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L'enfant rivière

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Il y a six ans, l’enfant a disparu. Zoé ne l’a quitté des yeux que quelques minutes, occupée à peindre la coque du bateau, mais voici son fils envolé. On a dragué le cours d’eau, étudié les courants, cherché en aval, la rivière n’a pas rendu le corps de l’enfant. C’est peut-être ce savoir amérindien ancestral qu’elle porte en héritage ou un instinct maternel féroce mais Zoé le sait, Nathan ne s’est pas noyé. Il vit, quelque part. Elle est persuadée que son fils se cache parmi les migrants qui ont gagné le Canada, poussés par le réchauffement climatique et la chute des États-Unis. Alors elle le cherche. Jumelles au poing, fléchettes tranquillisantes et attirail de chasse en bandoulière, elle arpente les paysages sauvages pour traquer les invisibles de la forêt. 
Sur les bords de la rivière des Outaouais, dans un monde où la nature a repris peu à peu ses droits et ne cesse de clamer sa puissance, L’Enfant rivière nous conte l’histoire d’une quête et d’un combat. Celui d’une mère prête à tout pour retrouver son enfant et comprendre qui elle est.

304 pages, Paperback

Published January 5, 2023

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Displaying 1 - 11 of 11 reviews
90 reviews
December 24, 2024
Mélange entre thriller et dystopie, ce roman polyphonique se construit autour de trois grands thèmes.

Le moteur du récit, c'est avant tout l'histoire d'une disparition : quelques années auparavant, Nathan, un petit garçon de 4 ans, est porté disparu. Ses parents, Thomas et Zoé, ne parviennent pas à surmonter cette épreuve et décident de se séparer. Thomas part en France, alors que Zoé reste au Canada. Six ans plus tard, des événements vont toutefois les pousser à reprendre contact. L'amour est-il encore envisageable après un tel drame familial ? Le deuil est-il possible quand une enquête est irrésolue ? Entre fatalité et espoir, où doit-on se positionner ?

En toile de fond, on retrouve également la thématique de la migration. Ici, le lecteur se retrouve plongé dans une société dystopique (pas si éloignée de la nôtre) où le Canada doit faire face à l’arrivée de plus en plus massive de migrants venus des États-Unis. Politique migratoire, discours populistes, actions citoyennes... Le roman aborde avec justesse et réalisme tous ces éléments.

Le traitement réservé aux migrants est aussi l'occasion pour l'autrice d'aborder le sujet des populations autochtones du Canada et des agissements des colons européens à leur égard (assimilation culturelle forcée, envoi des enfants dans des pensionnats religieux...).

Bref, un thriller riche et haletant que j'ai eu plaisir à lire. Peut-être aurait-il fallu un peu plus de pages pour développer davantage certains aspects... ;)
Profile Image for Pier Long.
43 reviews5 followers
December 12, 2024
Intrigue intéressante, mais qui s’éparpille un peu en voulant mélanger différents concepts (guerre civile, kidnapping, mort d’un enfant, racisme envers les Premières Nations, etc etc). Super intéressant, mais puisque le livre est assez court, on dirait que certains sujets sont effleurés de façon maladroite et incomplète.
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
726 reviews229 followers
January 20, 2023
« L’enfant rivière » d’Isabelle Amonou est un roman dans la grande tradition des romans américains de nature writing. Et pourtant, Isabelle est née en 1966 à Morlaix. Cet ouvrage a vu le jour grâce à un séjour fait à Gatineau qui se situe à la frontière entre le Québec et l’Ontario. Sortir du cadre de son quotidien, a, j’imagine, permis à l’auteur de s’immerger dans une autre culture, et d’apprivoiser un autre espace. Ce roman noir, parce qu’il s’agit bien ici d’un roman noir, se situe en 2030. La peinture de notre monde en 2030 est un condensé des difficultés que nous rencontrons déjà aujourd’hui, multiplié par 100, car les conditions de vie se sont considérablement dégradées. Le personnage principal de ce roman est la nature, le climat, l’environnement. Autour de ce personnage principal gravitent trois protagonistes qui racontent l’histoire. Il y a Zoé la mère, Tom le père, et Nathan le fils. Ce ne sont pas les seuls êtres humains que nous rencontrons dans ce récit. Les autres viennent principalement des États-Unis, cherchent asile au Canada, et sont parqués par les autorités canadiennes en Alaska.

