Lionne : nom échappant au bestiaire féminin, contrairement à poulette, morue, gazelle ou thon.Lionne : désigne bien plus que la femelle du lion. Définit une créature noble, chasseresse, autonome, capable de sororité, de ruse, et même d’assassiner un mâle vieillissant.Lionne : perd toute joie de vivre en captivité, comme la romancière lorsqu’elle avait vingt ans, prisonnière d’un amour carnassier, dévorant.Lionne : source d’inspiration pour celle qui aura appris à rugir, à défaire ses cages mentales. Animale indispensable, qui méritait une magnifique mise en mots, mêlant enquête animalière, réflexions sociologiques et récit intime.
Un peu prise de court au départ par un format où le processus d'écriture est très transparent dans le texte fini (ce qui n'est pas mal en soi, mais je ne m'y attendais pas), j'ai fini par totalement accrocher et me laisser happer par le style toujours superbe de l'autrice et ses réflexions sur la domesticité et la liberté des femmes.
Une magnifique lecture, qui résonne d'autant plus le jour de la lutte pour les droits des femmes. J'ai appris pleins de choses sur l'animal mais aussi notre rapport à la lionne, et le fait qu'en tant que femmes, nous soyons en permanence animalisées, domestiquées, patronisées.. J'ai adoré les passages sur Berlin, ma ville de cœur, j'avais l'impression d'y être. J'ai aussi bcp aimé les descriptions de la perte et l'effacement de soi dans les relations toxiques (et la disparition de "nos contours") toujours autant de poésie avec Wendy Delorme. Merci.
Lecture agréable (c’est tellement bien écrit !!) mais je conserve mon étonnement de départ à la lecture de la première phrase de la 4e de couverture : « Lionne : nom échappant au bestiaire féminin, contrairement à poulette, morue, gazelle ou thon ». Mon premier reflex a été de penser : mais si, lionne est une caractérisation raciste de la femme noire ! Ayant confiance en Wendy Delorme, j’étais certaine de trouver un chapitre à ce sujet, qui n’aurait pas parlé à la place de, mais aurait très justement rappelé ce biais. Je trouve dérangeant que ce gros biais raciste n’ait pas été abordé ; écrire ce texte sur la lionne sous toutes les coutures et ne pas mentionner un gros pan de cette figure, cela me questionne. En plus, je suis certaine que Wendy Delorme l’aurait abordé avec intelligence et brio.
J'ai aimé les pages sur l'antispécisme, sur la vision et le rapport binaire que peuvent avoir les humains sur le monde et sur les animaux, les pages sur une relation d'emprise qu'a vécu l'autrice, la dimension "l'intime est politique" et bien sûr c'est toujours très bien écrit. Mais je crois qu'après avoir lu Quatrième génération, je suis un peu lasse des récits à la première personne (surtout quand c'est le - je ne sais plus combien - livre écrit de cette façon). J'aime bien cette autrice mais je pense être plus sensible à sa fiction qu'à son auto-fiction ou à ses œuvres autobiographiques. Je pense que cette distance prise par rapport à l'aspect autobio m'a d'ailleurs grandement empêchée de m'identifier à l'analogie empouvoirante de la personne assignée femme à la lionne. Mais j'ai appris pleins de choses intéressantes et j'aime toujours autant ses réflexions sur son processus d'écriture.
J’ai fini un essai !! Voilà bien longtemps que je n’avais pas réussi cet exploit. Peut être parce qu’il mélange passages autobiographiques entre deux réflexions sur le rapport humain-animal.
Dans ce livre, j’ai appris que 8 % des lions étaient gays et que la chèvre de M. Seguin a été écrite pour décourager un ami de Alphonse Daudet de quitter le travail salarié (« voilà ce que tu risques a vouloir la liberté ») et de nombreuses choses sur les lionnes, le patriarcat et notre vision binaire du monde. C’était donc un chouette livre même si pas forcément sur mes sujets de prédilection
Tellement puissant. Empouvoirant. Magnifiquement écrit. Ça raisonne très très fort en moi. J’ai des frissons, le cœur qui bat fort. À la fois essai et récit autobiographique, ce livre nous parle de la domination de l’autre (l’homme) dans la relation amoureuse, de la captivité dans laquelle nous sommes en tant que femme, du danger d’oublier qui l’on est, peu à peu, car trop domestiquée. Et puis il y a le parallèle de la domestication des animaux, notamment de la lionne. Et une réflexion sur la pensée binaire et anthropocentrée de « l’animal humain » qui biaise notre vision du vivant et violente. « Ce n’est pas l’amour qui rend aveugle, c’est la captivité. »
J’ai lu l’essai « Insoumises » de Wendy Delorme en lecture commune avec Aurélia de « Ma lecturoteque ». Ce livre m’a fait réfléchir sur la femme, son statut et le féminisme. Se renseigner sur le féminisme est une façon de se faire son propre avis et peut-être adhérer à certaines idées. Le récit de l’auteure s’inscrit dans une quête d’introspection et d’analyse de sa vie de couple, de sa vie par rapport à l’homme, et de la place des femmes dans la société. Elle aborde le déséquilibre et la comparaison fréquente de la femme à des animaux avec des connotations négatives, sauf lorsqu’elle est comparée à une lionne. L’auteure est honnête, car elle est consciente de son passé et de ses propres contradictions. Elle ne s’embarrasse pas de tabous et se livre sans concessions. Son parcours m’a aidé à construire ma réflexion autour du féminisme. Ce roman se lit vite, mais je recommande de le lire avec attention, de faire des pauses pour laisser la réflexion mûrir. L’auteure utilise les ellipses dans son récit, alternant des chapitres de vie et de réflexion. C’est une lecture intéressante, instructive et pédagogique.
