Le créationnisme revient à grands fracas aux États-Unis. Mais menace-t-il la France ? Ou la France, pays laïque, est-elle immunisée par la place éminente qu’elle accorde à la science dans son espace public ? Ce livre montre qu’en réalité les apparences sont trompeuses et le phénomène beaucoup plus complexe. Certes, l’idée d’évolution et l’hostilité au créationnisme américain paraissent solidement implantées dans le grand public en France, en tout cas sur les terrains étudiés dans cet ouvrage : manuels scolaires, synthèses d’histoire des sciences, étudiants d’une grande école scientifique et lecteurs de la revue Sciences & Vie. Mais ce qui est mis sous l’étiquette « évolution » ou « darwinisme » par les acteurs est souvent bien loin de correspondre à ce que la science met derrière ce mot. Contre toute attente, on retrouve même dans cet « évolutionnisme » de nombreux schèmes propres au créationnisme fixiste ; et ce, à l’insu des acteurs eux-mêmes, qui pensent exprimer des thèses conformes à la biologie de l’évolution actuelle. Tirant les enseignements de cette enquête, l’ouvrage ouvre une réflexion critique sur la manière dont les rapports entre la connaissance ordinaire et la connaissance scientifique sont aujourd’hui fréquemment présentés dans les débats qui entourent les sciences cognitives. .
Premièrement, je conçois que le sujet soit complexe, mais l’auteur prend justement le parti de vulgariser. Sauf que j’ai eu moins de mal à lire « De l’origine des espèces » de Darwin que ce livre tellement le style d’écriture est compliqué…
Ensuite, l’étude est certes intéressante, mais le tiers du livre raconte que les échantillons sont trop faibles pour que l’on puisse vraiment conclure, pas assez représentatifs etc.. et effectivement ils le sont ! En conclure que l’on peut tout de même en tirer des resultats intéressants, oui, pour une certaine classe de personnes, dans un certain espace géographique, à une certaine époque, que constituent ces échantillons. Mais on ne peut certainement pas en tirer de conclusions pour tous les français.
Une autre bonne partie du livre consiste à expliquer à quel point c’est une étude complexe et que forcément il y aura des biais. Ok, mais si les échantillons ne sont pas suffisamment représentatifs, que l’étude est biaisée etc.. alors pourquoi en faire un livre de 300 pages ?
Bref, une petite centaine de pages intéressantes pour ceux qui sauront déchiffrer. Je suis désolé pour l’auteur, je ne suis jamais aussi critique mais là j’ai eu beaucoup de mal à le finir, et pourtant je suis habitué aux livres techniques / lourds (La Richesse des Nations, La Violence et le sacré etc.. ).