This elegant and provocative book is perhaps more important now than when it was first published. The three essays that comprised the first edition developed a remarkable discourse between ancient Greek and modern conceptions of democracy, in the belief that each society could help us understand the other. To the original three essays, Sir M. I. Finley has added two that clarify and elaborate the thinking of the first edition.
The two new essays, "Athenian Dialogues" and "Censorship in Classical Antiquity" combine with "Leaders and Followers," "Democracy, Consensus, and the National Interest," "Socrates and After" to make this book an unusual inquiry. Few contemporary writers are able to bring to the subject the depth of learning and the persuasive power of language that Sir M. I. Finley brings.
Le propos de ce livre, c’est de faire un parallèle entre la démocratie antique, c’est-à-dire Athénienne, avec les démocraties modernes, plus particulièrement anglo-saxonnes. L’auteur, Moses Isaac Finley , un historien américain émigré en Angleterre, ne se livre pas à une simple étude purement théorique, mais évoque des sujets qui l’ont touché personnellement dans la mesure où il a été visé par la « chasse aux sorcières » communistes qui a touché les États-unis au début des années 50 : sommé d’avouer ou de nier son appartenance au parti communiste, et ayant refusé de répondre, il fut limogé de son poste de professeur d’université. Mais le livre ne se concentre pas tant sur cette inquisition d’un nouveau genre que sur les débats d’experts qui ont agités les savants politiques de cette époque sur la nature de la démocratie.
Je suis un peu fâché contre moi-même d’être aussi ignorant de la situation politique aux États-unis à cette époque. Les citations de Finley ne me parlent pas toujours, comme ses allusions m’échappent pour la plupart. Quand il parle des débats d’experts politiques anglo-saxons, je suis un peu dans le noir si il évoque tel ou tel auteur particulier, ou homme politique qui a dit ceci ou cela. Enfin, comme la guerre froide, ainsi que l’ensemble du XXème siècle, ne me passionne pas beaucoup, étant passée de saison, je n’ai pas tellement le courage de creuser tout cela.
Heureusement, l’introduction de Pierre Vidal Naquet, aide un peu à recontextualiser en France les problèmes soulevés par le livre, ainsi que Finley lui avait demandé. Le savant français fait ainsi un très lumineux exposé synthétique des références à l’antiquité classique sous la Révolution: principalement Athènes et Sparte au début, puis Athènes enfin après avoir rejeté la vertu et le brouet noir pour le luxe et le plaisir sans la vertu. En particulier, j’ai apprécié des citations de cours que je ne connaissais pas du cher Volney, dans la toute jeune école normale supérieure, dans laquelle il s’en prend aux stéréotypes antiques usés jusqu à la corde par un psittacisme incapable de se détacher des préjugés des anciens.
Le livre de Finley suit cette veine, et c’est ce qui en fait tout son intérêt : il s’agit d’une part d’examiner quelques ressemblances et différences entre la démocratie athénienne antique et les démocraties représentatives modernes. Mais il s’agit aussi d’autre part de mettre en balance les jugements hâtifs posés sur ce régime, qui s’appuient souvent sur des comparaisons audacieuses car pas toujours bien contextualisées. Les thèmes abordés vont donc de l’apathie, que l’on observe dans les démocraties représentatives modernes, à la question de la représentation, de la responsabilité, de la tolérance parmi d’autres.
Par exemple, s’il faut bien se souvenir du fait que l’Athènes péricléenne était esclavagiste et impérialiste, elle ne se distinguait pas par là des autres puissances contemporaines. Également, les citoyens qui votaient la paix ou la guerre étaient exactement ceux-là même qui allaient risquer leur peau sur une galère ou sur les champs de bataille. Aussi, ceux qui exerçaient des charges publiques n’étaient protégés par aucune sorte d’immunité, et devaient rendre des comptes de leurs actions, au contraire de nos démocraties modernes. Enfin, la tolérance contemporaine par rapport aux différentes religions aurait été incompréhensible, et s’ils l’avaient comprise, ils en auraient été horrifiés, mais la religion des anciens grecs n’était pas non plus un des monothéismes modernes. Mais j’évoque tout cela pêle-mêle, sans souci d’être exhaustif ni représentatif par rapport au texte de Finley, parce que je suis paresseux.
