Au royaume du hasard je suis le maître du temps transporte des milliers de cœurs des millions de battements Il me suffit de cravater quelques commutateurs et j’avancerai l’heure de chacun d’entre eux Je ne sonne pas le tocsin, ni ne détiens de pouvoir divin je conduis le train
Coup de cœur pour ce premier roman de Mattia Filice, qui nous offre un véritable hymne du rail. Mêlant prose et poésie, il raconte son quotidien de conducteur de train, au rythme de ses pensées, politiques, extatiques et toujours subtilement cadencées. Véritable roman social pourvu d'une grande humanité, Mécano est une des révélations de la rentrée d'hiver 2023.
J’avoue je ne suis pas allée au bout de ce roman. J’ai arrêté à la moitié. Impossible d’entrer dans cette histoire écrite en vers sans ponctuation avec beaucoup d’images et de références que je n’ai pas forcément. Incompréhension pour moi et donc j’ai été dans l’incapacité de me projeter dans cette vie de mécano. D’autres y arriveront peut être…
Des images, de la musique et en fond sonore le train sur les rails. Dans ce roman, on pénètre dans la locomotive, dans la machine, aux commandes, dans une initiation à la vie, au monde concret du chemin de fer et du cheminot, aux luttes et aux solidarités, à la fatigue et à l'angoisse, le tout dans une écriture qui s'autorise toutes les libertés.
Et ce livre à resonné en moi particulièrement car je suis également cheminot... Contrôleuse de train ter... Et du début à la fin de ce roman, tous les sujets abordées sont juste... Mattia ne fait pas dans le cliché médiatique du cheminot ou encore dans l'idéale que les cadres SNCF voudraient donner de la boite. Non ce qui est dit est vraie ! Et Merci Mattia, d'avoir pu donner voix à notre profession de roulant qui est si particulière.
J'espère vraiment que ce roman va faire son petit bout de chemin, et etre mis en avant pour que chaque citoyen puisse se rendre compte que le cheminot n'est pas un privilégié igié qui fait grève 364 jours par an.
Mattia Filice nous raconte son expérience de Mécano : de sa formation en reconversion à la conduite d'un train au sein de l'Entreprise française bien connue, nous saurons tout sur les rouages du métier. Les semaines d'apprentissage, les cours théoriques et pratiques, les rencontres marquantes, les périodes d'essais ou d'arrêt, les attributions, les horaires en décalés, les nuits de travail... Mais aussi les risques d'un travail-passion, les dangers de la vitesse et des rouages qui se grippent. Et avant tout : l'importance des relations humaines dans cette fameuse mécanique du mécano.
Entre l'anecdotique et le chemin de vie ; entre le texte à vocation sociale, le témoignage et la poésie, Mattia Filice nous propose une oeuvre aussi originale que personnelle. Majoritairement écrit en vers libres sans ponctuation, l'auteur sait aussi revenir à une narration plus traditionnelle - en prose - tout en conservant un certain lyrisme dans le choix des mots. Il joue avec la mise en page, les retours à la ligne, les espaces, les majuscules et tailles de police, autant qu'il joue avec les mots. Mattia Filice fait preuve d'humour dans sa façon d'utiliser les termes - sur la forme donc - autant que dans le fond, par les choix des tons adoptés pour décrire certaines situations - pourtant pas toujours drôle à vivre, je pense... Les nombreux aspects technico-professionnels et le vocabulaire très précis, soutenu, poétique et technique en font une lecture exigeante, mais la forme aide à s'immiscer dans le domaine ferroviaire. J'avoue avoir eu besoin de quelques pages pour m'adapter au style, mais une fois accoutumée, la lecture en est devenue presque trop facile. Fort intelligemment, c'est précisément le moment que Mattia Filice a choisi pour repasser quelques temps en prose, avant de revenir aux vers libres. Il alterne les deux styles tout au long de l'ouvrage - sans que je réussisse à voir clairement ce qui motive les changements soudains... Ce procédé m'a évidemment rappelé La petite bonne de Bérénice Pichat (que j'ai adoré il y a quelques mois !), en moins romancé et moins émouvant, selon moi.
Je n'y aurai prêté aucune attention s'il n'avait pas été suggéré par ma libraire comme lecture commune de la prochaine rencontre du Club. C'est une de mes motivations pour participer à des Clubs : découvrir des textes, sortir de mes zones de confort et partager nos ressentis. Objectif atteint avec ce curieux ouvrage ! Mécano est une bonne découverte, moins difficile à lire que je ne le craignais, plus immersif qu'attendu et plus personnel qu'espéré. Lu durant un aller-retour Toulouse/Paris : cela semble anecdotique, et pourtant, cela a sans doute renforcé mon sentiment d'immersion sur les voix !
(Club de lecture Librairie Les Passantes du 25/01/25)
On n'est pas très loin des 5 étoiles pour ce roman découpés en fragments, souvent en vers, parfois en prose sur les rails de la vie de l'auteur à partir du moment où il décide de devenir mecano ; conducteur de train. Le texte est d'une belle poésie et nous emmène dans l'univers des mecanos, dans leur vie quotidienne et leurs contraintes nombreuses, entre la difficile période de formation, les règlements abscons, les amitiés du travail et les grèves. Une très belle expérience de lecture, à offrir à toutes et tous.
J'ai beaucoup ce livre qui raconte de l'intérieur le monde du train à notre époque. J'ai beaucoup aimé aussi bien la forme très particulière, que le fond, et les petites blagues de mécano donc je n'ai compris sans doute qu'une petite partie ! Un roman très humain sur la relation entre travailleur et sa machine, et la relation entre un travailleur et une société qui utilise son travail comme un service.
Malheureusement je n'ai pas accroché à cette lecture...
Le style de l'auteur est indéniable avec son choix d'écrire en vers libres, on ressent son expérience de conducteur de train et sa passion pour ce métier. Pour autant j'ai trouvé le récit inintéressant et je n'ai pas été aidé par le style d'écriture... je ne voulais pas abandonner cette lecture mais j'ai bien failli le faire à plusieurs reprises...
"Il suffit d'un appel pour que des embryons de comités de grève se forment, pour que de simples travailleurs, sans autre mission que d'exécuter, se mettent à réfléchir ensemble, questionnent le monde tel qu'il devrait être.
L'Entreprise est un échantillon de ce qui nous construit tous, des rapports qui n'ont rien de naturel, que nous subissons en tant qu'individus, mais que nous pourrions tout aussi bien renverser collectivement, faire dérailler ou prendre une autre aiguille"
Une écriture ciselée, rythmée presque par le cabotage des wagons immerge le lecteur dans les coulisses de l’univers ferroviaire. Une littérature d’une grand sensibilité dont l’acuité du propos social révèle un monde familier mais pourtant inconnu.