New York : été 1965, deux enfants disparus, une mère forcément coupable : un true crime glaçant, en partenariat avec Society
Un été caniculaire 1965, dans les grands ensembles du Queens, deux jeunes enfants disparaissent. Ils seront retrouvés assassinés quelques jours plus tard, et à quelques jours de distance, dans des terrains vagues. Aucun indice, aucune preuve. Pourtant, les enquêteurs, catholiques et irlandais en majorité, orientent rapidement leurs pistes autour de la mère des enfants, Alice Crimmins, récemment séparée de leur père. Pourquoi elle ? Ses principaux torts semblent résider dans le fait qu'elle soit séparée, qu'elle multiplie les amants et ne semble pas assez triste. Un New York scorsésien, une histoire de moeurs et de justice patriarcale et un mystère : aujourd'hui encore, on ne sait pas qui a commis les meurtres. La personnalité très complexe d'Alice Crimmins nous conduit tout autant du côté des personnalités politiques américaines des années 1960 que de la mafia new yorkaise. Après deux procès particulièrement tortueux en 1968 et 1971, Alice Crimmins est condamnée et incarcérée. Elle est libérée en 1977, elle refait rapidement sa vie sous un autre nom et elle s'évapore. La journaliste Anaïs Renevier part sur ses traces et raconte à travers elle une époque, une famille et une femme qui échappent toutes aux archétypes. Comprendre cette affaire, c'est éviter le manichéisme tout en le frôlant. C'est aussi lire le récit d'une intense chasse à la sorcière qui déchira en son temps tout le pays.
I received a free copy of, The Alice Crimmins Case, by Anais Renevier, from the publisher and Netgalley in exchange for an honest review. In New York in 1965, brother Eddie 5, and his sister Missy, 4 were found murdered, their mom Alice Crimmins was the main suspect. There was a time when a mother would be the last person suspected of murdering their children, how times have changed. I remember watching a tv show about this case, this was a good read.
A revisit to the case of Alice Crimmins, a redheaded goodlooking mother of two children. She is being accused of killing her son and daughter. Early in the investigation by the Police it was decided that this woman did not live up to the role she was supposed to fullfill in the eyes of society, and how motherhood was perceived. As one of the lead detective labeled her early in the investigation as bitch. Reading about this case showed how limited the scope of the Police was and how little True evidence there was. Only hearsay and her character was enough to get her accused and judged by society. Most alternatives were discarded in favor of their favorite guilty woman or so it seems. And interesting look in times of change towards women. We never learn if this woman is actually guilty, only in the eyes of the beholder I guess. This story showes a lot about investgative limitations and less about solving case. Alice Crimmins was a victim of the obsession of female sexuality. The truth from this real crime is that we will never know for sure what happened that night.
An albeit short book but interesting one nonetheless. First in a series, will check out the next installment.
Connaissez-vous Alice Crimmins ? Que la réponse soit positive ou négative, n’hésitez pas à vous plonger dans le livre-enquête d’Anaïs Renevier. Une exploration passionnante des rouages sociaux, moraux et judiciaires de l’Amérique des années 60.
« L’affaire Alice Crimmins » fait partie de la collection « True Crime » chez 10-18. En partenariat avec le magazine Society, le but de cette série est de nous faire découvrir une affaire criminelle par état américain. Dans le roman qui nous intéresse, nous sommes dans l’État de New York.
Penchons-nous donc sur cette affaire, plutôt méconnue en France.
14 juillet 1965, quartier du Queens, New-York. Une nouvelle journée commence pour Alice, qui la débute avec son rituel : s’habiller et se maquiller, avant de retrouver ses enfants, Missy, 4 ans, et Eddie Junior, 5 ans. La petite famille vit dans un trois-pièces au rez-de-chaussée d’un immeuble du quartier populaire de Kew Gardens Hills. Ce jour-là, Alice trouve l’appartement étonnamment calme. Et pour cause : les enfants ont disparus.
« Kew Gardens Hills est à mi-chemin entre la frénésie urbaine et la banlieue pavillonnaire. Un endroit où patienter, entre le nouvel enfant et la promotion, avant de pouvoir s’offrir un peu du rêve américain – une maison avec un bout de pelouse bien à soi. »
L’alerte est donnée, les corps sont retrouvés quelques jours plus tard, l’enquête se déroule sous les yeux du lecteur.
