Ôoka fut un spécialiste de Stendhal avant de devenir l’un des grands écrivains japonais d’après-guerre. Depuis sa première lecture de La Chartreuse de Parme en 1933 jusqu’à sa mort en 1988, il ne cessa d’approfondir sa recherche sur la vie et l’œuvre de Stendhal. Mon Stendhal est un recueil des articles qu’il a publiés sur ce sujet dans les magazines littéraires de l’époque. Chacun éclaire un aspect singulier de la vie et de l’œuvre de Stendhal, souvent au prisme d’un critique français (Taine, Balzac, Thibaudet, etc.) ou japonais (Ueda Bin, Mori Ôgai, Tanizaki Jun’ichirô, et bien d’autres auteurs qui ont contribué à la réception de Stendhal au Japon à partir de 1900). Interrogeant le point de vue de chacun, Ôoka écrit pour ainsi dire une histoire de la réception de Stendhal en France et au Japon. En même temps, il développe et approfondit une question qui intéresse tous les lecteurs de littérature : quelle est la nature de l’amour que suscite en nous la lecture d’une œuvre littéraire ? À travers le prisme de ce témoignage, le lecteur pourra appréhender l’évolution de la critique et de la pensée littéraires au Japon tout au long du XXe siècle. Il pourra découvrir en filigrane les fondements de la pensée romanesque d’Ôoka Shôhei, et même, en retournant le miroir, interroger son propre rapport à la littérature sous l’angle singulier de l’amour qu’il porte lui-même à ses auteurs d’élection.
Shōhei Ōoka (Ōoka Shōhei / 大岡 昇平) was a Japanese novelist, literary critic, and translator of French literature active in Shōwa period Japan. He graduated from Kyoto University in 1932 and majored in French literature, publishing a series of essays on Stendhal and translating some of the French writer's novels. Called to arms in 1944 he was sent to the Philippines where he was taken prisoner by the Americans. During that time he set out to write a series of fiction and nonfiction works focusing on the condition of captivity. Indeed, Ōoka belongs to the group of postwar writers whose World War II experiences at home and abroad figure prominently in their works. Over his lifetime, he contributed short stories and critical essays to almost every literary magazine in Japan. His most important texts are: Ikite Iru Horyo ("Prisoners Alive"), 1949, Tsuma ("Wife"), 1950, Nobi ("Soldier Tamura's War"), 1950. The latter was awarded the Yokomitsu Prize, Japan's most important literary attestation, and the Yomiuri Prize. He resided extensively in Europe and the United States and taught at Japan's Meiji University.