Août 1940 : l''original du Traité de Versailles est saisi par les Allemands et envoyé à Berlin ; on ne le reverra plus. Comme cette source clé de l''histoire européenne, des millions de documents publics ou privés, archives ministérielles, d''institutions juives ou de la franc-maçonnerie, correspondances, livres, photographies, appartenant à des hommes célèbres ou à des anonymes, vont connaître, dès la défaite, une étrange odyssée, parcourant des milliers de kilomètres de Paris à Berlin, puis, les Soviétiques ayant pris la capitale du Reich, de Berlin à Moscou, et enfin, quand ils ne furent pas perdus, volés ou brûlés, mais restitués, de Moscou à Paris. Quel est le sens de ce « mémoricide », tant pour les spoliateurs que pour les spoliés ? Et pourquoi, malgré les enquêtes menées à la Libération, le silence est-il retombé sur ces disparitions pendant plus de cinquante ans ? Alors que notre monde semble obsédé par la mémoire des grands crimes du XXe siècle, cette histoire inédite des pillages de la Seconde Guerre mondiale révèle le rôle fondamental que jouèrent, pour les nazis et les Soviétiques, la connaissance des rouages des régimes adverses, le contrôle du passé, l''assassinat des mémoires collectives ou privées.
Un livre très intéressant à lire mais également très dense et très précis ce qui a rendu par moment la lecture assez complexe. On se retrouve par moment bombardé de détails de noms et d'adresse qui, à mon sens, n'étaient pas tous nécessaire même si cela a le mérite de montrer le caractère systématique et l'ampleur des spoliations culturelles des nazis pendant la guerre.
La seconde partie du livre sur la conservation et l'utilisation des archives saisie par les nazie par les services de l'URSS est plus abordable il m'a semblé. La comparaison avec d'autres spoliations au cours de l'histoire récente de l'Europe est très intéressante ainsi que de voir les enjeux mémoriels liés aux archives qu'elles soient privées ou publiques.