Très vite, les soupçons se tournent vers Alice. En effet, elle est séparée du père des enfants et mène une vie dissolue, entre les sorties pour faire la fête et ses nombreux amants. Sa personnalité interroge et choque beaucoup la société américaine des années 60.
Cette femme devient très vite du pain bénit pour les journalistes qui vont en faire leur cible principale, dévoilant des détails sordides (Alice enfermerait ses enfants dans leur chambre pour pouvoir rejoindre ses amants), et n’hésitant pas à détailler sa « moralité de hamster ».
« La personnalité ambigüe d’Alice Crimmins et les zones d’ombres dans son récit ont toujours laissé la place au doute. Même dans l’esprit de ceux qui prennent son parti, une question lancinante vient parfois bousculer les certitudes : « Et si c’était elle ? » »
L’enquête patine, on se rend vite compte que la police est plus occupée à chercher des preuves incriminant Alice, plutôt qu’à se focaliser sur le meurtre des enfants. Une affaire courue d’avance, malheureusement. Les conclusions ont été prises dès les premiers jours et jamais les enquêteurs ne sont revenus dessus. Pour eux, Alice était coupable, point barre.
Le travail de recherches effectué par Anaïs a du être considérable. Elle a retrouvé des protagonistes de l’affaire, et outre l’affaire, elle nous propose (et c’est là que c’est fascinant) une vision globale de l’Amérique puritaine des années 60.
A cette époque, les mères de famille étaient censées incarner certaines vertus : modestie, fidélité et dévotion maternelle. Alice ne correspondait pas du tout à cette image. Sa vie était jugée scandaleuse, incompatible avec le rôle de mère. Les enquêteurs et les médias, totalement influencés par cette perception, ont transformé Alice en figure diabolisée. Son apparence toujours soignée, ses vêtements élégants, son comportement distant pendant l’enquête ont été utilisés contre elle, l’accusant d’être insensible et froide. Non conforme aux normes, Alice est devenue une sorte de sorcière moderne. Elle était rousse en plus…
« Si elle avait été courtaude, d’âge mûr, ou qu’elle avait eu un physique ingrat, aucun de ces détails n’aurait eu cette importance. Mais Alice Crimmins était jeune. Elle était rousse. Elle travaillait dans un bar à cocktails. Elle était séduisante. Elle avait de nombreuses liaisons. Toutes les poursuites judiciaires ont été conduites avec un regard lubrique. »
Quant au procès, il a pris l’allure de procès moral plutôt qu’un jugement basé uniquement sur des faits. Il est une illustration frappante des mécanismes de contrôle social, une chasse aux sorcières où la justice sert à réaffirmer des valeurs conservatrices en réprimant ceux qui les défient.
L’affaire Alice Crimmins est un reflet puissant des tensions sociales et culturelles de l’Amérique des années 60. Dans ce livre, Anaïs a réussi à démontrer comment cette affaire incarne les contradictions d’une société en transition, déchirée entre ses valeurs conservatrices et un désir de liberté individuelle. Ce livre se lit vite, la plume d’Anaïs est factuelle, limpide, journalistique (normal, lol).
Elle pointe l’influence des médias sensationnalistes. Alice était scrutée non seulement par la justice, mais aussi par le public, grâce à ses médias.
J’ai beaucoup apprécié cette lecture, car elle m’a permis de mieux comprendre comment la justice peut être altérée par des facteurs extérieurs, comme la pression médiatique ou encore les attentes morales de la société. On peut s’interroger sur l’équité des procès et sur la présomption d’innocence.
Cette lecture apporte indéniablement un éclairage édifiant sur la condition des femmes dans les années 60. Témoin du changement social, l’affaire Crimmins permet de comparer cette époque à la nôtre et définir là où des progrès restent encore à faire.
Par contre, n’attendez pas la résolution de cette affaire. Alice Crimmins a été jugée coupable, certes, mais le doute subsiste et ce n’est pas Anaïs qui va le lever. Coupable, ou non coupable ? Le mystère reste entier et cette affaire n’aura probablement jamais de conclusion. Même si je le savais pertinemment, j’ai été frustrée par ce point.
