1997. Petite station balnéaire des Landes. Jonathan, dix ans, vient d’être kidnappé. On le retrouve une semaine après sur une aire d’autoroute. Sa mère peine à le reconnaître : bien des choses ont changé en lui, la plus déroutante étant l’apparition d’une vertèbre supplémentaire…Morgane Caussarieu revisite les années 1990 comme Stephen King le faisait avec Ça pour les années 1960.Entre Stranger Things et un Chair de poule pour adulte, culture horrifique débridée et métaphore sur la transformation du corps et la sexualité, elle signe son livre le plus ambitieux.
L’histoire de Vertèbres commence alors que le petit Jonathan, 10 ans, a été enlevé par une femme étrange dans son petit village des Landes. On finit par le retrouver une semaine plus tard, mutique, amaigri, et avec une vertèbre supplémentaire… ⠀ J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman mais je préfère tout de suite vous dire qu’il n’est pas pour tout le monde. Si vous avez lu Carne de Julia Richard (à lire absolument), c’est un petit peu dans la même lignée malgré des thématiques très différentes. ⠀ Si la couverture n’était pas un indice suffisant, il s’agit ici d’un roman horrifique qui va parler de loup-garou, en tout cas de prime abord. C’est parfois assez cru, certaines scènes peuvent être très violentes et sanguinolentes, pourtant je peux vous l’assurer, l’aspect horrifico-fantastique est la partie mignonne du roman ! J’ai souvent été mal à l’aise pendant ma lecture, parfois même angoissé, grâce à la façon dont l’autrice aborde la psychologie de ses personnages. C’était assez glaçant par moment. ⠀ L’énorme point fort du roman vient en tout cas de la double narration que j’ai adoré. On ne suit pas le petit Jonathan dont parle le résumé mais deux personnages qui gravitent autour de lui. D’abord, la petite Sasha, (à peu près) 10 ans, qui écrit dans son journal à la première personne. Elle parle avec une certaine naïveté attendrissante tout en disant des choses parfois affreuses mais cohérentes avec l’éducation douteuse qu’elle reçoit. On suit en parallèle Marylou, la mère de Jonathan qui se parle à la deuxième personne. C’est ce personnage qui génère le plus de malaise. Cette mère qui aime peut-être un peu trop son fils, trop protectrice, trop présente, et toujours dans le contrôle. ⠀ Ce roman c’est aussi un retour dans le passé (ça se passe en 1997) qui plaira énormément aux gens de ma génération. L’histoire est bourrée de références pop-culture de l’époque qui rappellent plein de bons souvenirs (comment ai-je pu oublier le chocolat Merveilles du monde ? 😱😍) même si l’incorporation de ces références manquait parfois un peu de subtilité. ⠀ Sur le fond, beaucoup de thématiques fortes sont abordées dans ce roman : la puberté, le rapport au corps, la sexualité ou encore la parentalité. On aborde aussi la question de la dysphorie de genre d’une certaine manière, même si je ne suis pas persuadé qu’on puisse véritablement parler de transidentité dans ce contexte (mais je ne peux pas tellement développer plus sans spoiler). Vous pouvez vous douter que ces thématiques sont associées à pas mal de trigger warnings. ⠀ En tout cas c’était mon premier roman de Morgane Caussarieu et je doute que ce sera le dernier. J’ai tout de suite été emporté par la plume, à la fois crue et sensible, et j’ai vraiment adoré cette histoire. Je vous conseille vraiment cette lecture si vous n’avez pas trop peur d’être un peu remués par cette histoire.
Je ne sais pas vraiment quoi penser de ma lecture ! En soit il se lit vite et je suis d'accord avec les comparaisons à un roman chair de poule pour adulte, le thème du loup garou est pas mal. Les références de pop culture fin années 90 début 200p étaient aussi très sympa mais parfois un peu trop présentes peut-être. Pour moi ça aurait pu se faire sans les viols et agression. J'ai quand même aimé qu'on suive un garçon trans de 10 ans en personnage principal, et la mère du garçon disparu/loup-garou était spéciale quand même. Pas sûre de quoi penser sur la façon dont l'obésité et la santé mentale sont abordée dans le roman.
