Ces Cendrillons viennent d'Asie. On dénombre 500 versions de l'histoire de Cendrillon dans le monde ; en voici douze, issues de Chine, Birmanie, Tibet, Thaïlande, Indonésie, Corée, Vietnam, Cambodge et Japon. Les parcours de ces Cendrillons d’Asie ont l’odeur du sang, du mensonge, de la convoitise mais aussi un parfum céleste. Elles ont perdu leur mère dont elles sont les seules à conserver le souvenir vivant. Dans le foyer paternel, où le père est absent - mort ou remarié - elles sont maltraitées, avilies, humiliées. Les épreuves s’enchaînent comme autant de métamorphoses pour accéder à la pleine conscience de ses forces et de la liberté, dans un désir fragile mais vibrant de devenir femme. Dans leur parcours, les Cendrillons sont guidées par cette fée bienveillante qu'est la Mère Nature, et leur libération est symbolisée par le mariage avec un homme puissant, qui n’est autre que la manifestation de la propre force de la jeune femme. Les Cendrillons sont les harmoniques d’un récit universel et de fascinants emblèmes de la condition féminine. Chacune d'elles nous ouvre les portes sur une part secrète de nous-mêmes.Après des études théâtrales et une initiation au conte par le griot Sotigui Kouyaté, Isabelle Genlis se spécialise dans la littérature orale asiatique et rassemble un répertoire dense de contes, épopées, légendes. Elle a créé une dizaine de spectacles, en solo ou musicalisés, accueillis dans des festivals internationaux, des théâtres, des musées, en France et à l'étranger. Pour les éditions Picquier, elle a redonné vie à un mythe vietnamien, Corbeau noir, Cygne blanc, paru en album jeunesse.
J’ai lu ce recueil de contes il y a assez longtemps (au printemps dernier il me semble), juste avant ma petite pause sur Instagram. Je ne vous en ai donc jamais parlé. Here I am !
Le conte fait partie de mes genres de prédilection, vraiment j’adore ça (et les réécritures de contes aussi d’ailleurs !). Forcément, quand ce livre regroupant 12 versions asiatiques de l’histoire de Cendrillon est sorti, je me devais de le lire.
« L’histoire de cette jeune orpheline a voyagé, sans que l’on sache véritablement d’où elle est partie, bien que l’une des versions chinoises semble être la plus ancienne, approximativement datée du IXème siècle. »
La préface est très intéressante, je vous conseille de ne pas l’esquiver. Isabelle Genlis explique que ce conte, en traversant les cultures, les langues et les âges, s’est à chaque fois imprégné des mœurs du pays qu’il parcourait. En ça, cette histoire aux enjeux universels reste un témoin des croyances, us et coutumes locales. C’est ce qui m’a plu le plus, assister à la découverte de ses histoires que j’ignorais. Je trouve ça incroyable qu’elles soient parvenues jusqu’à nous, qui nous les sommes appropriés à notre tour.
Maintenant, je dois vous prévenir que le lire d’une traite peut être (très) redondant. Je crois qu’il vaut mieux ne pas les enchaîner et en lire une de temps en temps. De mon côté, si j’ai été intéressée au début, j’ai fini par me lasser, c’était trop répétitif. Je n’ai pas lu les dernières nouvelles, mais je pense le faire maintenant que de l’eau a coulé sous les ponts.
En résumé, c’est un livre que je garderai dans ma bibliothèque, que j’ai trouvé instructif et sympa à lire… mais à petites doses.
Chaque pays a sa Cendrillon, mais à quoi ressemble celle des autres ?
Ce livre propose une sélection intéressante des differentes Cendrillons d'Asie, qui permet de se rendre compte de différences assez marquantes d'un bout du monde à l'autre.
Alors que l'histoire de la Cendrillon française cesse assez vite après que son pied s'accorde au soulier, nombre des Cendrillons asiatiques n'en sont pas encore sorties avec leur famille à ce moment. L'omniprésence du poisson, et de la réincarnation notamment changent beaucoup de ce dont on a l'habitude comme Cendrillon. J'avoue être aussi assez surprise du nombre de meurtres commis au fil des histoires. Les petites analyses de thèmes récurrents sont aussi intéressantes même si peu poussées.
Plus un 3,5 étoiles. Un bon 4 étoiles pour l'originalité et l'intérêt du recueil regroupant quelques versions asiatiques du conte de Cendrillon. Après, on lit plus ou moins la même histoire (sans surprise) à quelques variantes culturelles près, qui, bien qu'elle dépayse de notre conte occidental, finit par devenir un peu monotone (sans surprise là aussi).