J’ai beaucoup aimé le dernier tiers du livre, où Anaïs se met en quête de savoir ce qu’est devenu Alice. Absolument passionnant. Je dois bien avouer que j’ai ressenti énormément d’empathie pour Alice. La façon dont sa vie privée a été exposée et utilisée contre elle, la traque dont elle a été victime, tout cela m’a touchée. Le comportement des médias et de la police m’a indignée. Je n’ai pas pu m’empêcher de me questionner sur le déroulement de cette affaire si le suspect avait été le père des enfants….
Je vous conseille cette lecture si vous avez envie d’un résumé complet de cette affaire criminelle complexe, avec des développements à la fois historiques, judiciaires et sociaux. Pour ma part, cette découverte aura été une belle expérience, puissante et riche en émotions.
« A une époque où les femmes commençaient à réaliser à quel point elles étaient oppressées, le procès d’Alice Criminels touchait au nœud du problème : le rôle de la mère et son contrôle. »
Je remercie Editis et les Éditions 10-18 pour cette lecture.
This book is a detailed summary of the Alice Crimmins Case in Queens, New York in 1965, when her two children (ages 4 and 5) disappeared from their first-floor bedroom, to be found dead in separate locations later. The case was interesting and I have never heard of it before despite living in NYC for the past 8 years. I think the aspects about Alice Crimmins being young and attractive, showing less emotion than you would expect from a mother whose children are missing, and having openly extramarital affairs turned this case into a witch hunt against Alice where she was considered guilty despite little evidence against her. It was interesting to learn about this case but in the end, the book felt a bit overdramatized and unresolved, leaving me wanting more. I found myself struggling to stay engaged at times when listening to the audiobook as the narrator’s voice did not work for me. This was just an okay read for me but may be very interesting to those who love true crime documentaries. Thank you to NetGalley, Anais Renevier, and Crime Ink for the gifted ALC in an exchange for an honest review.
Je commence par dire que j'adore le concept de cette nouvelle collection 10/18 x Society, j'ai toujours beaucoup apprécié les reportages du magazine. L'affaire Crimmins m'était totalement inconnue et pourtant elle dit beaucoup : sur la société américaine, le puritanisme, la misogynie et la violence qui peuvent interférer dans une affaire criminelle. L'enquête est riche et contient de bonne référence (The Feminine Mystique par exemple). J'ai hâte de lire les prochaines sorties !
As a young woman, too young to have children of my own, I learned about Alice Crimmins, a NYC mom who was accused and convicted of murdering her two small children. from newspapers and tv news. The case was headline worthy, causing locals to ponder what would possess mother to callously kill her daughter and son. I never forgot the infamous name, “ Alice Crimmons” but the particulars of the case were lost for me over the years until I had the opportunity, courtesy of NetGalley and High Bridge Audio, to listen to an advance copy of the audio version of the book, “ The Alice Crimmins Case,”
It came as no surprise to me that the evidence presented for trial was engineered by the prosecutor to potentially railroad an attractive woman, who was perceived guilty by virtue of sleeping around and wearing revealing clothing and what was considered too much make up. After all it was the 1960s and 70s, a time when moms were expected to stay home cooking, cleaning and looking like mothers were supposed to look. Never does the author say that Alice was innocent of all accusations, but instead through meticulous research, brings the reader to question whether or not reasonable doubt which would negate a guilty verdict, existed.
Listening to this book was a totally immersive experience for me. The reader, Lisa S Ware, did an impeccable job of bringing the story and characters to life in what turned out to be a compelling and important journey. I learned that about a prejudicial police investigation and courtroom proceedings . The book was beautifully and meticulously written by Anais Renevier. Although it is non fiction the literary components of fiction danced off the page: well drawn characters, protagonists, antagonists , various points of view, climax and action. Five well earned stars for a short read/ or listen which I highly recommend. It will be published soon, Feb 11,2025. Go for it!
This is the first I remember hearing about the Alice Crimmins Case set in New York from the mid-1960s. This true crime account is actually still somewhat of a mystery to some, and Renevier presented the facts in a concise way. I didn't think there were too many details and not necessarily too few. I was left with some questions, and definitely had to research what was happening with the case and the people currently. This particular case involving Alice's missing children was certainly emotional. It is interesting how differently she would have been perceived in the media and in the courts, I believe, today. She was not following typical societal norms for a young housewife of her day, and it does seem like that became a factor in how she was perceived. Judged first, then seemingly she was deemed guilty before her innocence could even be proven. It was reminiscent of the current-day Scott Peterson trial where he was perceived guilty mainly because of his character shown in the media and in public. I still think it is highly plausible he did murder his wife and unborn child, but Alice was judged perhaps even more harshly for doing less egregious things than him. Overall this was a quick, informative listen. The narrator lagged a bit and had some expressions that I didn't always think fit what she was reading. It sounded a bit contrived at times, but perhaps it was just me. Thanks to NetGalley and Crime Ink for this ARL. All opinions are mine.
