« Il existe des hontes qu’il est de bon ton d’avoir. J’ai appris à m’en débarrasser. Il existe des hontes universelles qui nous confortent dans notre appartenance au genre humain. Il existe des hontes que l’on traverse, et d’autres qui nous empêchent. Il existe des hontes plus ou moins puissantes, des hontes furtives et des hontes qui s’ancrent. Il existe des hontes si terribles. Des hontes qui foudroient. Et il existe des hontes qui font partie de nos vies simplement parce que nous sommes nées filles. »
« Dans ce livre nerveux et combatif, l'autrice décortique ce tabou, histoire de ne pas se laisser terrasser par l'humiliation. » Dorothée Werner, ELLE « Le douloureux et bouleversant essai de Florence Porcel. » Télérama
un récit bouleversant mais nécessaire. merci Florence Porcel pour avoir eu le courage de raconter un parcours si compliqué et d’avoir trouvé les mots justes. c’est un livre que je recommanderai à tout le monde parce qu’il permet, grâce à son langage fluide mais tout de même percutant, de faire comprendre cette souffrance qu’est le viol et de devoir en témoigner. les dernières pages et les dernières lignes m’ont profondément chamboulées. ce livre me marquera à jamais.
Florence Porcel décortique avec une justesse déconcertante les rouages et mécanismes de la honte qui survient après le viol. Juste envie de 👏🏼 à chaque page. Respect infini, admiration sans faille.
Lu d'une traite. Les mots de Florence Porcel sont si justes. Pour des solutions tellement injustes. Lisez son essai, changeons la honte de camp. Ridiculisons les actes et propos de la culture du viol. Croyons les victimes qui perdent tout à oser parler tandis que les prédateurs ne perdent rien en toute impunité.
L'un des livres les plus bouleversants que j'ai pu lire. Merci à Florence Porcel d'avoir pu mettre des mots sur ces hontes, merci à elle d'avoir partagée son histoire. Merci aussi de nous avoir fait comprendre que peu importe les épreuves, aussi compliquées soit elles, nous ne sommes pas seul(e)s. A lire absolument.
un essai sur la honte que Florence Porcel alimente et argumente à l’aide de son propre témoignage, un témoignage très dur à lire mais qui dépeint parfaitement les violences auxquelles sont confrontées les femmes. elle offre une réflexion de manière générale sur le mot honte, de ce qu’il évoque et renvoi dans notre société. puis de la honte liée au genre féminin, de cette honte inculquée aux jeunes filles dès leur plus tendre enfance. enfin, elle nous parle de la honte liée au viol. de la honte pendant le viol, après… mais aussi de l’acharnement et l’harcèlement médiatique, des violences liées au parcours judiciaire auxquelles les femmes sont confrontées lorsqu’elles décident de porter plainte, de dénoncer, de ne plus avoir honte. c’est un essai très accessible que je recommande grandement à quiconque souhaiterait lire sur ces thématiques.
L’ouvrage Date et lieu de publication : janvier 2023 (première publication) ; France. Maison d’édition : JC Lattès ; label La Grenade. Nombre de pages : 207 pages.