Bref d'un côté c'était une lecture qui m'a bien accrochée et de l'autre j'ai pas non plus forcément 100% adoré.
Vertèbres est une lecture coup de coeur. Un pur roman horrifique au feeling nostalgique qui respire bon les années 90 et nous évoque les oeuvres mythiques de body horror comme celles qui nous parlent de gamins un peu paumés face aux monstres. C’est captivant, l’ambiance est très réussie et le traitement des métamorphoses et de l’opposition enfants/adultes dysfonctionnels sont très réussies. Un pur régal qui colle parfaitement à la période.
Trop forte ! Deuxième livre que je lis de l’auteure. Les personnages sont bien construits. On rentre rapidement dans l’histoire. Le backgroung est plein de références de toutes sortes. L’horreur est tres bien traité et porte de manière habile les questions de la puberté, l’acceptation de son corps, la maternité, etc.
Je sais pas si j'aurai la motivation pour écrire une chronique plus fournie. J'en ai juste ras le bol de voir des viols partout. Voilà. Les 2 étoiles sont pour la plume de l'autrice qui est malgré tout addictive.
Sur la 4ème de couv on peut lire "Entre Stranger Things et un Chair de poule pour adulte" et si j'ai trouvé l'inspiration Chair de Poule plaisante pour le côté prenant même si un peu téléphonée, l'inspiration Stranger Things se révèle dans ce qu'elle pouvait hélas avoir de plus négatif.
A l'image de la série, le livre copie la même surabondance de références souvent peu naturelles, un genre de fan service dont je n'arrive pas à savoir s'il a vocation à être nostalgique pour des personnes comme moi ayant grandie à la même époque (j'avais juste 2 ans de plus que Sasha en 97) OU plutôt à être une carte postale d'époque pour des personnes plus jeunes. A plusieurs reprises, je me suis vue sortie du récit parce "ça va, on a compris, c'est les années 90..." et ça ne sert pas le propos.
En dehors de ça, le double point de vue est super intéressant, les thématiques aussi même si sincèrement le traitement est quand même maladroit à plusieurs reprises (que l'on peut excuser/expliquer parfois par étant le point d'un enfant, mais bon.).
Je déplore juste le manque de subtilité globale. Et en vrai je pense que Morgane Caussarieu s'en fout pas mal de la subtilité et c'est ok, mais je le saurais si jamais je m'attaque à un de ses prochains livres!
J'ai ADORÉ ! ♥ Ce roman reprend le thème du loup-garou, que j'adore, et a réussi à me surprendre, ce qui est vraiment cool. L'écriture aussi m'a surprise, dans sa construction et sa narration, mais pour un résultat très efficace. J'ai dévoré l'histoire en deux jours, c'est passé tout seul et j'ai passé un vrai bon moment. L'histoire ne fait pas peur du tout, mais je pense que ce n'est pas du tout le but : au contraire, on se retrouve à tourner les pages un peu pris d'une curiosité morbide, en se demandant jusqu'où toute cette situation va mener. Et toutes les références aux années 90s, vraiment trop chouette.
C'est donc avec Vertèbres que je découvre Morgane Caussarieu et je suis ultra heureuse de cette découverte, je n'ai que trop hâte de lire ses autres romans !
3,5/5. un chouette petit pulp d’horreur qui se lit très bien! c’est effectivement du Chair de Poule pour adulte, qui alterne deux POV : celui d’une mère abusive et celui d’un garçon trans de 10 ans dans une famille dysfonctionnelle. c’est en plein sur la vague Stranger Things mais à la française avec des tonnes de références aux années 90 (parfois un peu too much) et aux petits villages de campagne française. c’était fun à lire et j’aimerais que la littérature française ressemble plus à ça honnêtement. (TW violences domestiques, viols, transphobie)
Clairement il s'agit d'un chair de poule pour adulte, j'ai donc adoré. J'aurais aimé encore un tout petit peu plus de noirceur, cela était possible, mais avec un risque de basculer dans l'horreur glauque. Alors c'est très bien comme ça ! Une bonne lecture doudou horrifique.