Il y a donc ici plusieurs histoires dans l’histoire. La première concerne la disparition de Nathan sur les rives de la rivière des Outaouais, en mai 2024, son corps n’a jamais été retrouvé. Cette disparition a fait éclater le couple parental. Tom, convaincu de la mort de son fils a préféré passer à autre chose, changer de vie. « Mais il avait démissionné, pas seulement de son métier mais aussi de sa famille, de son pays, enfin de sa vie, toute sa fichue vie. Une désertion engendrée par la perte de Nathan, entretenue par la dépression, la rupture avec son père, la dégradation inexorable de son couple. » Quant à Zoé, elle passe l’essentiel de son temps à rechercher son fils, car elle est persuadée qu’il est toujours en vie. Pour ce faire, elle exerce un métier très particulier, elle travaille pour le gouvernement fédéral, mais je n’en dirais pas plus.

La seconde histoire concerne l’arrivée massive de migrants au Canada. « Lis un peu les journaux, man. Ils veulent envoyer là-bas tous les Américains qui ont réussi à migrer au Canada. Et le mur, c’est pas pour les empêcher d’entrer chez nous, c’est pour qu’ils ne s’échappent pas, une fois qu’ils seront bouclés en Alaska. » Ironie de la situation, si l’on peut dire, il ne s’agit pas de migrants qui viendraient par exemple d’Afrique, où l’on peut imaginer que la chaleur deviendra de plus en plus importante, et les pluies de plus en plus rares. Non, ces migrants arrivent directement des États-Unis. « On a fait partie de l’État le plus puissant du monde, America First et toutes ces conneries, et voilà comment on va finir, dans des bidonvilles. » J’ai trouvé cette approche fascinante.

La troisième concerne la façon dont le Canada a traité les autochtones. Ce récit est vécu de l’intérieur grâce au personnage de Zoé (Zoé est née d’une mère autochtone et d’un père descendants des Français.). Le lecteur découvre avec effarement qu’il fut un temps où les autochtones étaient de simples numéros, les enfants étaient placés dans des institutions où on les forçait à parler exclusivement anglais, et où ils finissaient par ne plus aimer ni la nourriture, ni la culture, ni les traditions de leurs parents. « Les parents et les enfants en étaient venus à se mépriser. (…) Ils n’aimaient plus rien. Ils n’étaient plus rien. »

L’intrigue se situe évidemment autour de la disparition de Nathan devenu « L’enfant rivière ». Ses parents, séparés depuis un certain temps, vont avoir l’occasion de se retrouver grâce ou à cause de l’enterrement du père de Tom. L’occasion de voir ce que chacun est devenu, mais également de permettre des retours dans le passé, notamment centrés autour de Zoé. Ainsi, Tom va prendre conscience de ce que sa femme fait pour vivre, mais également de son entêtement qui n’a pas faibli, persuadée que son fils vit au milieu des migrants. À travers cette quête, c’est aussi elle-même qu’elle cherche à retrouver. Pour moi, c’est là l’un des points marquants du roman, certainement celui qui m’a le plus émue. Cette recherche interminable de son fils fait remonter une histoire douloureuse, notamment des rapports malsains avec son père. « Retrouver l’enfant qu’elle n’avait pas réussi à protéger, parce que sa propre mère ne l’avait pas protégée. Qu’elle n’avait pas réussi à aimer comme il fallait parce que son salopard de père l’avait ravagée. Thomas savait bien que la résilience existait, qu’on pouvait s’en sortir pour peu qu’on en ait les moyens. »