Il sera difficile de décrire ce livre. C'est un texte profondément intime mais c'est un intime qui devient un partage, qui devient politique, qui devient féministe. L'autrice parle de sa vie, de son devenir Lionne a elle, mais qui touche beaucoup de devenir d'autres lionnes. A la fin de ce texte je suis émue profondément. C'est un ouvrage intime mais qui parle de notre rapport aux animaux sauvages, de domestication animale et humaine.
Devenir lionne c'est refuser la cage, ou bien la choisir sans contrainte. Devenir lionne c'est abolir les genres et leur principe de domination dans les relations. Devenir lionne c'est s'émanciper, se laisser aller à vivre et aimer, c'est choisir face aux autres, ne courber l'échine que lorsqu'on le décide. Devenir lionne c'est la force et la joie.
Me han gustado las partes en las que la autora habla de las distintas formas de poder entre especies y dentro de nuestra especie pero me parece que la conexión de su enjaulamiento y el del animal al que se compara no son en realidad comparables y me parece un tanto desangelada tanto su historia como la parte más documental de los leones.
Mouais, j’ai pas été convaincue par les parties analytiques ni par la moralité « il y a les dresseurs et les philosophes ». J’ai bien aimé les descriptions de Berlin. Je pense que j’attendais beaucoup de cette première lecture de Wendy Delorme, suis un peu sur ma faim..
Gros coup de cœur pour ce roman qui m'a beaucoup touchée. Des touches d'écoféminisme/antispécisme auxquelles je ne m'attendais pas et j'ai été très agréablement surprise !
Un début extrêmement prometteur, qui mérite largement d’être lu, mais un livre qui n’a pas tenu ses promesses (à mes yeux). Si vous attendez un essai sur le féminisme, passez votre chemin.
Troublée par ce livre. Nouveau paradigme en terme de penser le patriarcat. Ni tout blanc ni tout noir. J’avance à tâtons comme un félin en chasse, chasse de savoir et soif de comprendre sûrement.
« « Lionne » contrairement à beaucoup de noms de bêtes servant à nous dénigrer, nous réduire, nous moquer, n'est pas tout à fait une insulte. Pas vraiment. [...] Cela dit de vous, aussi, que vous êtes généreuse, fougueuse, courageuse, redoutable même. [...] J'écrirais cette (re) définition de la lionne pour toutes les lionnes en devenir. Celles qui n'ont pas encore pu prendre toute la mesure de leur puissance. Celles qui ont besoin de cesser de dire « pardon », « désolée », et « merci » toutes les trois minutes. J'écrirai cette définition de « Lionne » pour celles qui sont désolées d'exister, de prendre trop de place, qui ne savent pas dire non, ne vivent pas en accord avec ce qu'elles sont vraiment, qui se rognent les ailes chaque matin et s'endorment chaque soir avec de moignons qui repoustent pendant la nuit et qu'il faudra ronger de nouveau au réveil, car la cage de leur vie ne leur laisse pas l'espace de déployer leurs ailes.
Ce livre est à la fois cool et à la fois sonne un peu faux. J'ai adoré le rapport à l'intime et le parallèle avec la lionne, mais les parties zoologiques étaient parfois un peu longues. L'écriture est captivante, c'est vraiment sympa à lire. Mais le tout dernier chapitre en mode bouquin de développement personnel/empowerment était un peu décevante.
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Propos assez éclaté et décousu sur le sujet des fauves et le lien avec la vioe de l'autrice. Si des chapitres sont très intéressants, d'autres relèvent plutôt de l'exercice de style (recherches sur le symbolisme, l'histoire et l'éthologie des lionnes). Ce n'est pas une mauvaise lecture mais elle est assez oubliable.
Un écrit bouleversant d'intimité, de rage et de vulnérabilité. Aujourd'hui j'ai un pantalon léopard, un élastique du même motif et une veste en fausse fourrure du même animal. Je suis lionne ascendant lionne et je rugis pour moi et mes soeurs. Une lecture qui marque un avant et un après dans nos vies.