Dans une jolie vallée vivaient sans se connaître un gentil petit lapin et un grand méchant loup". Jusqu'ici tout peut arriver : le meilleur comme le pire. Ces deux-là rêvaient d'amitié mais pas exactement de la même façon, l'un en blanc, l'autre en noir...
Ce livre m’a d’abord été présenté lorsque j’avais 6 ans et a été mon premier pas dans le monde du sous-entendu. Étant petite je ne comprenais pas pourquoi le livre s’arrêtait à ce moment là, parce que l’histoire n’était pas finie pour moi: le lapin devait essayer de convaincre le loup de lui rendre sa liberté avec un discours moralisateur comme on en voit souvent !
Et quand la dame de la bibliothèque qui nous l’avait lu a attiré mon attention sur le titre, mon opinion sur l’histoire a drastiquement changé et j’ai eu l’occasion de la relire avec un œil nouveau.
En effet, si l’on prononce le titre « ami-ami » a plusieurs reprises rapidement, on arrive rapidement à « miam miam » C’est sûrement trop analyser un livre pour enfant, mais j’y vois là les intentions cachées du loup dans le titre, et je reste persuadée que les coquelicots de la dernière page sont en réalité des taches de sang du lapin. L’auteur voudrait alors montrer que malgré des objectifs qui semblent communs, nos amis ne le sont pas forcément ? Nous inciterait-il ici à nous méfier de notre prochain ? Essaye-t-il de montrer que peu importe la bonne volonté, changer la nature d’une personne est impossible ?
Chacun est bien évidemment libre de se faire son propre avis dessus et d’interpréter comme il le souhaite. Mon avis est donc celui-ci et j’ai donc trouvé que ce double sens était subtilement bien placé et amené.
Excellent album pour travailler les inférences et les prédictions. L'amitié, ça prend toute sorte de formes, et surtout, ce n'est pas toujours ce à quoi on s'attend!
Une belle image de l'amitié sans condition. Un album aux graphismes tendres, aux couleurs antagonistes qui montre que l'on peut avoir le plus improbable des amis. La fin est une énigme à double sens. Alors, voyez-vous plutôt le verre à moitié plein ou à moitié vide ? La force de la symbolique réside dans le superbe rapport texte-image qui nous offre une double lecture savoureuse du dénouement.