Commentaire sur l’autrice Florence Porcel est une autrice, actrice, animatrice de télévision et de radio, et vulgarisatrice scientifique, née le 26 juillet 1983 à Vitry-le-François. Diplômée d’un DEUG d’anglais et d’un master 2 en journalisme culturel, elle se fait d’abord connaître pour sa participation à des émissions de radio et de télévision, puis par la création de programmes de vulgarisation scientifique autour des sciences du spatial, publiés sur Internet. Elle publie de nombreux ouvrages dans ce domaine de la vulgarisation scientifique, et du spatial, comme L’Espace sans gravité (2016), La Folle Histoire du Système solaire (2017), Mars Horizon (2017), Les Big Secrets de l'Univers (2019), ou L'Humain dans l'espace entre réel et fiction (2021 ; coécrit avec l’astrophysicien Roland Lehoucq). En 2021, Florence Porcel publie son premier roman : Pandorini ; dans lequel elle raconte son histoire sous couvert de fiction. C’est en effet l’histoire d’une jeune femme qui fait la rencontre d’un monstre sacré du cinéma français : Jean-Yves Pandorini. Cet homme puissant et acclamé l’agressera sexuellement, elle et de nombreuses autres femmes. Dans ce premier roman, véritable traduction littéraire du mouvement #Metoo, Florence Porcel développe donc une profonde analyse de la réaction médiatique et sociétale à la révélation d’accusations de violences sexistes et sexuelles, quant à une célébrité. En février 2021, seulement quelques semaines après la publication de Pandorini, Florence Porcel dépose plainte contre Patrick Poivre d’Arvor, ancien présentateur vedette du journal télévisé de TF1, pour deux viols commis en 2004 et 2009. Elle apprend en effet que son viol de 2009 n’est pas prescrit, comme elle le croyait, et qu’il est encore temps pour elle d’obtenir justice. En accusant Patrick Poivre d’Arvor de viol et d’agression sexuelle, elle entre dans une lourde procédure judiciaire, dans laquelle elle obtiendra le soutien de nombreuses autres victimes présumées. Ainsi, forte de son expérience avec la justice et de son histoire, Florence Porcel décide de publier Honte, en janvier 2023, un essai dans lequel elle partage non seulement son expérience, mais aussi une véritable réflexion autour de la société, en se focalisant sur une émotion : la honte. En effet, Florence Porcel vise à montrer le rôle joué par la honte dans la société, au niveau de l’éducation des enfants, notamment des filles, jusqu’au système judiciaire et aux médias. Ainsi, cet ouvrage a la volonté de dénoncer, d’expliquer la honte pour que, selon l’autrice, le silence qui touche les victimes de violences sexistes et sexuelles cesse d’exister. Cet essai s’adresse donc à tout type de public, et à tous les âges, puisque tout le monde peut être concerné par le sentiment de honte, ou s’en servir. Enfin, c’est un ouvrage novateur, puisque c’est l’un des seuls à proposer une analyse et une réflexion sur le sujet de la honte dans le cadre des violences sexistes et sexuelles, et qu’il prend appui dans des expériences concrètes. Florence Porcel délivre ainsi une analyse de la culture du viol, du machisme et de la représentation médiatique des cas de violences sexistes et sexuelles, qui font encore écho aujourd’hui et qui conservent leur actualité.
Le plan Après l’introduction, Florence Porcel développe dans Honte un plan en six parties. Partant au départ du sentiment de honte dans sa généralité et dans sa définition officielle, elle poursuit son raisonnement, toujours en s’appuyant sur son témoignage, jusqu’à inciter au changement et à l’évolution de la société. Tout d’abord dans la première partie : La honte comme un cylindre ; Florence Porcel constate que la définition traditionnelle de la honte (« Honte, nom féminin, sentiment d'humiliation provoqué par une faute commise, par la crainte du déshonneur ; confusion. », p. 18) n’est pas adéquate quant au sentiment de honte ressenti par les victimes de violences sexistes et sexuelles. En effet, ce n’est pas le coupable qui a honte, comme le sous-entend la définition, mais la victime : « Si j'ai honte d'avoir été violée, c'est parce que j'ai été humiliée par la faute commise par quelqu'un d'autre » (p. 19). Cette honte peut en