Mon opinion de ce roman est assez mitigée : dès les premières pages, j’ai eu à prendre des pauses pour digérer les abominations qui y sont décrites. C’est une lecture qui est très graphique, et où il n’y presque pas d’interruptions entre les séquences de violences sexuelles, physiques et psychologiques. Bien que ces premières lignes m’aient données l’impression de rapidement être accrochée par l’histoire, en continuant la lecture, j’ai eu du mal à me sentir connectée à la narratrice. De mon point de vue, elle agissait surtout comme une lentille à travers laquelle observer, puis froidement décrire la vie dans la cité. De par cette distance avec la narratrice mais également avec tous ceux qui croisent son chemin au fil du livre, j’ai vécu cette lecture comme étant une compilation descriptive de violences cauchemardesques.
Le sujet abordé est toutefois très intéressant, d’autant plus que le phénomène des gangs tortionnaires continue de faire ses ravages en Haïti. Henry Kénol a également une très belle plume et cet aspect a rendu la lecture plus agréable. J’ai par ailleurs eu la chance de le rencontrer lors du lancement de ce livre et d’en apprendre plus sur sa démarche de recherche. De savoir qu’il est clandestinement allé compiler les histoires de personnes ayant subies l’horreur des cités afin d’écrire Le désespoir des anges rend la lecture d’autant plus intéressante. Je recommanderais donc cette lecture à quelqu’un qui veut en apprendre plus à ce sujet et non pas pour mon appréciation du roman en lui-même.