Édith ne comprend pas pourquoi Kim est devenu un meurtrier. Guidée par ses ancêtres, Édith retrace les blessures qui ont amené son frère à venger les femmes de la lignée. Remuant temps, rythmes et visages, Nadia Chonville pose un regard neuf et engagé sur la Martinique d’aujourd’hui. Mon cœur bat vite dit l’île, l’histoire, la colère et la folie.
Point de vue de l’autrice:
Ce roman veut rappeler qu’une armée de femmes noires dans les Antilles investies d’immenses pouvoirs, a résisté à l’oppression coloniale, en inventant des armes contre le patriarcat et la domination.
Je n’ai pas vraiment de mots pour décrire ce que je viens de lire. C’est même d’ailleurs la première fois que je lis un roman du genre. Le style d’écriture est particulier. Très poétique. Violent, cassant, poignant. Je n’arrivai pas toujours à suivre. Comme si cette lecture m’entrainait dans un tourbillon. C’est une lecture assez dur à lire. C’est une lecture assez violente, prière de bien faire attention aux TW.
C’est une histoire de vengeance. C’est une histoire de traumatisme (passé, présente et futur). De trauma intergénérationnelle. C’est une histoire qui mêle celle de nos ancêtres esclaves, leurs souffrance, leurs sacrifices, leurs héritage.
C’est une histoire qui parle de mon île, de son histoire, de ses dérives, de sa douleur. Le mot *“potomitan”* n’a jamais eu autant de signification. Les femmes Martiniquaises de toutes générations se sont toujours battus, donné, corps et âmes, faisant fi de leurs souffrance, faisant passer leurs familles avant tout.
Kim est un jeune homme trans martiniquais, en quête de soi et en quête de justice et de vengeance. Kim veut bien faire, Kim veut briser le cycle de l’histoire de sa famille. Kim veut défendre sa sœur, Kim veut défendre les fantômes qui lui soufflent à l’oreille bien des mots, bien des maux. Nous suivons Kim dans son monologue, dans cette tragédie.
En toute transparence, quand je ne suis pas concerné par un roman, j’essaye toujours de chercher des avis de personnes concernées et je n’en ai pas trouvé pour l’instant. Je ne peux donc pas me prononcer sur cette lecture, notamment au sujet du perso de Kim mais si je trouve des reviews de personnes concernées, eh bien comme d’habitude, je partagerai ici.
En tout cas, je salue le côté poétique de l’écriture et pour la mise en avant de ce qui fait de notre île la Martinique. Le ton est tragique depuis le début, on ne peut rien faire à part y assister, on ne peut désirer que l’histoire prenne un autre tournant mais ce n’est pas le cas, on ne peut qu’espérer que dans la réalité, les choses ne se passent pas comme ça mais ce n’est pas le cas. Alors, on ne peut souhaiter que notre cœur puisse battre vite sans avoir l’envie de tout péter.
Magistral. C'est tellement beau. Chaque phrase est un poème, c'est même parfois dur à suivre tellement c'est dense de poésie, de métaphores et de phrases dentellées. Le récit est d'une grande violence, mais raconté d'une telle façon que c'est magistral. Ça raconte la Martinique, la force des femmes et leurs destins toujours tragique, la vengeance, la sorcellerie et l'horreur des hommes. Très grand roman,merci à mon libraire pour le conseil.
Bien que j’aie lu ce livre pour un cours à l’université, je suis ravie de l’avoir fait parce qu’il était extraordinaire! Une histoire extrêmement intéressante et captivante.
Je ne sais pas du tout comment en parler en vrai, tellement c'est loin à la fois de ce à quoi je m'attendais, et de ce que j'ai l'habitude de lire. C'est une histoire de sororité, de vengeance, de liberté, de traumatisme intergénérationnel et des femmes du passé comme des fantômes qui hantent les esprits de leurs descendantes. C'est une histoire unique, intense, profonde. Elle est portée par une écriture d'une poésie incroyablement puissante. Il fallait au moins ça pour servir le récit. La frontière entre narration et poésie est aussi fine que celle qui sépare les mortes des vivantes. Elle est poreuse, elle laisse circuler les mots et les maux, elle transporte dans un état de transe.
Kim est un jeune homme trans et martiniquais, qui a senti comme un appel impérieux le devoir de faire justice pour les siennes, pour les femmes de sa famille violentées depuis des générations, depuis qu'elles sont arrivées esclaves sur l'île. A travers le regard de sa sœur, elle-même initiée par les esprits qui l'accompagnent, on découvre le souffle coupé le geste de Kim dans sa folie rédemptrice. L'histoire a des airs de tragédie : tout est déjà là, en place pour dérouler ce qui doit l'être. Tout a déjà eu lieu, le récit arrive trop tard pour sauver les personnages. On assiste avec impuissance à l'inéluctable.
C'est un roman qui se lit dans un cri, et qui mérite qu'ensuite on fasse circuler son titre et son histoire.
Je reste perplexe sur le choix de faire du personnage principal, un meutrier qui cherche à venger les femmes de sa famille, un homme trans... Sinon, j'ai bien aimé comment l'histoire est construite et l'immersion dans la culture antillaise..
Le début est vraiment compliqué parce que l'on est jeté dans une histoire qu'on ne comprend pas avec une écriture très poétique mais qui alourdit encore la lecture.
Au fur et à mesure, brides par brides, on comprend l'histoire et on apprécie la poèsie.
Une lecture extrêmement satisfaisante qui ne laissera personne indifférent
Nadia Chonville a un style très poétique qui s'inscrit vraiment dans l'identité lyrique de la littérature antillaise à la Aimé Césaire. Kim est un homme trans complexe, torturé et anti-héroïque qui vient d'une lignée de "combattantes" comme dit l'autrice. Et d'ailleurs mes parties préférées c'était les espèces de flashbacks qui racontaient les vies de ces femmes (y'avait un côté structurellement rassurant d'avoir ces moments parce que le reste de l'histoire est très introspective et intense)