devenir insupportable selon l’autrice, et parfois conduire au suicide, comme elle-même avoue y avoir songé. Ainsi, Florence Porcel voit la honte ressentie par les victimes de violences sexistes et sexuelles comme un cylindre, un fardeau avec lequel elles sont forcées de vivre, et tenter de se reconstruire. Mais encore, l’autrice dénonce une autre source à la honte qu’elle a pu ressentir : « la honte a fait partie de ma vie très tôt. Pas à cause de violences sexuelles dans l'enfance, ni parce que j'ai vécu, comme beaucoup, des moments pénibles d'humiliation divers, mais simplement parce que je suis née fille. » (p. 28). Ainsi, dans la deuxième partie : La honte liée au genre féminin, Florence Porcel explique comment les jeunes filles, puis les femmes, se voient contraintes à avoir honte de leurs corps : « Une petite fille n'avait pas le droit d'avoir un corps qui se comportait comme le corps naturel d'un enfant. » (p. 31). En effet, l’image renvoyée par les autres, les idées-reçues, les cultures, et les sociétés provoquent ce sentiment, qui s’inscrit en l’individu et perdure. De la même manière, les règles, pourtant naturelles, deviennent une source de honte : « le sang menstruel est une souillure qui impose de le dissimuler et de se dissimuler » (p. 34). On a donc une honte « socialement construite et répliquée » (p. 36). Mais encore, cette honte est pour l’autrice liée à une invisibilisation des femmes, allant jusqu’à une invisibilisation historique (exemple de l’inexistence du termes hominidées). Ainsi, cette honte liée au fait d’être fille, comme les stéréotypes de genre, sont ancrés dès le plus jeune âge, dès la maternelle et les premières étapes de la socialisation. La troisième partie, Le syndrome de la bonne élève et la présomption de la malhonnêteté, analyse plus profondément cette idée d’un ancrage de stéréotypes dans l’enfance. En effet, même si le système scolaire semble plus adapté aux filles, celles-ci étant élevées avec l’idées d’être sages, polies, de se conformer au système éducatif ; et que les filles obtiennent de meilleurs résultats, de la maternelle à l’Université. On remarque que l’accès au monde professionnel leur est plus compliqué. L’autrice en conclut que : « les filles sont éduquées à réussir à l'école et à obtenir des diplômes, les garçons à investir le marché du travail aux postes de responsabilité et de pouvoir. » (p. 58). On retrouve aussi l’idée d’une présomption de malhonnêteté : « même si on m'avait demandé de m'expliquer, on ne m'aurait pas crue : les faits étaient contre moi » (p. 65). L’autrice constate que cette présomption de malhonnêteté est systémique : les femmes qui dénoncent des violences sexuelles sont par défaut accusée de malhonnêteté, dont le soupçon est érigé en certitude. Il s’est ainsi produit la même chose au travers de la plainte de l’autrice, on l’a accusée d’être malhonnête en raison de l’exactitude, de la fiabilité de sa mémoire. Le syndrome de la bonne élève, auquel elle s’est conformée depuis l’enfance lui a alors porté préjudice une fois sortie du système scolaire. L’autrice analyse ensuite plus profondément le viol dans la quatrième partie : Mauvais viol et viol mauvais. Elle commence par décrire c’est qu’est un viol, et la violence, pas forcément physique, qui y est associée, en insistant sur le fait que le violeur est n’importe qui et tout le monde, que c’est un prédateur, et qu’il voit sa victime comme un objet. Mais encore, on a la notion de culture du viol, avec la conception qu’un viol est violent, qu’il est produit par un inconnu dans un endroit sombre, sous la menace. Alors que dans 91 % des cas ce n’est pas le cas. Cela entraîne une sous-représentation des viols. Mais encore, on observe que les auditions judiciaires révèlent un manque de formation des intervenants quant aux violences sexistes et sexuelles, ce qui peut porter préjudice aux victimes, alors qu’on leur incombe la responsabilité de l’acte dont elles sont les victimes. Ensuite, Florence Porcel suggère la nécessité de surmonter la honte avec la cinquième partie : Éclater les bulles. En effet, la honte a un caractère persistant : « La honte s'affranchit du temps, et c'est ce qui la rend si