"Sous leurs yeux, le décor entier se détraque. L’incompréhension dans le regard de Lorenzo, ses pieds dérobent, l’eau ensevelit et, réflexe, Gus saute pour échapper à l’arbre qui glisse par en dessous et défonce le sable dans sa chute, jusqu’à redevenir le fleuve, le courant, l’eau partout." Un après-midi d’août, dernier jour de colo. Une meute d’adolescents est livrée à elle-même. Dans un dernier sursaut d’enfance, Pierre, Gus, Totof, Farid et les autres partent à l’aventure. Derrière leurs vœux d’amitié à la vie, à la mort pointe la fougue d’une jeunesse insolente. Tous se croient immortels. Une journée parfaite, à un détail près – on ne se baigne pas dans la Loire. Un premier roman impétueux qui dit la fièvre de l’adolescence.
Un petit 2,5 !! Je peux pas non plus dire que j'ai aimé, mais j'ai pas vraiment détesté et j'en reconnais des choix stylistiques qui simplement ne me touchent pas.
J'ai plusieurs fois hésité à abandonner ma lecture, je pense que si ce livre évoquait n'importe quel autre fleuve, j'aurai laissé tomber ! Le début était très confus, je ne suis toujours pas sûr·e, ma lecture terminée, de quels personnages étaient des mono, et lesquels étaient des jeunes de la colo... Quand à différencier qui est qui, c'était laborieux.
La première partie montre les personnages comme des archétypes auxquels il m'a été difficile de m'intéresser, comme de reconnaître rapidement. Je suis plusieurs fois revenu·e sur des chapitres précédents pour me rappeler qui était associé à quoi, la breveté des points de vue ne me permettant pas de m'immerger chez chacun.
Je pense comprendre l'idée : première partie "superficielle", deuxième partie on rentre dans l'intériorité des persos. Mais du coup, personnellement, j'ai eu du mal à avoir quoique ce soit à faire de ces personnages...
Surtout (et voilà pourquoi je genre tout au masculin) : pourquoi n'y a-t-il qu'une seule femme ? C'est aberrant. La façon dont elle est écrite reste aussi très stéréotypée, mais vu qu'elle est la seule femme, ça me dérange beaucoup plus que si elle s'inscrivait dans une diversité. Son archétype c'est "la meuf." Super...
A peu près à la moitié du livre, je me suis rendu·e compte que j'aurais mieux apprécié ce livre si je l'avais lu plus jeune. Je pense que la cible éditoriale est un peu ratée. Du coup, j'ai lu la suite en me disant que c'était un livre pour ado/jeune adulte, et ça a changé ma perspective et mes attentes dessus, ce qui m'a permis d'apprécier ma lecture.
Je pense que c'est un livre qui repose beaucoup sur l'atmosphère, sauf que je n'ai rien ressenti de l'effervescence de la jeunesse, de l'ardeur de fin d'été. La fin est vraiment marquante, très efficace. C'est dommage que tout le set up soit si pénible et difficile à traverser.
Forcément, ce titre était évocateur pour moi, né dans un département traversé par la Loire, avec ce souvenir des panneaux « baignade interdite », toujours visibles lors de ballades à pied ou à vélo dès qu’on approche les rives de la Loire. Je me souvenais aussi avoir entendu parler d’un drame près d’Angers, même s’il avait eu lieu bien avant ma naissance, et dans lequel 19 enfants s’étaient noyés dans le fleuve. Guillaume Nail ne retrace pas exactement cet évènement, sans toutefois cacher qu’il a inspiré son livre. Il met en scène une bande de jeunes, aux derniers jours d’une colonie, que l’on devine située plutôt de nos jours, puisqu’au plus fort de la catastrophe, un des jeunes filme avec son téléphone portable le drame qui est en train de se nouer. C’est un récit qui aurait peut-être gagné à être un peu plus long, pour qu’on ait le temps de mieux s’attacher à ses personnages, mais il choisit de le concentrer sur les quelques heures qui précèdent la fin de l’insouciance pour ces adolescents et les deux jeunes moniteurs, tous dépeints avec finesse.
Pas fan du style d'écriture, qui a failli me faire lâcher dès les premières pages. Cela dit, je me suis quand même laissé happer par l'histoire. Super efficace !
Ein tragischer Unfall an der Loire – mehrere Jungen ertrinken während eines Ferienlagers. Doch was sich wie eine klassische Katastrophengeschichte anhört, entpuppt sich bei Guillaume Nail als tiefgründiger psychologischer Roman. Mich hat vor allem beeindruckt, wie Nail es schafft, die inneren Konflikte der Figuren so nuanciert darzustellen. Tiefer als der Strudel der Loire sind hier die menschlichen Abgründe – Schuld, Scham, Schweigen und die komplizierte Dynamik zwischen Jugendlichen und Erwachsenen stehen im Mittelpunkt. Der Schreibstil ist klar, die Spannung subtil, und das Thema hallt lange nach. Für alle, die sich für Jugendromane interessieren, die keine einfachen Antworten geben, sondern zum Nachdenken anregen, ist dieses Buch definitiv eine Empfehlung.
J’aime la plume de Nail, incisive, peu embarrassée de détails, et pourtant poétique. En quelques traits, il peint des croquis vifs mais réalistes sur le trouble, l’impuissance, les sexualités qui s’éveillent, le rapport au corps des adolescents, entre fierté et complexe ou l’étrange supériorité ressentie par de certains ados solitaires.
Le tragédie est annoncée dès la première page et la tension permanente, dans ce drame sur la liberté radicale de la jeunesse. Un roman aussi court que marquant.