Je commence par le positif parce que ça va être le plus rapide : j'ai beaucoup aimé que l'histoire se passe dans un petit village côtier hors saison touristique. Il y a un truc dans l'ambiance qui était vraiment intéressant et qui convoque pas mal d'images de mon enfance (j'ai vécu quelque temps dans des bourgs de campagne un peu morts). Et j'ai aussi aimé la partie horrifique en tant que telle : je suis grave cliente du body horror, donc ça ne m'a absolument pas dérangée, au contraire, j'ai trouvé ça malin d'y aller graduellement pour faire monter la tension.
Mais ensuite, ça se gâte.
L'autrice fait le choix d'utiliser deux points de vue : le premier, à la première personne du singulier, est celui d'un petit garçon trans de dix ans, et il nous écrit son journal. Il a grandi dans un village des Landes, qui voit sa population tripler l'été, et il vit dans un foyer dysfonctionnel. La mère est absente, le père c'est tout comme, et il vit avec son grand-frère avec qui les relations sont... conflictuelles. Au départ, on se dit que ce n'est pas plus conflictuel que dans n'importe quelle fratrie, mais au fur et à mesure du roman, on se rend compte que non, ça va bien plus loin. Bref, ç'aurait pu être tout à fait intéressant si... le personnage avait réellement écrit et "parlé" comme un gamin de dix ans ? Là j'ai trouvé ça complètement surjoué, vraiment le cliché du récit écrit par une adulte qui a oublié comment on était à cet âge. Et c'est sans compter les références aux années 90 toutes les trois pages. Je suis une enfant des années 90, et vraiment je ne me souviens pas, à aucun moment, avoir ajouté des références de pop-culture à chacun de mes propos. On vivait dedans, on n'avait pas besoin de l'expliquer et d'en faire des tonnes. Pour moi, c'était surtout une manière pour l'autrice de faire un clin d'oeil aux millenials qui pourraient la lire (même si en fait de clin d'oeil on en est plutôt au niveau du stromboscope à ce stade), et ça tombe complètement à côté. C'est super coton d'écrire les enfants, 99% du temps (statistique sortie de mon chapeau) c'est mal fait, et ici ça ne déroge pas à la règle.
Le deuxième point de vue n'est pas moins casse-gueule, parce qu'il est narré à la deuxième personne du singulier, un exercice de style très difficile à mettre en place, et nous fait plonger dans la tête de la maman du petit garçon disparu. Je sais pourquoi l'autrice a choisi cette personne. Je pense que c'était pas son meilleur choix, et qu'elle aurait pu avoir autant (sinon plus) d'impact, avec une autre focalisation. J'ai levé aussi très fort les yeux au ciel, puisqu'on utilise encore un trouble mental super rare pour faire de l'horreur. Ça participe énormément à la stigmatisation des personnes atteintes de troubles psy, et il y a littéralement un imaginaire suffisamment débordant pour qu'on arrête d'avoir recours à ce genre de procédé, à mon humble avis.
Et enfin, je suis ultra énervée car encore une fois, on utilise des agressions sexuelles dans un livre horrifique alors qu'il n'y en avait PAS besoin. Je sais que ça peut être cathartique, et je n'enlèverai jamais ce pouvoir de guérison à quelqu'un, mais de grâce, faisons attention quand même à comment c'est utilisé comme ressort narratif ; c'est pareil, ça renforce l'idée que les agressions sexuelles sont forcément monstrueuses, et c'est très loin de la réalité. Dans la tête des gens, agresseur = monstre, alors qu'en fait non, c'est bien plus pernicieux que ça, justement. Plus de 80% des viols sont perpétrés par un homme de l'entourage proche, ça veut dire les conjoints, les pères, les oncles, les cousins, les amis... on est loin des clichés véhiculés sur les soi-disant "détraqués" qui profitent d'une ruelle sombre. Les agressions sexuelles sont des mécanismes de domination et notre problème aujourd'hui (de tout temps en fait, mais encore aujourd'hui) c'est qu'elles sont perpétrées en toute impunité : il n'y a aucun trouble psychique impliqué là-dedans, mais tout un système qui protège les agresseurs. Dans ce roman en question, il y en a une que je "pardonne" dans le sens où elle était le reflet d'une violence transphobe, et que même si les enfants trans ont aussi le droit de grandir dans un monde qui ne les objectifie ni ne les agresse, je peux concevoir que l'autrice choisisse d'ajouter cet élément pour mieux comprendre les relations entre les personnages. La deuxième scène, en revanche, n'a strictement rien apporté à l'intrigue. Rien. Elle aurait pu ne pas exister, et ça n'aurait rien changé. C'est celle qui est encore plus dommageable, en plus, selon moi, en accord avec ce que j'ai cité au-dessus.
