Raphaël Granier de Cassagnac nous embarque dans l’ultime confrontation entre l’intelligence artificielle et l’humanité.
Un roman d’action et de réflexion sur notre rapport d’amour et de haine avec les machines. Au moment des grands bonds en avant de l’intelligence artificielle, des questions sur le transhumanisme, etc., l’auteur nous donne à voir un possible futur des créations humaines.
L'histoire se déroule bien après la dite apocalypse, qui a pris la forme d'une épidémie hyper virulente, qui a tué 99% de la population. Les survivants vivent réfugiés dans des bulles hyper technologique, gérées par des I.A. conscientes.
Pourtant, le roman commence dans un vaisseau spatial, en présence d'un équipage de terriens, descendants de scientifiques envoyés plusieurs siècles auparavant pour trouver des planètes habitables par les Humains, la Terre étant devenu inhabitable hors des bulles.
Et ces terriens de l'espace, ils sont de retour vers la planète mère (enfin, la planète Terre quoi), car les bulles sur Terre ne répondent plus à leurs messages, alors même qu'elles semblent toujours occupées. De plus, ils découvrent en arrivant à proximité de la planète, qu'il y a également des survivants hors des bulles, à Zanzibar !
Déjà, je suis ravi par cette référence directe au roman Tous à Zanzibar, de John Brunner. Mais là où le roman prend un tour inattendu, c'est que ces survivants défendent une autre version que celle officielle : il n'y a jamais eu de pandémie, les I.A. ont juste supprimé le gros de l'Humanité afin de se protéger d'une éventuelle destruction par des Humains apeurés.
Alors je vous rassure, je n'ai pas spoilé grand chose ici, vu que ces informations sont à disposition du lecteur au bout de quelques pages.
Dès lors, va se jouer un jeu de dupes entre les Éternautes (comme se nomment eux-mêmes les spationautes de retour) et les survivants basés à Zanzibar. Car bien entendu, la méfiance est de rigueur entre eux, les premiers craignant une contamination par le virus et les seconds ne sachant pas trop quelle confiance ils peuvent accorder à ces gens qui ont une I.A. avec eux.
Un premier contact entre Humains donc, ce qui est plutôt original.
Le récit est très prenant, car l'ambiguïté sur la responsabilité des I.A. et la réalité ou non du virus perdure assez longtemps, et on suit donc les divers personnages sans savoir vraiment s'ils sont sincères, manipulés qui par les I.A., qui par les récits des premiers survivants.
Le monde mis en scène est crédible, très réussi, de même que les divers protagonistes du récit. Roman très sympa donc, qui, alors qu'on pense au départ qu'il va se focaliser sur l'aspect post-apo / premier contact, est bien plus centré sur la notion de génome, d'intelligence artificielle et de transmission des connaissances d'une génération à l'autre.