On est ici devant une bonne idée. Une histoire de science-fiction québécoise, contemporaine et ancrée dans le réalisme et le présent plutôt que le futur. Par contre, elle est, à mon avis mal exécutée même si elle est bien écrite.
Il faut savoir qu'on est face à une narration à la première personne, première personne ici étant Daniel, le père de Florence, une jeune fille atteinte du cancer et qui séjourne dans le cinquième nord (aile nord du cinquième étage du Memorial Hospital). Dans cette aile se trouve un petit garçon du même âge appelé Max Sieber qui fait l'objet d'une surveillance accrue, d'études et de traitements spécifiques sous prétexte qu'il est extrêmement contagieux. Cela fini par éveiller les soupçons du père, d'autant plus que sa fille a une belle amitié avec lui.
Le choix de la narration à la première personne a deux impacts importants. D'abord, elle force l'auteur à limiter sa narration aux perceptions de Daniel et donc, à ce qu'il sait ou imagine. Ce faisant, pour faire durer l'histoire, ses pensées se mettent à vagabonder dans plusieurs sens et on fini par perdre le fil du récit. Il lui arrive aussi de nommer des noms de personnages sans qu'on sache de qui il s'agit avant un long moment et on passe notre temps à essayer de se démêler plutôt qu'à apprécier l'histoire. Il m'a fallu presque jusqu'à la fin avant de comprendre que Dr Davis et Maureen étaient la même personne.
Elle prive donc l'auteur d'utiliser l'ironie dramatique. Avec une narration omnisciente, l'auteur aurait pu s'en servir et alterner les points de vue considérant tout le mystère et le complot qui entoure Max et son "effet Sieber". Max ayant un pouvoir très spécifique, certains ont des intérêts (militaires et pharmaceutiques) à se servir de lui.
Le deuxième impact est qu'un récit qui se dit de science-fiction a besoin d'un cadre et d'un univers, mais il n'est pas tellement décrit à l'intérieur du livre. En fait, l'histoire est écrite de la même manière qu'un drame et est très centré autour de Daniel. Encore une fois, une narration omnisciente et qui alterne de points de vue aurait été bénéfique au récit.
Je crois que la meilleure façon de rendre justice correctement à cette histoire passerait par une adaptation cinéma. De plus, étant donné que dans les faits il y a très peu de scénario dans l'histoire (ça doit tenir sur un post-it), ça laisse place à beaucoup de créativité. Le livre que j'ai lu lui ressemblant le plus est Charlie (Firestarter) de Stephen King, alors il y a clairement moyen de faire quelque chose avec ça.
Considérant qu'il n'a pas vraiment eu de portée internationale, ce serait certainement une toute petite adaptation à petit budget, mais ce serait faisable aujourd'hui.
J'ai beaucoup aimé la manière dont la science fiction et la réalité étaient abordées dans le livre. Ça a donné au livre un dimension de réalisme qu'en temps normal je n'aurais pas eu. Malgré que ce soit clairement un roman pour adulte, les deux personnages enfants sont très importants et très attachants. L'histoire en général est très bien brodée malgré tous les termes techniques/scientifiques qu'on ne comprend pas toujours, on comprend quand même l'essence du roman. J'aurai peut-être voulu avoir un chapitre de plus qui fait un avancement dans le future en parlant de la relation de Daniel et Maureen et de ce qui en est avec les recherches sur la maladie de Max. Sinon la fin était totalement imprévisible et c'est ce que j'ai vraiment aimé. Bon livre en général!!
Physique quantique, conscience cosmique, éons, les effets cancérigènes et les mystères de notre univers sont des sujets qui m'ont toujours interpellé et duquels j'ai parcouru au fil du temps quelques lectures. L'enfant du cinquième Nord possède les éléments fondamentaux à un grand roman de science fiction. Il réunit également quelques sujets propres à ma perpétuelle interrogation. Cependant, son scénario est mal construit et n'arrive pas à susciter de l'excitation et l'obligation de lire de plus en plus vite. Pas d'effet "built up". Ça tourne les coins ronds. Ça saute du coq à l'âne. Probablement que l'auteur pense qu'on est dans sa tête, ce que je n'étais pas. Décevant, sans être inintéressant.