Même si une partie de cet ouvrage m’a pour ainsi dire échappé, j’ai trouvé très intéressante celle qui met en relief les spécificités bien précises de la démocratie athénienne en soulignant les différences avec les démocraties modernes, et aide par là-même à mieux comprendre les anciens. Un bon livre, qui me donne envie de lire celui plus récent de Claude Mossé, Regards sur la démocratie athénienne, qui expose l'histoire de la réputation de la démocratie à travers les âges. ["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>["br"]>
Bon ouvrage dont je retiens les passages suivants : « J’avance la proposition suivante : il ne va pas de soi qu’une telle quasi-unanimité se fasse actuellement en ce qui concerne les vertus de la démocratie, alors que, durant la majeure partie de l’histoire, ce fut l’inverse. »
« accent mis sur les gens sans éducation, peu évolués, éveille l’écho des objections sans cesse élevées par Platon contre le rôle des cordonniers et des boutiquiers dans la prise de décisions politiques. Ou bien lorsque Aristote (Politique, VI, 1319a, 19-38) affirmait que la meilleure démocratie existerait dans un État comportant un vaste arrière-pays rural et une population relativement nombreuse de cultivateurs et de bergers « qui, par suite de leur dispersion dans la campagne, ne se rencontrent pas très souvent et n’éprouvent pas non plus le besoin de ce genre de réunion » (trad. Aubonnet), on sent là quelque affinité avec un spécialiste contemporain de sciences politiques, »
« Démos était un mot protéiforme aux multiples significations, entre autres « le peuple en son ensemble » (ou pour être plus précis, le corps des citoyens) et le « petit peuple » (les classes inférieures) et les débats théoriques de l’Antiquité ont maintes fois joué de cette ambiguïté fondamentale. Comme souvent c’est Aristote qui en donna la plus pénétrante formulation sociologique »
« (Politique, III, 1279b34-1280a4) : « le raisonnement rend donc évident, semble-t-il, que la souveraineté d’une minorité ou d’une majorité n’est qu’un accident, propre soit aux oligarchies soit aux démocraties, dû au fait que partout les riches sont en minorité et les pauvres en majorité. Aussi… la différence réelle qui sépare entre elles démocratie et oligarchie, c’est la pauvreté et la richesse ; et nécessairement, un régime où les dirigeants, qu’ils soient minoritaires ou majoritaires ,exercent le pouvoir grâce à leur richesse est une oligarchie, et celui où les pauvres gouvernent, une démocratie » (trad. Aubonnet). »
« Le propos d’Aristote n’était pas purement descriptif. Derrière sa classification, se trouve une distinction normative, entre un gouvernement dans l’intérêt général, signe du meilleur type de gouvernement, et un gouvernement dans l’intérêt et au bénéfice d’une partie de la population, marque d’un type de gouvernement inférieur en valeur. Le danger inhérent à la démocratie, pour Aristote, c’était que le gouvernement par les pauvres dégénérât en gouvernement dans l’intérêt des pauvres. »
« Le texte le plus fondamental, pour comprendre ce qu’a été la vision de la démocratie grecque par la Révolution à travers l’œuvre des Lumières, est probablement le fameux chapitre 3 du livre III de l’Esprit des Lois sur la vertu comme « principe de la démocratie » : « Les politiques grecs, qui vivaient dans le gouvernement populaire, ne reconnaissaient d’autre force qui pût les soutenir que celle de la vertu[59]. » La « source » de Montesquieu est un passage de l’oraison funèbre que Thucydide prête à Périclès : « Ce n’est pas l’appartenance à un secteur (de la société) qui vous fait accéder aux honneurs collectifs, mais la vertu » (areté)[60]. Il ne s’agit pas ici de la vertu collective qui sera exaltée par la pensée jacobine. Finley a dit cela autrement, dans une phrase, aujourd’hui célèbre. « En bref, un aspect de l’histoire grecque est la marche en avant, main dans la main, de la liberté et de l’esclavage[96]. » À quoi l’on peut ajouter, du reste, et c’est ce qui est fait dans ce livre, qu’un aspect de l’histoire athénienne est l’avance « main dans la main » de la démocratie et de l’empire maritime.
