Sectionné par les saisons, de l'hiver jusqu'à l'hiver suivant, la narratrice rend hommage à son père malade et hospitalisé. Tandis qu'il agonise jusqu'au printemps, celle-ci tombe enceinte. La fin se mêle intimement à la naissance et au renouveau.
Si la tristesse et le sentiment d'injustice envahissent la première partie de l'œuvre, il n'en reste pas moins qu'Adèle Van Reeth transcende la mort d'un être aimé pour proposer une exhortation à la vie.
J'ai adoré ce roman. Le genre de livre qu'on lit au bon moment de sa vie. Le passage sur la cigarette, que l'auteure décrit comme un bras d'honneur à l'existence est caustique. La littérature est omniprésente dans ses pages, au sein desquelles elle offre une réflexion sur la lecture et sur l'écriture. Est-ce une trahison d'écrire nos émotions ? Faut-il concrétiser nos idées et nos ressentis ? Faut-il se réfugier dans la littérature et la philosophie pour affronter les épreuves de la vie ?
L'écriture est fluide, les phrases -sans être proustiennes-, ne s'arrêtent pas : les virgules sont nombreuses. Comme si la fin d'une phrase marquait l'achèvement d'un "je ne sais quoi" (la mort de son père, la fin d'une idée, etc.) que l'auteure elle-même ne veut pas terminer.
Enfin, elle invite à goûter à l'existence, à goûter sincèrement à l'existence. Il faut d'abord goûter à la vie, avant de la théoriser. "L'expérience d'abord, la théorie ensuite, jamais l'inverse."