Isabelle Amonou introduit finement plusieurs éléments qui donnent à « L’enfant rivière », une atmosphère singulière, un attachement profond aux personnages, et une conscience aiguisée de la situation en devenir de notre planète. Quels messages laisser aux générations suivantes alors que l’on a tant souffert, dans sa vie d’enfant, d’adolescente et de femme ? « Toujours se méfier des autres. Ne jamais leur faire confiance. Tenir ses distances. Parce que les autres savent, les autres sentent les faiblesses, les failles, les abus. Alors ils cherchent à en tirer parti. » Quelle relation peut-elle encore espérer avec sa mère Camille qui ne l’a pas protégée ? Car, dans « L’enfant rivière » l’auteur décortique des relations humaines : relation entre Zoé et Tom, relation entre Zoé et son père, relation entre Zoé et sa mère. Même si son cœur est soigneusement cadenassé, on sent que tout n’est pas fichu, que l’espoir est toujours présent, même s’il est bien caché, et que, grâce, à la résilience, à l’analyse constante des questions et des actes intimes du passé, la lumière peut encore jaillir au milieu de toute cette noirceur. Ce qui fait dire à Isabelle Amonou, au tout début du roman, lorsqu’il s’agit de savoir ce que l’on va laisser aux générations suivantes, cette très belle phrase : « L’optimisme. Il faut leur laisser l’optimisme. Et l’amour. » Des ténèbres peuvent surgir des étincelles d’espoir, et un embrasement des émotions. Un roman fascinant et très réussi.
Profile Image for Mathiwi.
286 reviews9 followers
May 25, 2024
Les 10 premiers % du livre ont été une torture, je n’étais pas prête pour un autre récit dramatique au milieu de circonstances dramatiques du réchauffement climatique. J’ai laissé tombé quasi un mois.
Et puis je l’ai repris, et la lecture s’est faite toute seule. Ça reste dramatique, mais c’est coupé par un mélange d’action, d’imprévu, de révélations et d’un peu d’espoir.
Profile Image for Angelic Sword.
290 reviews
July 31, 2025
🤔 Mitigé
En trois mots : disparition - climat - famille

« Il était peut-être temps de laisser le monde se libérer des hommes. »

➡️ La quatrième de couverture promettait un livre entre le thriller et la dystopie, deux genres que j’affectionne tout particulièrement. Malheureusement j’ai peut-être eu de trop grosses attentes…

➡️ Pourtant l’histoire reste intéressante, d’ailleurs le monde décrit ne semble pas si éloigné et même très crédible. C’est justement ce qui le rend si effrayant, l’ambiance générale est réussie.

➡️ Côté personnages j’ai eu du mal à m’attacher à Thomas mais aussi à Zoé, on comprend sa peine mais pour moi l’émotion n’a pas été au rendez-vous. Certains passages ont peiné à m’embarquer.

➡️ En revanche les retours positifs sont nombreux sur ce livre qui plaira sans doute à beaucoup de lecteurs. Je n’ai pas passé un mauvais moment mais cela reste une petite déception tant j’étais persuadée d’adorer.

Merci aux éditions Folio pour ce livre dans le cadre du prix Folio-Elle 2025.
17 reviews
January 2, 2024
Le Québec, dans les années 2030, voit affluer des flots de migrants climatiques à ne plus savoir qu'en faire. 2 protagonistes qui se retrouvent après 6 ans de séparation à la suite de la disparition de leur fils de 3,5 ans, elle doriginz autochtone qui n'a jamais eu froid aux yeux, et lui canadien anglophone qui craint tout. Lecture facile, déroutante lorsque les pensées des personnes principaux se glissent dans le récit.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for Roro.
112 reviews
July 19, 2025
3.5/5. Un beau roman qui m'a transporté, mais j'ai regretté que certains thèmes ne soient pas davantage développés (comme l'aspect dystopique, très intéressant, avec les Etatsuniens contraints de migrer vers le Canada en raison de la montée des eaux).
J'ai apprécié l'écriture de l'autrice, qui va à l'essentiel mais qui est belle et douce.
L'histoire est prenante et les personnages assez attachants. La fin apporte une vraie conclusion à leur parcours.
Profile Image for Garance.
198 reviews
July 4, 2024
Des personnages intéressants et réalistes et héroïne féminine non stéréotypée, ça fait plaisir. La documentation sincère du roman ne peut que nous toucher et nous questionner sur ce futur post-apocalyptique qui nous est présenté, et qui ne nous est pas si éloigné.
Profile Image for Matej Ondruška.
4 reviews
January 14, 2025
Un de meilleurs livres que j’ai jamais lus! Narration magnifique, points de vue différents, c’était vraiment fort. Cet oeuvre devrait être la lecture obligatoire aux cours en empathie.
Merci à l’auteure.
Profile Image for Camille.
59 reviews
August 13, 2024
Une bonne lecture. Pour être honnête, je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages mais j'ai aimé cheminer avec eux dans cet avenir proche au goût de fin du monde.
Profile Image for Audrey Adam.
5 reviews
August 16, 2025
L'histoire dystopique aurait pu nous amener plus loin dans l'élaboration des relations et dans la compréhension des conflits intérieurs des personnages. La fin est un peu rapide et simpliste et ne nous permet pas de nous projeter dans une possible reconquête des personnages
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