La « découverte » la mieux connue peut-être, et certainement la plus célébrée, dans les recherches modernes concernant l’opinion publique, c’est l’indifférence et l’ignorance de la majorité des électeurs dans les démocraties occidentales*. Ces derniers ne peuvent définir des problèmes dont la plupart leur sont complètement indifférents ; beaucoup ne savent pas ce qu’est le Marché commun ou même les Nations unies ; beaucoup ne peuvent citer leurs représentants ou le titulaire de telle ou telle charge. Les appels pour la constitution d’un groupe de pression publique, s’ils sont bien rédigés, comportent toujours quelque remarque de ce genre : « Vous pouvez trouver à la bibliothèque municipale le nom de vos sénateurs et de vos représentants, si vous n’en êtes pas sûrs[107]. » En certains pays, les électeurs dans leur majorité ne se soucient même pas d’exercer leur très précieux droit de vote.
Il y a aussi l’argument tiré de l’esclavage : le démos athénien était une élite minoritaire dont une importante population servile était exclue. C’est exact, et le présence de nombreux esclaves ne pouvait manquer d’affecter à la fois la pratique et l’idéologie. Elle favorisa par exemple une franchise ouverte pour ce qui concerne l’exploitation et une justification de la guerre, qu’Aristote exprime conjointement de façon brutale, lorsqu’il inclut parmi les raisons pour lesquelles les hommes d’État doivent connaître l’art de la guerre : « devenir maîtres de ceux qui méritent d’être réduits en esclavage » (Politique, VII, 1333b38-34a1). Cependant on est loin d’avoir rendu totalement compte de la structure sociale d’Athènes par cette bipartition entre hommes libres et esclaves. Avant de pouvoir accepter que l’élitisme du démos rende l’expérience athénienne sans rapport avec la nôtre, il nous faut examiner de plus près la composition de cette élite minoritaire, le démos, le corps des citoyens.
Une opinion commune fut exprimée de la façon suivante, voilà un demi-siècle : « Par l’instruction primaire pour tous, nous avons commencé à enseigner l’art de manipuler les idées à ceux qui dans la société antique étaient des esclaves… Les gens à demi instruits sont dans une situation très ouverte à toutes les influences – et le monde aujourd’hui se compose essentiellement de gens à demi instruits. Ils sont capables de saisir certaines idées, mais ils n’ont pas acquis l’habitude de les mettre à l’épreuve et de suspendre leur jugement dans l’intervalle[127]. »
Que ce soit là ou non une proposition valable pour les gens à demi instruits, je n’en discuterai pas ici, mais l’application politique de cette proposition à l’Athènes de l’Antiquité ne concerne pas les esclaves, mais une importante partie du démos, les paysans, les boutiquiers, les artisans qui étaient citoyens aux côtés des classes instruites, les classes supérieures. L’intégration de personnes de la sorte dans la communauté politique comme membres à part entière, une innovation stupéfiante pour l’époque, rarement répétée par la suite, sauvegarde en partie, peut-on dire, le rapport de la démocratie antique avec l’expérience moderne.
Il serait aisé de dénigrer le comportement irrationnel d’une foule, dans un rassemblement de masse en plein air, manipulée par des orateurs démagogiques, le patriotisme chauvin, etc. Mais ce serait une erreur de ne pas tenir compte de ce que le vote de l’Assemblée d’envahir la Sicile avait été précédé d’une période de discussions intenses dans les boutiques et les tavernes, sur la place de la ville, lors des dîners – des discussions qui se déroulaient entre ces mêmes hommes qui finalement se réunirent sur la Pnyx pour les débats et le vote officiels. Il ne pouvait y avoir un seul homme siégeant ce jour-là dans l’Assemblée qui ne connût personnellement, et souvent intimement, un nombre considérable de ses compagnons de vote, de ses collègues à l’Assemblée, y compris peut-être certains des orateurs intervenant dans les débats.
Rien ne pouvait être plus éloigné de la situation actuelle, où le citoyen isolé, de loin en loin, en même temps que des millions d’autres, et non pas quelques milliers de voisins, pose l’acte impersonnel de choisir un bulletin de vote ou de manipuler les leviers d’une machine à voter. De plus, comme le dit explicitement Thucydide, bien des votants, ce jour-là, votaient leur propre départ en campagne, dans l’armée ou dans la marine. Ecouter un débat politique en ayant en vue cette issue a sûrement amené les participants à fixer leur attention de façon claire et pénétrante. Cela a sûrement donné au débat un réalisme et une spontanéité que les assemblées parlementaires ont peut-être eus autrefois, mais dont elles sont actuellement dépourvues de façon notoire.
