Plus j'y goûte, plus je mangerais juste ça, de la liberté. En canne, en tranches, en bouilli. À toutes les sauces. Qu'on m'enferme encore et je crève, je le jure.Montréal, 1988. Jeanne Fournier sort de centre d'accueil et rêve d'écriture et d'évasion. Sur un coup de tête, elle envoie un manuscrit autobiographique à une maison d'édition et s'enfuit en Europe, seule et sans bagage. Le mur de Berlin est encore debout, l'auto-stop est à la mode, les cellulaires et les réseaux sociaux n'existent pas : se couper du monde est encore possible.Dans ce roman qui mêle le journal de voyage à un récit familial lucide et touchant, Marie Larocque nous entraîne à la rencontre d'une galerie de personnages étranges et attachants, parfois cruels, mais toujours humains et furieusement romanesques.
Marie Larocque est traductrice, écrivaine et nomade. Finaliste du Grand Prix littéraire Archambault et du prix France-Québec pour son premier roman, Jeanne chez les autres (Tête première, 2013), elle est l'auteure chez VLB de Mémé attaque Haïti (2015) et de L'autre Jeanne (2017).
Jeanne est issue d’une famille populaire un peu spéciale, prédestinée à ce qu’un souper au Pacini soit un fait saillant culturel dans sa vie, mais elle n’a jamais été du genre à attendre tranquillement que le sort la pétrifie sur place. Elle a rédigé un roman, sans trop d’attentes, et est partie sur un coup de tête en Europe, sans bagages, sans attendre de nouvelles des éditeurs. Comme elle vient tout juste d’avoir dix-huit ans, c’est un voyage initiatique où elle se découvre, et où elle se rend compte que les possessions matérielles ne l’intéressent pas.
Une ode au minimalisme donc, à la fois métaphysique et humoristique, qui s’attarde peu aux objets, mais où les émotions sont vives. Larocque possède une voix unique et bohème, et tire son inspiration de sa propre vie, n’ayant aucun domicile fixe et voguant au gré de ses impulsions.
Quel excellent livre. Quelle plume authentique! Jeanne est un personnage coloré, mais ô combien sincère. J'ai adoré l'histoire familiale pleine de travers, le vocabulaire familier. Un moment de lecture agréable.
Mon 3e livre de Marie Larocque. Elle nous amène dans de fascinants environnements sociaux et familiaux qu'on prèfère garder à distance de livre. Une écriture efficace qui ne gaspille aucune phrase, aucun mot.
Jeanne a tout juste 18 ans. Elle vient de terminer la rédaction d’un roman qu’elle a fait parvenir à quelques éditeurs et elle embarque dans un avion, direction l’Europe, sans bagage ni date de retour, laissant sa famille dysfonctionnelle derrière elle au Québec! Après quelques années passées en centre d’accueil, Jeanne est en quête d’identité et de liberté. ⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ Ce roman était ma première introduction à la plume de Marie Larocque et j’ai bien aimé cette rencontre! L’histoire nous est raconté par l’alternation entre le journal de Jeanne en Europe et la narration par les membres de sa famille, qui nous font découvrir différentes facettes de Jeanne. On finit par apprécier Jeanne et les membres de sa famille au fil des divers passages. Sur un point plus personnel, je me serais passée des dialogues en joual mais ça ajoute de l’authenticité à cette famille pleine de secrets. ⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ Ce roman était une belle découverte et m’a fait passer un bon moment de lecture. Après avoir refermé mon livre, j’ai appris qu’il existait un autre roman mettant Jeanne en vedette et qu’il a été publié avant celui-ci. Je vais tenter de me procurer Jeanne chez les Autres et découvrir qui elle était lorsqu’elle était enfant. Je vous en reparle lorsque je l’aurai lu!
À Montréal, en 1988, Jeanne sort d’un centre d’accueil avec des envies de liberté et d’écriture. Avec un aller simple, elle part pour Paris et l’aventure, laissant derrière une famille pour le moins dysfonctionnelle. Lecture agréable, mais j’ai trouvé ça nettement moins flamboyant que le laissait présumer le résumé.
Trouvé dans une boîte a livre a Lille - gare St sauveur, lu sur place, fini en 3h30, remis en boîte a livre. Les livres écrits en québécois compréhensibles pour les français sont bien rigolos avec leurs expressions crisse poche esti moé etc. C'est une espèce de Christiane F. qui va se faire un road trop de 6 mois en Europe elle fait la manche se trouve des mecs etc. Bien
En décembre dernier, j’ai découvert Jeanne chez les autres et Marie Larocque grâce à la réédition du roman chez No de série. C’était aussi le choix de notre groupe du samedi de notre club de lecture et ce fût vraiment une lecture appréciée par les membres, et par moi aussi! J’ai rapidement été charmée par la petite Jeanne, par sa famille toute croche, mais surtout, j’ai été éblouie par l’écriture de Marie Larocque. Sa plume est extrêmement orale, tellement qu’on entend les dialogues en les lisant, ce qui est un talent des plus chers et importants comme auteur-e, à mon sens.