Mon premier true crime. Pas mal. Ce petit bouquin revient sur un histoire qui a fait apparemment grand bruit aux États-Unis mais dont je n'avais jamais entendu parler. L'affaire Alice Crimmins est une de ces affaires non élucidées qui soulève le problème d'une justice soumise aux influences sociales du moment. Des pistes non exploitées, des témoignages très douteux, une enquête menée à charge ne laissent aucun doute sur le peu de chance qu'avait Alice Crimmins de se défendre à l'époque. Nous ne saurons donc jamais ce qu'il s'est réellement passé. Je le savais en entamant ce récit et j'avais peur d'en sortir frustrée. Ce n'est pas le cas. Cette affaire se lit comme un long article de journal. C'est assez court pour ne pas avoir envie de le lâcher, assez documenté sur le contexte social pour nous mettre dans l'ambiance de la fin des années soixante. J'ai bien aimé cette lecture. J'aurais aimé néanmoins avoir plus de détails sur l'enquête.
Hypothèse: je pense pas que c'est elle, mais elle a des informations qu'elle n'a jamais révélé au grand jour. La piste du mari aurait dû être plus investiguer à la place de se concentrer sur la vie sexuelle de madame.
Lecture absolument captivante! Nous sommes plongés dans le New York des années 60 dans l’univers de l’enquête, de la police criminelle et de la presse qui se saisie de l’affaire ! Belle écriture qui sait tenir le lecteur en haleine ! Je recommande chaudement.
Je ne connaissais pas cette affaire et la lecture de ce livre m’a captivée autant qu’énervée ! Une plongée très intéressante dans le Queens des années 60.
Après « L'affaire du Golden State Killer » qui m'avait déjà beaucoup plu en audio, je me suis lancée dans ce deuxième document de la collection True Crime de 1018. J'ai préféré celui-ci à cause du commentaire social et féministe qui sous-tend la manière dont l'enquête a été traitée par la police et les médias.
« L'affaire Alice Crimmins » est un fait divers tragique qui a secoué l'état de New York et a inspiré nombre romans, dont le célèbre « La Maison du Guet » de Mary Higgins Clark. le 14 juillet 1965, dans le quartier du Queens, Alice Crimmins découvre que ses deux enfants, Eddie et Missy ont disparu. Leurs corps sont retrouvés peu après et leur mère est immédiatement soupçonnée.
Comme lors de ma première écoute, j'ai quand même regretté un peu le ton très froid et détaché, à la fois dans le style du texte et dans la narration de Thomas Espinera. Mes podcasts habituels m'ont sans doute habituée à plus de spectaculaire!
J’ai trouvé cette histoire absolument fascinante. D’abord parce que je n’en avais jamais entendu parler, alors même que je suis une grande “consommatrice” de faits divers. Surtout, pour ce que cette histoire illustre quant au puritanisme américain (et que l’on ne s’y trompe pas, les préjugés contre les “femmes faciles” sont toujours bien présents) et les droits des femmes en général.
Cette histoire montre bien comment dans les années 60 encore, on punissait constamment les femmes souhaitant s’éloigner du schéma conservateur classique de la mère de famille : d’abord en les forçant à adopter une vie familiale traditionnelle qui s’avérait bien souvent, comme l’autrice le dit si bien, “un passeport pour l’ennui”. Ensuite en les châtiant si elles souhaitaient finalement s’en éloigner, par l’opprobre social général qui, dans le cas d’Alice Crimmins, s’est révélé un élément capital dans son traitement judiciaire.
Il est intéressant de voir que les plus acerbes, finalement, étaient les femmes elles-mêmes (on se souvient que le jury du premier procès était entièrement constitué d’hommes, les quelques femmes pressenties ayant ouvertement avoué leurs a priori négatifs sur l’accusée) et les justifications des femmes du public, traitant Alice Crimmins de tous les noms tout en se sanctifiant dans leur propre rôle de mère, me laissent à penser qu’il y avait finalement de leur part beaucoup de jalousie envers celle-ci et son côté rebelle de femme libérée, et une sorte de plaisir par procuration dans la délectation de ces mêmes femmes à disséquer la vie sexuelle de celle-ci.