"Quand c'est la multitude qui détient le gouvernement en vue de l'avantage commun, la constitution est appelée dj nom commun à toutes les constitutions, un gouvernement constitutionnel. Et c'est rationnel car il peut arriver qu'un seul individu ou qu'un petit nombre se distingue par sa vertu, alors qu'il est vraiment difficile qu'un grand nombre de gens possèdent une vertu dans tous les domaines, avec comme exception principale la vertu guerrière : elle naît en effet dans la masse. C'est pourquoi dans cette dernière sorte de constitution c'est la classe guerrière qui est absolument souveraine et ce sont ceux qui détiennent les armes qui participent au pouvoir."
Saggio estremamente interessante e scorrevole sulla democrazia, su cosa realmente essa fosse presso gli Ateniesi che la inventarono e sulle differenze esistenti rispetto ai sistemi democratici moderni.
La teoria dell'autore è, similmente a quanto disse Mill, che la democrazia (rappresentativa) moderna debba avere come fine non solo il benessere o il soddisfacimento di determinati interessi (di difficile definizione in senso assoluto) ma soprattutto l'educazione della popolazione, al fine di renderne possibile e auspicabile la partecipazione attiva nella gestione pubblica. Al contrario, le democrazie del '900 si sono sempre più orientate verso un sistema democratico di tipo elitista, dove gruppi di persone di provata (?) capacità e cultura gestiscono il potere su mandato rappresentativo del popolo tramite elezione, assumendo sempre più i contorni dell'oligarchia. In tali sistemi l'interesse nazionale è qualcosa di ambiguo e mutevole, pronto a essere di volta in volta piegato in base al volere di ristretti gruppi di potere economici o politici.
Il libro aiuta a capire i motivi per cui una democrazia diretta è inapplicabile negli stati moderni (con buona pace degli ingenui ultrà della rete) sia per motivi pratici che culturali; mostra i pregi ma anche i difetti della democrazia ateniese, già individuati in antico da Platone e Aristotele; confuta le teorie secondo le quali l'apatia politica (ossia il disinteresse di parte della popolazione alla vita sociale e politica) sia positiva, indicando non un alto grado di soddisfacimento del sistema democratico moderno ma piuttosto una situazione di degrado intellettuale, critico o sociale; fa capire come la gran parte della popolazione moderna, essenzialmente semi-illetterata, sia paragonabile alle classi inferiori del popolo ateniese (artigiani, contadini, ...): ma mentre questi ultimi erano coinvolte direttamente nel governo, dove affinavano le loro capacità e imparavano, i moderni sono più che altro manipolati, stante la loro incapacità nell'elaborare e comprendere i complessi problemi di governo , rimanendo tuttavia indispensabili per la legittimazione delle classi politiche attraverso le elezioni. Va detto che Finley non evoca la democrazia di Pericle con fini nostalgici o invitando a un suo riutilizzo, né demonizza la democrazia elitista moderna: semplicemente fa notare come ci siano ancora cose che la seconda dovrebbe imparare dalla prima.
Alla fine, si capisce perché i governi hanno interesse che l'istruzione pubblica esista, ma non funzioni. Si comprende benone come la democrazia delle èlite non poteva che essere stata teorizzata in Italia. E si capisce che si deve sempre studiare e faticare per capire davvero le cose, per criticare con cognizione di causa chi cerca subdolamente di portarci via le conquiste sociali fatte da chi c'ha preceduto.
L'eterna vigilanza è il prezzo della libertà. Ricordiamocelo.
Fantastic demonstration of how historians should engage with modern topics. By contrasting the control the citizen body has over the state in a modern liberal democracy with its Athenian counterpart, Finley challenges conventional dogma regarding the necessity of layers of representative dilution between decision making processes and the average citizen.
Já tinha lido um outro livro do Finley com uma tradução extremamente complicada. Cheguei a achar que esse era estilo dele de escrita, mas me falaram que era coisa do tradutor mesmo. Enfim.. Achei esse bem melhor em termos de leitura. O tradutor, que aqui é Noberto Guarinelo, conseguiu tirar o preconceito que havia ficado da minha ultima leitura. O livro é excelente. Finley faz um mapeamento das historiografias que trataram da escravidão na Grecia e Roma. Ele trata de economia, moralidade, direito e outros coisas mais. Excelente livro pra começar estudar a escravidão no velho e no novo mundo.