Bref, je suis encore une fois déçue de l'horreur à la française. On a vraiment les moyens de faire mieux, arrêtez de me décevoir, bon sang.
Recommandation de ma chère jumelle et j'ai été très intriguée par ce livre. J'ai lu quelques mauvais avis qui m'ont fait craindre un flop et finalement, passée l'appréhension de l'inconnu, j'ai adoré ma lecture ! 😍
C'est l'histoire de Jonathan, garçon d'une dizaine d'années, obèse et diabétique. Alors qu'il pêche avec ses amis, il se fait enlever et ne sera retrouvé qu'une semaine plus tard, totalement amaigri. Mais sa perte soudaine de poids n'est que le début des innombrables symptômes... 😮
Bien que ce soit l'histoire de ce petit garçon, l'autrice nous offre deux points de vue différents : celui de sa mère, Marylou et celui de son amie garçon manqué, Sacha. Inutile de vous dire que cette approche a été totalement immersive. La plume a été fluide et terriblement addictive, j'ai avalé ce livre en moins de 24h. Impossible d'en décrocher ! Plusieurs facteurs entrent ici en cause pour rendre cette histoire absolument passionnante 👀
Combinée à cette plume que j'ai découverte, on ajoute un décor des années 90 pour renforcer l'immersion. Je suis une enfant des années-là, je peux vous dire qu'avec tous éléments qu'a intégrés l'autrice dans son livre, j'ai remonté le temps. Je m'y suis crue, j'avais même les slogans en tête comme si ça passait encore aujourd'hui à la télé. Merci pour ce moment où je suis retombée en enfance ! Nostalgie, quand tu nous tiens 😆
Puis, c'est une histoire originale. Ça change vraiment de ce qu'on a l'habitude de lire. Vous vous rappelez les livres Chair de Poule ? Oui ? Alors vous avez l'ambiance. Qu'est en train de devenir notre si jeune Jonathan ? Plus on découvre les symptômes, plus une théorie se forme dans notre esprit. Et plus cette théorie se confirme, plus les drames s'enchaînent. C'est une intrigue qui va crescendo. L'impression qu'une sorte d'étau se resserre, on redoute le pire. Et en même temps, on espère que Jonathan va redevenir tel qu'on l'a connu 🙏🏻
Ensuite, j'ai trouvé les personnages extraordinairement bien construits. J'ai été soufflée par le talent de l'autrice à retranscrire les pensées d'une fillette, abandonnée par sa mère, rejetant sa féminité avec fermeté et haine. J'ai aimé qu'elle appelle son journal intime « Diddl », (aaah Diddl... ! bientôt le grand retour! 🥳) qu'elle s'adresse directement à lui. La forme « tu » est parfois déroutante mais je l'ai trouvée rafraîchissante. Sacha est tout en nuances. Bravo aussi pour avoir retranscrit les émotions et pensées de Marylou, la maman de Jonathan. Une femme veuve complètement détraquée 😅 Je ne les ai pas particulièrement trouvées attachantes mais vraiment bien construites, ce qui apporte une profondeur fondamentale à l'histoire.