particulière parmi les sentiments. » (p. 135) ; qui lui vient de sa source : le traumatisme. Ainsi, il est nécessaire pour la victime de surmonter ce sentiment de honte, si elle souhaite avancer. Plusieurs solutions sont alors envisageables : l’oubli, le mépris, l’écriture, l’indifférence, l’acceptation, faire de sa honte une fierté, la repentance (dans le cas où l’on est coupable). Mais encore, selon l’autrice : « La honte est un sentiment éminemment politique. » (p. 147), c’est pourquoi le viol est utilisé comme une arme de guerre. De plus, par la honte on peut « éviter que les groupes sociaux opprimés réclament des droits » (p. 149), selon Florence Porcel. C’est pourquoi la fierté, qui vient s’opposer à cette honte apparaît comme une arme de lutte, un outil politique. Il est aussi nécessaire de faire changer la honte de camp et de la renvoyer vers l’agresseur. Pour ce faire, l’autrice propose l’utilisation du ridicule dans les médias, d’attaquer l’ego. En effet, c’est la honte qui empêche la moitié des victimes de viol ou de tentatives de viol de porter plainte. Ainsi, Florence Porcel explique la nécessité pour les victimes d’éclater les bulles de solitudes dans lesquelles elles se trouvent, puisqu’elles sont rarement seules et qu’un violeur ne viole rarement qu’une fois. Dans la sixième et dernière partie de l’ouvrage, Changer les paradigmes, Florence Porcel suggère une évolution sociétale, que la vision sur le viol change et que les lois évoluent. En effet, il est généralement omis que la majorité des victimes de viols connaissent leur agresseur et continuent à le voir, puisqu’elles n’ont pas le choix. Les mécanismes du viol et de la honte demeurent mal connus, il faut changer les paradigmes pour alléger la honte sur les victimes et surpasser le slut-shaming. D’autant plus qu’on constate une présomption de vénalité pour les victimes qui portent plainte, alors que les dommages et intérêts ne couvrent généralement pas les frais engendrés par cette même plainte. On a donc des présomptions systématiques portées à l’encontre des victimes de viol. Pour conclure, par cet essai, Florence Porcel dénonce la honte en tant que bâillon, ainsi que le rôle joué par les médias et la culture. Elle promeut un changement de paradigmes, pour une meilleure société, sans culture du viol, et pour que les victimes de violences sexistes et sexuelles osent prendre la parole.
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Je n’ai plus de mots après avoir terminé ce livre. Plus qu’un témoignage, il nous questionne sur notre représentation du viol et des violences sexistes et sexuelles en général. Florence Porcel nous apporte des notions et la réalité de ce que représente être une victime et plus encore une victime qui dénonce. Tout le concept de honte, de culture du viol, de la psychologie, du traitement inhumain que réserve la justice en faisant le procès des victimes plutôt que celui de l’agresseur, tout y est détaillé. Ce livre a questionné et souvent confirmé ma vision des violences systémiques. C’est un ouvrage qu’il est important de lire. Les dernières lignes m’ont énormément marquées.
Un texte nécessaire, un exutoire, à cette honte qui nous colle à la peau, qu’on ressent au quotidien quand on est une femme et d’autant plus quand on est victime de violences sexuelles (et statistiquement on l’est presque toutes). Je me suis retrouvée dans beaucoup de ses mots et je la remercie sincèrement d’avoir eu la force de parler, de porter plainte et de se battre encore aujourd’hui.
un récit délicat mais nécessaire afin de dénoncer et de sensibiliser sur les violences sexuelles, les viols et surtout LA CULTURE DU VIOL encrée dans notre société, chaque femme devrait le lire afin de comprendre et d’apprendre beaucoup de chose
Tout simplement parfait. Le sujet était pourtant difficile, mais Florence Porcel a su trouver les mots juste, ni trop, ni trop peu. Une lecture fluide, qui nous permet d'entrevoir le parcours si difficile des victimes de violences sexistes et sexuelles, que ce soit l'impact des VSS sur les victimes dans leur vie personnelle mais aussi dans la difficulté face à la justice et à la société. A libre absolument. Merci Florence Porcel