Le Blend : une communauté de millions d’espèces sentientes vivant en paix dans ce qui ressemble au meilleur des mondes, un concert des nations à l’échelle galactique auquel vient de se joindre la Terre. Depuis l’arrivée de la délégation extraterrestre au siège des Nations Unies, l’humanité bénéficie de nombreux cadeaux destinés à lui faciliter la vie. Mais cela n’est pas sans contreparties. Ce qui intéresse le Blend, c’est une activité que cette société d’outre-espace patchwork ne sait plus pratiquer : la guerre. Un contrat a donc été conclu entre l’ONU et le Blend. Les premiers prêtent des soldats pour des opérations d’encadrement et de maintien de l’ordre. Les seconds se chargent d’équiper ces derniers, de les emmener sur zone puis de les rapatrier. Lui, c’est un soldat de la force Opexx. Atteint du syndrome de Restorff, un déficit empathique, son efficacité en mission s’en trouve renforcée. Une qualité qui n’exclut pas les questions au fil des déploiements sur les théâtres d’opérations extrasolaires. « Répondez à l’appel de l’ailleurs ! » Tel est le slogan d’Opexx. Un ailleurs qui pourrait bien être avant tout un autrement…
« Un des grands créateurs d’univers de la science-fiction française. » Télérama
Né en 1968, Laurent Genefort a vingt ans lorsque paraît son premier roman dans la mythique collection « Anticipation » du Fleuve Noir. Quarante ouvrages plus tard, deux Grand Prix de l’Imaginaire et un prix Rosny Aîné en poche, il est l’une des figures de proue de la science-fiction française et, sans doute, le meilleur créateur d’univers du domaine.
Opexx est une novella très intéressante qui propose un world building impressionnant pour son format court et de bons questionnements sur l’humanité et notre propension à tout détruire. Cependant, l’intrigue manque parfois de profondeur et, hormis sur son final, l’émotion pêche un peu trop.
Nouvelle lecture de la très qualitative collection UHL du Belial, avec un des rares auteurs français à avoir le privilège d'être édité ici. Une histoire bien tournée, même si le thème ne fait pas partie de mes préférés. C'est bien écrit mais je n'ai pas été soufflé par l'histoire et sa conclusion.
Une nouvelle de science-fiction qui n'en est pas vraiment une dans le sens où il n'y a pas de révélation finale ou de twist de l'intrigue. Il s'agit davantage d'une promenade dans la psyché d'un guerrier outre-Terre qui ne ressent pas la réalité comme ses compagnions de guerre. Le commentaire sur l'aspect belliqueux des humains est bien amené, mais le reste manque de saveur. Les quelques scènes de combat sont intéressantes, mais trop courtes. On dirait un extrait d'un récit plus grand auquel il manque de la substance. Un peu décevant même si la plume est très imagée.
J’ai découvert Laurent Genefort avec son aventure steampunk Les Temps ultramodernes chez Albin Michel Imaginaire et depuis j’explore la bibliographie de ce touche à tout de la science fiction dans les catalogues des collègues tant il est protéiforme, mais je ne l’avais pas encore testé au format nouvelle. C’est chose faite !
Alors, je triche un peu, car j’avais déjà lu Laurent Genefort sur des nouvelles, mais dans l’univers fix-up d’Omale, alors ça ne compte pas, ce n’est pas pareil. Cette fois, nous ne sommes pas dans une fresque vertigineuse de SF, mais plutôt dans un texte de terrain. Et j’ai adoré cela justement !
Certes, je n’ai pas retrouvé la plume amusante qu’il avait dans Les temps ultramodernes, ni celle très propre et calibrée SF space-op d’Omale, mais j’ai aimé découvrir celle plus intime d’un homme, d’un soldat, embrigadé comme mercenaire pour une alliance extraterrestre où il sert de chair à canon, et un homme pas comme les autres, un neuro-atypique. Surprenant !
Avec ce texte, Laurent met un pied dans la SF militaire. Je ne sais pas s’il l’avait déjà fait avant, mais il y réussit fort bien ici. On y croit. On partage totalement l’expérience de son héros, mercenaire donc pour le Blend, cette communauté pleine de millions d’espèces extraterrestres où les Hommes comptent si peu. Il nous raconte son quotidien d’aventurier à leur solde, mais un aventurier sous-médoc, à qui on efface la mémoire et qu’on bourre de drogue pour qu’il ait envie d’y retourner. Sauf que celui-ci n’est pas comme les autres, lui, il a une sensibilité très différente, très faible en fait, à notre monde, aux relations, aux sensations, alors il ne voit pas les choses comme on s’y attend.
Le récit du quotidien de ce soldat déconnecté qui nous raconte froidement ce dont il se rappelle des mécanismes de ses missions, des lieux qu’il visite et surtout de ses relations, si on peut dire, avec ses collègues et sa famille (il est marié et a une fille) est passionnant, inattendu, mais impossible à lâcher. J’ai adoré le décalage qui s’installe entre lui, nous et nos attentes dans une telle situation, mais aussi ce que l’auteur nous donne à moudre des relations entre les membres de ce Blend et l’humanité. La critique est sévère, grinçante, mais tellement jouissive. J’ai adoré qu’elle nous soit présenté par un homme avec un déficit d’empathie, cela la rend encore plus cinglante et neutre en quelque sorte.
L’histoire est rondement menée, très axée plongée dans les pensées du héros, plutôt que récit de ses missions en direct, et pourtant c’est très immersif, une immersion introspective qui m’a plu. L’auteur sait doser ses effets pour bâtir un récit solide et prenant, porté par cette psychologie si particulière d’un porteur du syndrome de Restorff. Et le final bien qu’attendu est savoureux.
Opexx est une nouvelle des plus efficaces dans le registre de la SF militaire, dont les partis pris forts sont tous très bien exploités, du brouillard dans lequel est le héros, jusqu’à son handicap social, en passant par les critiques que cela occasionne sur les sociétés militaristes et leur rapport à leurs soldats. C’est sec, grinçant, cinglant, parfait en ce moment et d’une efficacité folle : on ne le lâche pas un instant !
Comme d'habitude L.Genefort est trop fort pour décrire des mondes les plus incroyables les uns que les autres. Mais je reste quand même sur ma fin: le Pitch est incroyable il y avait moyen de faire une trilogie, mais il reste sur des descriptions de mondes, et son personnage principale, comme d'habitude pas moyen de sentir une connexion... L'idée est trop bonne pour la laisser sur une nouvelle !
Une nouvelle avec un concept fort et vraiment intéressant. Bien mené. Un regret : c'est très court alors que l'univers créé pourrait être un support riche. De nombreuses questions sont en suspend sur cet univers, qu'elles soient éthiques, politiques ou philosophiques (voire parfois ethno-xeno-graphiques ?). L'auteur pourrait sans doute réutiliser tout cela et les enjeux déjà mobilisés ici, peut-être une suite, je n'en dévoile pas plus...
De la SF militaire / space opera qui mériterait un peu plus qu'une novella. La plume de Genefort, que je découvre pour la première fois, est riche. L'auteur arrive à développer une multitude d'univers cohérents et crédibles. Moi qui n'en suis habituellement pas fan, j'ai bien aimé ici la narration à la première personne. Une bonne lecture mais trop courte pour en laisser un souvenir impérissable.