Quand, au détour d'une relecture des « Hauts de Hurlevent », et d'un voyage dans le Yorkshire, une romancière - telle que Jeanne Champion - rencontre la figure étonnante d'une Emily Brontë, le choc est inévitable.Au-delà de tous les commentaires suscités par la vie et l'œuvre d'Emily Brontë, c'est à un véritable voyage outre-tombe, que nous convie Jeanne Champion. À travers un dialogue saisissant avec son modèle, elle a su recréer, pour notre plus grand plaisir de lecture, l'atmosphère de ce lieu magique où vécurent les Brontë : le sinistre presbytère de Haworth, les « Moors » austères, que le vent et la pluie glacée ne cessaient de battre… Elle fait revivre, par la magie du style, par la justesse des dialogues, les mœurs et les pensées de ces personnages hors du commun, que furent Charlotte et Anne (les deux sœurs), Branwell (le frère), et Emily elle-même.Après la mort de la mère, et de deux autres sœurs, l'existence de ce quatuor maudit se noua d'autant plus fortement autour de la figure étrange du père, un pasteur anglican hypocondriaque et misanthrope. Pour lutter contre la solitude, l'enfermement, les enfants se créèrent, grâce à la littérature, un univers imaginaire, seul capable de tromper la mort. Cette mort qui, pourtant, aura le dernier mot : en 1848, et en l'espace de quelques mois, succomberont Branwell, Emily et Anne. Emily n'avait que trente ans…
une biographie beaucoup trop romancée surtout lorsqu'on a beaucoup lu à propos des soeurs brontë - c'est une lecture qui a été du "réchauffé" pour moi - à lire quand on pense ne rien connaître de la famille brontë
Envie de relecture, et tout me revient (30 ans après); ce que j'avais aimé, le dialogue de l'auteure avec les fantômes du passé; très romanesque, très triste, très sombre, la mort toujours présente, le paysage désolation. Gothique. L'auteure fait parler Emily Brontë et sa famille, ou les cite, ainsi que d'autres auteurs. La citation suivante, le début d'un poème d'Emily Brontë est en anglais (je n'ai pas aimé la traduction française de F. D'Eaubonne dans le livre) : "I see around me tombstones grey Stretching their shadows far away. Beneath the turf my footsteps tread Lie low and lone the silent dead - Beneath the turf - beneath the mould - Forever dark, forever cold - And my eyes cannot hold the tears That memory hoards from vanished years For Time and Death and Mortal pain Give wounds that will not heal again -..."
I first read this as a teenager in Warsaw when I first discovered Emily Brontë. This was my second read and it was delightful to be brought back to a past time by the texture and the smell of the pages as well as the traces of the content in my memory.
Un grand merci Niki ! J'ai beaucoup aimé me replonger dans la vie de cette famille. Même si l'issue est connue, j'ai versé ma petite larme à la mort d'Anne...