L'unique ombre au tableau, mais qui n'a en rien entaché mon plaisir de lecture, c'est qu'on a pas toutes les réponses à la fin. On ne peut que supposer et je regrette qu'on ait pas de réponses claires.
J'ai adoré et pour les amateurs d'horreur et/ou de fantastique, je le recommande sans hésitation ! 🥰
Morganne Caussarieu s'empare du mythe du loup-garou pour notre plus grand plaisir. Elle en profite pour malmener les notions de mutation, de transformation. Elle évoque le brutal passage à l'âge adulte, le rejet, l'incompréhension souvent vécue au cours de l'enfance, et les questions de genre relatives à la puberté.
L'originalité du récit tient en premier lieu au double point de vue : celui de Marylou, la mère de Jojo, dont le personnage déroute, émeut et révolte à la fois; et celui de Sasha, la meilleure amie, qui raconte avec son regard de gamine de dix ans et son ton presque léger et humoristique, les bouleversements vécus après le kidnapping de Jojo, en partageant au passage ses propres questionnements.
Les fans des années 90 vont se régaler. Pop culture et scènes d'épouvante parsèment ce récit haletant qui fait la part belle aux films d'horreur de notre adolescence. Dans la lignée de La nuit ravagée ou du Téléphone carnivore, l'auteur offre une tranche de terreur pleine d'hémoglobine façon "Chair de poule" qui joue sur les odeurs et les textures. Elle s'appuie sur les ressorts habituels de l'horreur tout en prenant pied au cœur d'un village balnéaire où la population est légèrement dépassée par les évènements.
C'est bourré de références qui parleront à la génération Z (parfois à l'excès quand ça frôle le name-dropping) c'est souvent drôle, ça parle de choix, d'amitié et de maternité et ça se lit d'une traite grâce aux chapitres courts et à l'écriture dynamique.
Très impatiente de découvrir "Visqueuse" du même auteur qui, d'après ce que j'ai pu lire, est encore plus sombre !
C'était pas mal, j'avais jamais lu ce genre de livre, un peu de fantasy, d'horreur, de gore ; j'ai beaucoup aimé que ça se passe dans les années 90 avec pleins de références qui m'ont rappelé mon enfance, j'ai aimé le personnage principal enfant qui raconte l'histoire en s'adressant à son journal intime Diddle ; après y avait des scènes un peu dures où j'ai lu en diagonal, je pense que j'ai eu du mal avec les trucs les plus gores. Mais c'était une chouette découverte !
Un buen cuento de terror a lo Stephen King/Pesadillas que no reinventa la rueda, pero tiene buen pulso y un doble punto de vista narrativo muy original.
Un peu déçue, j’avais tellement aimé visqueuse… là c’est un gosse transformé en Loup garou mais l’écriture et l’histoire sont pas à la hauteur. Sympa quand même à lire
L'anti lecture doudou, âmes sensibles s'abstenir car comme toujours avec Morgane Caussarieu, nous sommes plongés dans le pire de l'être humain. Beaucoup de thèmes sont abordés: le genre, la condition animale, les relations familiales toxiques... J'ai remarqué une réelle évolution dans son écriture, la violence mène vers une réflexion profonde, c'était vraiment une lecture captivante.
Fascinée par la manière dont Morgane avait réinventer le mythe de la vouivre et travaillée sur la figure de l’handicapée et de la femme dans Visqueuse, j’ai eu envie de découvrir toute sa bibliographie et quoi de mieux que de partir explorer sa collection sur les mythes fantastiques.
Avec sa couverture bien kitch, qui réveille la fan en moi de Teen Wolf et de ses films et séries d’autrefois à la Wolf, cette histoire ne pouvait que me plaire. Et pourtant, je n’imaginais pas tout ce que l’autrice allait encore y greffer. Comme dans Visqueuse, la créature qu’on rencontre n’est qu’un prétexte pour parler de sujets bien plus sérieux sous un angle dérangeant de body horror à l’ancienne, dans un cadre de petite ville très bien campé.