Certes, elle n’était peut-être pas une mère exemplaire (Et qu’est-ce qu’une mère exemplaire, finalement ?), mais le manque total de preuves contre elle (quoique je ne m’explique toujours pas cette histoire de pâtes et de veau...) ainsi que les témoignages plutôt positifs des personnes les plus proches d’elle quant à son attachement à ses enfants ne semblent aucunement justifier cette condamnation unanime des policiers et du public. Au contraire, le père me paraît un bien meilleur coupable potentiel, mais en tant que bon catholique et mari bafoué, il a fait l’objet d’une indulgence assez incroyable. Non pas que je sois convaincue de sa culpabilité, il est tout à fait possible qu’une personne extérieure soit responsable, mais si l’on privilégie la thèse bien plus statistiquement probable d’un coupable issu du cercle familial, le père me semble avoir autant si ce n’est plus de failles dans son témoignage, ainsi qu’un mobile plus solide (encore que si c’est bien lui, son attitude après le crime me laisse pantoise ; le moins que l’on puisse dire est que tous les deux entretenaient une relation pour le moins tordue).
J’ai trouvé absolument hallucinant le comportement des policiers (que l’on ne peut que qualifier de harcèlement en bonne et due forme) et le manque total de professionnalisme et d’objectivité dont ils ont fait preuve, aveuglés qu’ils étaient par leur haine moralisatrice face à cette femme qui (et j’ai trouvé cela très intéressant et pertinent) les a forcés à découvrir le monde parallèle des femmes au foyer qui était parfois bien plus dissolu qu’ils ne se le figuraient, remettant ainsi en cause leurs certitudes concernant leurs propres foyers.
Je ne sais pas si Alice Crimmins est coupable. Je tends à penser que non. Si cela est bien le cas, je trouve que cette femme s’est montrée absolument admirable dans le refus dont elle a fait preuve de se conformer aux exigences d’image attendues d’elle, et qui auraient peut-être limité la casse.
Quelle que soit la vérité, L’Affaire Alice Crimmins s’est révélé tout à la fois un livre sur une affaire criminelle fascinante, et une exploration qui l’est tout autant sur le traitement, dans les années 60, mais dont l’écho est toujours audible aujourd’hui, des femmes sortant des schémas sociétaux attendus.
Je suis fan de true crime depuis des décennies avant qu'on utilise cette appellation (j'ai notamment suivi le procès d'O.J. Simpson, suivis les dossiers sur Dahmer durant les années 90, etc. Ouais, ça ne me rajeunit pas!) Quand j'ai sur que les éditions 10/18 lançait la collection Society dédiée au true crime ça m'a emballé et j'avais hâte de me les taper tous.
Le premier livre est L’affaire Alice Crimmins. En 1965, dans le quartier Queens, à New York, deux enfants disparaissent de leur chambre, pour être plus tard retrouvés morts. Rapidement, l’enquêteur chargé du dossier, un catholique pratiquant, arrive à la conclusion que c’est la mère la coupable. Le catholique pratiquant juge que la femme qui, pour l’époque, avait une vie qu’il jugeait dépravée devait avoir tué ses enfants. C’est troublant de voir à quel point les policiers et le système de justice avaient des œillères et négligé plusieurs pistes. Il y a d’ailleurs eu plus d’un procès pour cette raison.
Au fait, je tiens à souligner que n’est pas un roman, mais un récit d’enquête. J’ai vu des commentaires (où le mot « roman ») dans des critiques qui m’ont donné l’impression que ça n’était pas clair. ;-)
Bref, c’est captivant, bien documenté et écrit avec fluidité. On peut n’en faire qu’une bouchée.
J’ai A-D-O-R-É, on a l’impression de lire un article de journal tout au long du livre (peut-être parce que l’autrice est journaliste 🤡) . A travers cette affaire réelle, nous voyons comment la religion était imprégnée aux États Unis et de quelle manière celle-ci s’accompagne de nombreux préjugés qui influencent l’oppression des femmes. Alice est jugée pour sa vie sexuelle, pour son travail et pour son divorce mais en aucuns cas pour le meurtre de ses enfants. C’est la seule personne soupçonnée car c’est une femme sortant des cases qui leur est dédiées à l’époque, elle subit un réel acharnement. Je le recommande vivement !