Ce printemps, Marie Larocque nous offrait L’autre Jeanne et ce, plusieurs années après la parution de Jeanne chez les autres, qui était en 2013. Sans le vendre comme une suite, on y découvre les mêmes personnages que dans Jeanne chez les autres qui quant à lui, devient le premier roman écrit par Jeanne. Du nom de Marie chez les autres dans le roman, on y décèle clairement un jeu de mise en abîme entre l’auteure et ses deux romans. Qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Aucune importance parce qu’on se laisse encore entraîner de plein fouet par la sublime narration dans L’autre Jeanne.
On retrouve Jeanne, jeune adulte qui décide de prendre un billet d’avion pour la France, parce qu’il y avait un bon spécial. Tout simplement. Jeanne est habitée d’un désir de liberté, de découverte et veut aussi s’éloigner de sa famille de fou. Elle n’en peut plus d’être une simple caissière et décide de vivre sa vie, comme elle l’entend.
Voyager pour mieux se retrouver
C’est à travers de nombreuses expériences de voyage en France, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, que Jeanne nous revient avec le plus de force ; dans son caractère d’entêtée, par son franc parlé, par sa vision si libre et chaotique de la vie. On rit beaucoup dans L’autre Jeanne, autant par les pensées de Jeanne que par les situations dans lesquelles elle se plonge. Cette dernière n’aura pas le moindre sous, donc mendiera chaque jour pour avoir les sous quotidiens pour survivre. Elle fera aussi la rencontre de nombreuses personnes, bonnes et moins bonnes, qui viendront, à leur façon, l’aider à survivre, à avoir de la nourriture et parfois, un toit.
Rien de facile dans la vie familiale de Jeanne, de sa mère, sa marraine et ses sœurs. Une famille démunie, pleine de secrets, de noirceur, mais qui jamais ne baisse les bras. On suit, parallèlement au voyage de Jeanne, l’histoire quotidienne de sa famille et plus précisément de sa mère, Elizabeth, qui s’inquiète beaucoup pour sa fille partie dans les Europe. Il y a aussi le père, un joueur compulsif qui a profité et manipulé tous ceux qui l’entouraient.
Publié chez VLB, le roman se divise en différentes narrations ; il y a le journal de Jeanne qui nous donne sa version des faits, toujours colorée, et il y a la narration extérieure qui nous fait voir les autres facettes des événements racontés par Jeanne.
Écrire pour devenir quelqu’un
Jeanne tente sa chance et décide d’envoyer son manuscrit dans les maisons d’édition. Ce sera aussi un peu grâce à sa mère qu’elle réalisera ce rêve d’être enfin quelqu’un, d’être écrivaine. Son manuscrit Marie chez les autres racontant son enfance dans les centres jeunesse, ses nombreux déménagements et ses problèmes familiaux, sera publié et c’est ce qui fera revenir Jeanne chez elle, au Québec.
Dire que j’ai aimé ce roman est peu dire. Je l’ai lu avec avidité, rapidité et le sourire agrippé au visage. Rares sont les auteures qui me semblent si authentiques dans leur façon d’écrire. La voix de Marie Larocque s’entend dans ses romans et fait que ses personnages sont plus vrais que nature. Ils prennent vie au fil de leurs dialogues colorés, de leur vie poquée et de leur sincérité.
Ce n’est pas nécessaire, à mon avis, d’avoir lu Jeanne chez les autres pour apprécier celui-ci, toutefois je pense que de l’avoir lu, aura rendu ma lecture plus profonde et m’aura permis de mieux voir les ficelles qui les relient l’un et l’autre.
Un roman à lire à haute voix, à déclamer, juste pour entendre toute la musicalité et la poésie de l’écriture de Marie Larocque.
Avez-vous déjà lu Jeanne chez les autres ? Pensez-vous lire L’autre Jeanne?
Le Fil Rouge tient à remercier les Éditions VLB pour le service de presse.
Pour voir la chronique complète: https://au-boulevard-du-livre.blogspo... ......................... Marie Larocque nous sert ici un personne authentique, rafraîchissant qui nous amène d'un coin à l'autre de l'Europe.
Outre Jeanne, l'auteure met sur notre route des personnages qui ont une personnalité aussi colorée que leur langage. Ce dernier est typiquement québécois, agrémenté de quelques sacres, mais sans exagération. Le joual m'a étonnamment fait du bien. C'est un petit livre qui nous fait plaisir à lire sans se casser la tête.