Et cerise sur le gâteau, cette fois dans Vertèbres, le cadre : c’est Vieux-Boucau, une petite ville de bord de mer landaise à côté de chez moi que je connais bien. Autant vous dire que l’assimilation s’est parfaitement faite. Quant à l’époque, le récit se déroule à la fin des années 90, avec des personnages entre enfance et adolescence dont j’aurais parfaitement pu prendre la place, car nous sommes des quasi contemporaines avec l’autrice. Alors forcément, toutes ses références télévisuelles, musicales, culturelles, etc, m’ont totalement parlé et plongée dans l’ambiance. Un régal !
Cela m’a permis de me mettre dans la peau de ces jeunes dont l’un des amis, Jonathan, disparaît un jour enlevé par une mystérieuse femme à barbe avant de revenir pas exactement comme il était revenu. Une vertèbre de plus, la parole en moins, une certaine sauvagerie en lui, il n’en faut pas plus pour qu’il devienne à la fois le héros inquiétant et fascinant de cette histoire, entre une mère surprotectrice et des amis perdus dans leur fascination. Conté de mains de maître par une autrice qui aime les vieux films d’horreur, le récit se dote d’une atmosphère très particulière qui joue avec nos nerfs, qui se teinte de Freaks plus que de fantastique à l’américaine façon années 90 et Trilogie du samedi. Non, ici, c’est R.L. Stine le maître et les amateurs de Chair de poule en auront pour leur argent !
J’ai adoré pénétrer dans ce drôle de scénario et y découvrir derrière la transformation du garçon en bête, celle d’un adolescent à venir que la mère ne veut pas voir grandir. L’autrice conte ici, plus qu’une métamorphose, la relation trouble entre une mère qui aime trop son fils et un fils étouffé, empêché d’être quelque chose d’autre. Elle conte également, dans un parallèle saisissant, le portrait d’une jeune fille, qui ne veut pas devenir femme, mais plutôt homme, car rejetant tout ce qui définit une fille dans nos sociétés : la soumission aux hommes, les métiers subalternes, le traitement violent, les règles, les robes, les enfants, etc. Ce fut passionnant ! Dans les deux cas, l’autrice s’y emploie avec un mélange de mots brutaux et de peinture fine de la psyché de ces personnages, ce qui donne un résultat décalé des plus savoureux et entêtant.
Le récit se lit comme un bon polar fantastique où on attend que tout parte en cacahuète et bien sûr cela arrive très vite. Il y a du McDowell ici et vous savez combien j’aime cet auteur américain. Il y a d’ailleurs une écriture très américaine, très »small town » de cette histoire que je trouve parfaite pour décrire ce quotidien poisseux et malaisant, cette emprise de la famille sur la destinée de ses enfants, cet enfermement et cette répétition des malheurs de la vie. Je suis très fan. J’avais déjà aimé la plume de Morgane pour ça dans Visqueuse, je la trouve encore plus directe ici dans sa jeunesse, pour nous conter cette tragique destinée inéluctable où bien des âmes seront blessées en chemin. C’est brutal, sans concession, mais nécessaire.
Fable philosophique sur les relations des parents avec leurs enfants et le désir de liberté de ceux-ci à l’aube de l’adolescence, Vertèbres est un nouveau texte puissant et entêtant dont le cadre, proche de chez moi, dans le temps et l’espace, m’a totalement parlé. J’ai adoré le ton poisseux et malaisant du titre. J’ai adoré la plume âpre et violente de l’autrice qui fouaille subtilement les zones d’ombres de chacun. Elle m’a remuée, interrogée et fait frissonner. Si tous ses romans sont ainsi, ça va être mon autrice de l’année.
Je rêve de lire un livre de Morgane Caussarieu sans agressions sexuelles. Je ne comprends pas qu'elle peut, en tant que femme et personne queer, utilisé à ce point le viol comme effet de choc facile.
J'ai aimé lire Visqueuse et Dans tes veines. Le soucis était présent, bien que beaucoup plus léger. Sauf que Vertèbres, ça n'accroche pas sur le reste non plus. Les références omniprésentes à la pop culture des années 90/2000 étaient super mal amenées et envahissantes. Oui, on a compris l'époque, pas besoin de nous parler de DBZ toute les 2 pages. La métaphore avec la puberté est une des métaphores les moins subtiles que j'ai lu de ma vie.
