοοι της εκκλησίας, τοπικοί ηγέτες, και απλοί κάτοικοι, συμμετέχουν ως δράστες ή ως μάρτυρες, σε μια παράσταση εκδίκησης και συμφέροντος, στο όνομα της αιμοδιψούς πίστης προς το θεό της αγάπης.
Στην πόλη του Λουντέν, η Ιωάννα των Αγγέλων, ηγουμένη της μονής των ουρσουλινών, παρουσιάζει σημάδια «δαιμονισμού» που σιγά σιγά εξαπλώνεται σαν μάστιγα και στις υπόλοιπες μοναχές της μονής.
Ο σατανάς όρισε κάποιον ως εκπρόσωπο του με σκοπό να εισβάλει στο άβατο του μοναστηριού και να ικανοποιήσει σεξουαλικά τις άχραντες καλόγριες.
Στην ουσία οι νεαρές κοπέλες παθαίνουν μια ομαδική υστερία ερωτικής φαντασίωσης που δεν προκλήθηκε απο το σατανά αλλά απο την καταπιεσμένη σεξουαλική τους φύση. Φυσικά, σε εκείνη τη σκοτεινή εποχή οι εξορκιστές της εκκλησίας αναγκάζουν τους δαίμονες της λαγνείας να αποκαλύψουν τον Κύριο τους και να ελευθερώσουν τα ακόλαστα σώματα των μοναχών απο την ηδονή.
Ο δαιμονικός μάγος και εκπρόσωπος του σατανά αποκαλύπτεται και είναι ο εφημέριος της πόλης, Υρμπαίν Γκραντιέ. Ο νεαρός ιερέας είναι αφοσιωμένος στο καθήκον του, μορφωμένος, γοητευτικός, αρρενωπός, λαμπρός ρήτορας και λάτρης των γυναικών. Αυτή η σπουδαία προσωπικότητα προκαλεί με το κύρος της γνώσης του και την ανεκτική του συμπεριφορά προς όλους τους πιστούς, αντικρουόμενα συναισθήματα. Οι άνδρες τον φθονούν και τον μισούν, οι γυναίκες τον θαυμάζουν και τον αγαπούν.
Στην κατάλληλα ευκαιρία της ομαδικής παραίσθησης, της επιτηδευμένης συλλογικής έκστασης απο την ύπαρξη δαιμονίων στις αγνές γυναίκες, η στοχοποίηση βρίσκει κέντρο στην ψυχή του Γκραντιέ. Είναι ο σατανάς προσωποποιημένος.
«Οι πραγματικοί χριστιανοί, οι καλοί καθολικοί που αγαπούσαν τη Γαλλία, πρωτότοκη κόρη της Εκκλησίας, που λάτρευαν την οικογένεια και τα κυριακάτικα πρωινά, θεωρούσαν ότι καλώς είχε η ευημερία των επιφανών, η μιζέρια των ασήμαντων ανθρώπων, και η δυστυχία όσων δεν σκέφτονταν σαν αυτούς».
Η κλίκα των δικαστικών και θρησκευτικών φορέων του σκοταδισμού καταφέρνει να πείσει τον κόσμο πως ο ιερέας που υπέγραψε συμφωνία με το διάβολο πρέπει να πεθάνει με παραδειγματικό τρόπο. Τα κίνητρα τους άπληστα, η συνείδηση τους βαθιά ανύπαρκτη. Ο ιερέας καίγεται ζωντανός μετά απο φρικτά βασανιστήρια, το πλήθος που είχε συναινέσει σιωπηρά στην καταδίκη του τον αναγνωρίζει ως μάρτυρα του Θεού.
Μέχρι την τελευταία σελίδα είχα την ελπίδα πως θα αλλάξει το πεπρωμένο και το αποτέλεσμα της ιστορίας, παρόλο που εξ αρχής ο αναγνώστης γνωρίζει το τέλος.
♫ Possédées, nous étions toutes possédées ♪ Avoir envie de s'auto-flageller ♫ Et à des bites rêver ♪ Possédées ♪
Le sexe de nos religieuses serait-il devenu l'enfer ? Oui, parce que Satan l'habite (je n'ai pas pu résister au jeu de mot).
Enfin, c'est ce qu'il paraît parce que ce roman, je l'ai survolé de très haut, sautant les phrases et n'arrivant à m'agripper à rien.
Une lecture en travers, voilà comment je désignerais ce que je viens de faire, ne m'arrêtant que sur certains passages, et même eux n'étaient pas intéressants.
Mea culpa, j'ai péché ! Mon père, donnez-moi l'absolution parce que j'ai commis le péché de lecture en diagonale.
Et si vous ne me pardonnez pas, alors, excommuniez-moi, déclarez-moi hérétique, je m'en fous, parce que de toute façon, rien de rien, non, je ne regrette rien.
Si ce n'est de m'être laissée tenter par un résumé aguichant, intéressant, intriguant…
Anybref, une lecture qui ne restera pas dans mes annales (avec deux « n » s'il vous plait, bougre de petits cochons) et niveau bonnes soeurs, ma préférée restera toujours Soeur Marie-Thérèse des Batignolles.
Une lecture à oublier et un livre à bazarder au plus vite.
