"J'avais huit ans en 1940. Je me souviens de ce temps-là, de notre peur. Je me souviens aussi d'une petite fille qui s'appelait France. C'est d'elle que je voulais parler, de notre pays dont elle porte le nom. Mais un roman naît du hasard. Un jour, consultant les carnets de guerre de Rommel, j'ai lu qu'en mai 1940, alors que le général allemand s'enfonçait avec son armée dans la France vaincue, un officier français, un héros anonyme, avait refusé de se rendre. Qu'il avait accepté, malgré la débâcle, de mourir. Cet officier, je l'ai nommé Charles de Lignères. Et j'ai voulu dire pourquoi il avait choisi, dans la défaite, le sacrifice. J'ai cherché et raconté ce qu'il était, sa famille, ses idées, ses amours, et même - parce que le futur aussi éclaire - qui étaient ses enfants, les choix qu'à leur tour ils avaient faits. Et c'est alors que j'ai à nouveau rencontré France, la petite fille. Car tout se tient, tirez un souvenir, un autre suit. Faites surgir une vie, dix autres s'avancent. Autour de Charles de Lignères, autour de France, tous sont venus : frères, épouses, rivaux, fils, me raconter. Me parler de la France et de cette petite fille encore, au nom de France." M.G.
Max Gallo was a French writer, historian and politician.
The son of Italian immigrants, Max Gallo's early career was in journalism. At the time he was a Communist (until 1956). In 1974, he joined the Socialist Party. On April 26, 2007, the French Academy recorded his candidacy for its Seat 24, formerly held by the late Jean-François Revel. He was elected to the French Academy on 31 May 2007.