J’ai sincèrement aimé le concept d’un roman écrit au style d’une lecture d’un balado. Je l’ai lu d’une traite. On se remet en question constamment sur la culpabilité de cette femme par les nombreuses sources et théories relatées par l’autrice qui nous met en haleine du début jusqu’à la fin. Découvrir cette affaire et son fiasco policier, médiatique et judiciaire m’a agréablement plu, fâchée et remise en question sur cette époque avant la vague féministe de 68.
What an interesting book. I loved reading about this case and all the intricate details - some that came during the case and some that were different after the fact. I was left wondering the truth ... which a great book that makes. I truly felt for Alice, and her husband, wondering throughout what the real truth was.
I received a complimentary copy of this book from netgalley. I was not required to write a review and all opinions are mine.
Les points positifs : - Le fait divers est prenant, le doute sur la culpabilité d'Alice Crimmins plane un peu mais si peu, on comprend que l'Amérique puritaine s'est acharné sur elle à cause de son mode de vie plus que pour une quelconque implication dans la mort de ses enfants. - Une plongée dans le New-York des années 60, l'autrice nous rappelle parfois les événements historiques qui peuvent servir de contexte, notamment le mouvement de libération des femmes, j'ai apprécié cet aspect.
Les points négatifs : - J'ai trouvé que le livre ressemblait plutôt à un dossier spécial dans un magazine (un peu comme l'enquête sur Xavier Dupont de Ligonnès parue à l'époque dans deux numéros spéciaux du magazine Society) mais je présume que le format livre est plus rentable (?) - J'aurais aimé que certaines choses soient plus creusées (ou mieux exploitées) : les origines irlandaises/chrétiennes d'Alice et leur impact sur la personnalité de l'accusée, la possible culpabilité du mari (Eddy Crimmins), les erreurs commises par les policiers chargés de l'enquête, etc. - Pour moi, le rendu est impersonnel. Avant la toute fin (chapitre Floride, été 2022) je n'étais même pas sûre que la journaliste elle-même ait recueilli tous les témoignages tant elle apparaît effacée de l'enquête, comme si elle n'était jamais allée sur place. J'ai trouvé que cela mettait beaucoup de distance entre le sujet et la journaliste.
Très difficile de dire "j'aime" ou "j'aime pas" à un récit pareil. Les cas de True crime sont toujours délicats à "chroniquer".
Alice Crimmins est une femme émancipée et ouverte d'esprit, elle a divorcé à une époque où c'était encore mal vu. Elle a plusieurs amants à une époque où la sexualité des femmes est encore tabou.
Elle a deux enfants en garde alternée et le reste du temps elle profite des hommes, de sa jeunesse et de leur argent. Mais un jour ses enfants disparaissent et finissent par être retrouvés morts.
S'ensuit une enquête bâclée, des faux témoignages, de la corruption de flic dans un contexte de campagne électorale...
Et la vie d'Alice, ses choix et ses déboires se voient étalés dans la presse pendant des semaines. Elle est jugée pour sa sexualité libérée dans un procès dirigé par des hommes.
C'est un véritable acharnement médiatique qui va durer des années, on ne sait plus si on cherche le coupable des enfants ou si c'est un procès pour adultère. Tout le monde est persuadé qu'Alice a tué ses enfants pour vivre libre.
Mais personne n'enquête vraiment... et on ne saura d'ailleurs jamais si c'est Alice qui a tué ses enfants, pourquoi elle l'aurait fait et que ce n'est pas le cas qui a pu commettre un crime aussi terrible.
C'est une enquête de meurtre mais surtout le cas d'une injustice totale dans une société patriarcale, conservatrice et misogyne.
Ça se lit rapidement. On a plutôt l’impression d’être dans un épisode de Cold Case et on est rapidement immergé dans l’histoire.
Les indices s’enchaînent et je me suis fait balader pendant toute la lecture : persuadée au départ de la culpabilité d’Alice Crimmins pour finalement ne plus être sûre du tout de son implication dans cette disparition tragique.
J’ai apprécié le parallèle avec le combat féministe de l’époque. J’aime quand les auteurs m’ouvre les yeux sur des liens historiques et surtout sociologiques auxquels je n’aurais pas pensé. Peut-être qu’y en effet, cette histoire n’aurait pas eu la même issue à une autre époque, un moment de notre Histoire où les femmes n’étaient pas jugées sur leur sexualité ou leur choix de vie.