Je n'aime pas du tout la narration ; déjà parce que tous les personnages sont détestables. Et surtout, le POV de l'enfant ...ne ressemble pas à l'écriture d'un enfant. Des mots trop compliqués, souvent, et des façons de réfléchir qui n'est pas du tout réaliste pour un enfant de 10 ans, je trouve.
Le traitement de la maladie mentale est douteux. J'ai trouvé ça sympa d'avoir le point de vue d'une mère avec le mais le reste est super stéréotypée.
Heureusement, le style d'écriture générale fait que le livre se lit facilement, mais c'était bien en dessous de ses autres livres. Je trouve ça dommage qu'elle ne réinterprète pas beaucoup le mythe du loup-garou, contrairement à ses autres livres. L'intrigue est sympa, si on enlève évidemment les agressions sexuelles.
Métaphore un peu grossière et propos un peu caricatural. Le choix de la deuxième personne pour tout une partie du récit est curieux. On écoute une histoire plus qu’on ne la vit, c’est dommage. L’auteur ne semble pas beaucoup apprécier ses personnages et du coup nous non plus. On sent pas mal de frustration et de ressentiment dans le propos ce qui rend le livre au final peu agréable. L’écriture est quelconque et ce n’est pas les mille et une références aux 90’s insérées au forceps qui vont me faire penser le contraire.
Le livre est super accrocheur et à la limite entre "ginger snaps" et "ça", ce qui fait plaisir en tant que fan des deux. Je suis donc incapable de lui donner moins de la moyenne. Par contre, j'ai déjà vu beaucoup trop de scènes d'agression sexuelles placées seulement pour choquer le spectateur dans les films des années 80, et ça fait de la peine de voir la même chose dans un livre édité en 2021. C'est dommage de sortir d'un très bon livre avec ce sentiment de déception.
Morgane emmène la génération Y française dans un trip à la fois glauque et nostalgique servi - comme toujours - par une plume simple mais brute qui détend par sa fluidité et son réalisme. Un petit roman bourré de métaphores qui fait grimacer et peut même faire pleurer et dont la "patte Caussarieu" laissera sa marque dans l'esprit du lecteur, là aussi, comme toujours. Pour public averti, forcément.
Le rythme est excellent, les ambiances très réussies, les personnages bien ficelés. L'intrigue est très simple mais fait le taf. Jaurais aimé un peu plus de complexité, des révélations moins prévisibles sans doute. Et les refs culturelles sont juste trop nombreuses à mon goût, à un moment on a basculé dans la liste dont il fallait cocher le plus d'items possible.
L'un dans l'autre c'était une lecture fun, plutôt réussie.
Une nouvelle réussite pour ce roman de Morgane qui traite cette fois de la figure du loup-garou. Le format journal intime permet une entrée directe dans la psyché des personnages, qui nous réservent tout de même quelques surprises ! Un récit ancré dans les années 90 violent et hyper prenant.
Un livre malheureusement abandonné en cours de route. J'ai été très attiré par le mélange horrifique et nostalgie des années 90 mais l'écriture n'est vraiment pas faite pour moi. Au bout de 100 pages force est de constater que je n'arrive pas à entrer dans l'histoire.
Décidément j'adore l'écriture de cette autrice ! Ici, elle a réussi à faire remonter la nostalgie de mon enfance tout en y mélant des scènes chocs et en abordant des sujets tel que la transidentité et la maternité.
J'ai bien aimé. C'était court, intense, divertissant. Toujours un plaisir de lire de l'horreur bien ancrée en France (et dans les années 90). Ça donne envie de lire la suite et de retrouver les personnages 20 plus tard.
Plutôt sympa, ça fait un peu fiction ado parfois, mais je pense que l’inspiration Chair de Poule est assumée. Du reste, un peu de gore, mais surtout des thématiques dures abordées, ce qui est bienvenu dans le contexte.