Ma copinaute Bianca a adoré sa lecture, elle. Voyez son avis, pour avoir une autre opinion que la mienne.
Frédéric Gros, né le 30 novembre 1965 à Saint-Cyr-l’École est un philosophe français, spécialiste de Michel Foucault. Il est professeur de pensée politique à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po). Dans ce récit romancé, Frédéric Gros revisite l'affaire des démons de Loudun, cette chasse aux sorcières lancée par le Cardinal de Richelieu dans les années 1630 contre le prêtre catholique Urbain Grandier.
Difficile de revenir plus amplement sur cette affaire de diablerie de Loudun qui, en son temps, a provoqué un défoulement des foules venus de divertir du spectacle public des exorcismes et suscité une littérature polémique sans égale. Tout a été dit et c'est d'ailleurs parce que je connaissais l'affaire des Possédées de Loudun, et surtout son dénouement, que le roman de Frédéric Gros m'a semblé parfois un peu trop théâtral et se cantonner à un romanesque un peu facile...
Il n'empêche que, pour qui ne connaîtrait pas le destin de ce prêtre un peu trop séduisant et cultivé, l'hystérie collective de ces sœurs Ursulines, brusquement saisies de convulsions et d'hallucinations, a de quoi faire frémir ! Frédéric Gros offre une très belle reconstitution historique d'une petite ville de province, divisée entre Huguenots et Catholiques, qui va rapidement se sentir dépassée par les enjeux et les affrontements qui s'y déroulent... Brassant les énergies du désir et les calculs politiques, les intrigues religieuses et les complots judiciaires, l'auteur fait de Possédées le roman d'un homme devenu la figure expiatoire de toute trouvée de la contre-réforme.
Parce qu'il est soupçonné d'être trop proche des Protestants, parce qu'il prône le mariage des prêtres et n'hésite pas à prendre amante parmi ses ouailles, Urbain Grangier s'est attiré l'inimitié d'un grand nombre de ses paroissiens. Le procureur du roi, notamment, lui voue une haine farouche depuis qu'il a engrossé sa fille mais c'est surtout le Cardinal de Richelieu qui, au nom de la raison d'Etat, causera le plus de tort à Urbain Grandier. Déterminé à soumettre les villes protestantes et à affirmer la souveraineté de son Roi très chrétien, Richelieu se servira de ces prétendues possessions pour manipuler les foules et redorer le blason de l'Église.
«Les vérités avec lesquelles nous gouvernons, Monsieur, ne se tiennent pas dans l'intimité muette des consciences. Ce sont des spectacles.»
En mêlant les différents points de vue, Frédéric Gros réactualise cette ténébreuse affaire d'Église et d'État qui, en son temps, a défrayé la chronique. Sur fond de croyances occultes, d'exorcismes effrayants et de tortures sophistiquées, Possédées plonge le lecteur dans le Loudun du XVIIème siècle et redonne vie à tout un horizon de croyances qui n'est pas sans rappeler l'obscurantisme de ceux qui, de nos jours, agissent au nom d'une foi sanguinaire...
Un récit qui se passe au XVIIe siècle mais qui est extrêmement actuel dans ses messages. Les bourreaux d’aujourd’hui n’ont rien à envier aux bourreaux d’hier si ce n’est leurs armes. La rumeur, l’envie de détruire et de voir souffrir sont autant de glaives pour faire taire un homme simplement normal. Une belle lecture pour moi qui m’attendais juste à un roman fantastique, je suis tombée sur un récit qui fait réfléchir...
Un livre d’une lecture très agréable qui m’a donné envie d’en apprendre plus sur l’épisode de Loudun.
J’ai cependant été assez déçue que le roman lui-même m’en apprenne aussi peu, se contentant à mon avis d’une description extérieure et assez superficielle des faits.
Le parti pris narratorial d’accuser Jeanne des Anges et de faire de Urbain Grandier comme un martyr de la politique et de la lubie de femmes frustrées est également assez réducteur à mon sens. J’aurais notamment aimé lire une analyse plus profonde sur les mécanismes de répression religieuse et sociale aux origines de l’événement.
En revanche, j’ai beaucoup apprécié les passages sur la relation avec Maddalena que j’ai trouvés beaux et pleins d’espoir – avant la fin tragique que l’on connaît – puisque Urbain Grandier, sarcastique et manipulateur, découvre enfin un amour pur et sincère.
Ce roman se lit facilement mais ne m'a pas convaincue plus que ça. Certes il est documenté et détaillé mais je n'ai pas réussi à sentir les personnages qui sont, pour moi, sont restés en 2D, en papier. Le style et la narration au présent ne m'ont pas convaincue non plus et ont eu l'effet inverse sur moi. Selon moi, la plus grande force de ce roman c'est le fait divers en lui-même, étonnant, fascinant, surprenant. Je pense que j'aurai préféré voir ou revoir une émission d'histoire de Decaux ou Ferrant à propos des possédées de Loudun...
Très emballée par le début du récit puis déçue par la suite... Cependant c'est un roman intelligent, la lecture est fluide, très moderne tant l'obscurantisme et le fanatisme d'hier ressemble à ceux d'aujourd'hui