On ne saura jamais ce qu’il s’est réellement passé et même si je dois avouer que je trouve cela très frustrant, c’est ce qui fonctionne le mieux avec ce genre d’histoire. Sans évidemment mettre sous silence la tragédie qui se cache derrière tout cela.
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"Été 1965 : deux enfants disparus, une mère forcément coupable..."
Pour un roman qui a nécessité 11 années d'écriture, ce n'est pas étonnant vu la qualité de l'ouvrage.
Eddie et Missy Crimmins vont être retrouvés morts. C'est alors que tout les soupçons sont sur Alice Crimmins. Pourtant il y a des choses qui clochent mais ils sont persuadés que c'est elle la coupable.
Et puis son procès va avoir lieu. On y découvre finalement derrière cette affaire, à tel point le féminisme est omnis présent.
L'autrice ne s'arrête pas qu'à cette affaire. Elle ne se base pas que sur Alice Crimmins puisque celui-ci évoque aussi d'autres faits divers qui ont secoué les Etats-Unis.
Contente de l'avoir lu, d'avoir appris l'existence de cette affaire qui a commencé il y a 59 ans. Contente de voir qu'il me donne une sacrée bonne claque.
Pas un coup de cœur, mais on est sur du bon niveau. 4/5 ⭐
This entire review has been hidden because of spoilers.
J'adore lire ce genre de bouquin, dans lesquels tous les éléments de l'époque sont à ma disposition, et tout ce que j'ai à faire, c'est résoudre l'énigme. Il y a peu, je lisais sur Dupond de ligonnès. J'ai échoué, il cavale toujours. Ici les choses sont un peu différentes. Des le début de son "procès", Alice Crimmins est forcément coupable. Parce que c'est elle la mère, parce qu'elle a une vie en dehors de ses enfants, parce qu'elle est séparée de leur père et, pire que tout, elle a plusieurs partenaires sexuels. Le coupable ne sera jamais retrouvé et il me semble que si les inspecteurs avaient dépensé un peu plus d'énergie à chercher d'autres suspects, et un peu moins à juger Alice si vite, ils l'auraient attrapé. J'ai adoré me plonger dans ce procès, dans cette époque, même si j'ai trouvé certains passages très longs et parfois un peu indigeste.
Encore une lecture passionnante dans cette série. Ici de nouveau, je n'avais absolument aucune idée de l'affaire en question, mais j'y ai trouvé un réel plaisir. Profitant de l’engouement croissant pour le true crime, 10/18 et Society ont lancé cette collection originale consacrée aux grandes affaires criminelles américaines. Chaque tome se concentre sur une affaire, un État, dessinant une carte souvent sombre des États-Unis au fil des récits. Ces ouvrages de poche, à la lecture rapide, offrent une plongée addictive dans les coulisses glaçantes de l’histoire judiciaire du pays. Il m'en reste pour le moment un à lire, dans l'attente de futures publications !
Enquête journalistique éditée avec Society concernant une affaire que je connaissais (sans me souvenir de la fin) grâce à Fabrice Drouelle sur France Inter. Tout commence comme un polar, puis tend progressivement vers l'analyse de thématiques de société. Si le contexte des années 60 diffère évidemment d'aujourd'hui, le sensationnalisme des médias, le machisme omniprésent et la conception de la justice pénale par tous trouvent un écho certain et rendent cette lecture passionnante voire parfaite en été.
J'ai un peu moins aimé cette affaire-là car finalement, peu d'éléments sont connus et cela tourne parfois en rond (sans pour autant devenir pesant et ennuyeux). Les deux victimes ne sont quasiment jamais mentionné puisque cette affaire est avant tout le procès de la vie de leur mère, très mal vue à l'époque. Ce livre est un témoignage sur l'Amérique puritaine et ses dérives plutôt qu'une quête de la vérité.
True crime d'une histoire que je ne connaissais pas avant cette lecture. L'enquête de l'autrice est très bien menée et il est vrai que malgré la condamnation d'Alice Crimmins pour le meurtre de ses enfants, le doute subsiste. L'histoire a été, à l'époque, particulièrement médiatisée du fait du caractère d'Alice Crimmins. Une femme belle, indépendante, qui prend soin d'elle...elle avait tout pour faire "le buzz".