En 1796, dans un village du bocage vendéen ravagé par les Colonnes Infernales, une poignée de survivants recommence l'histoire du monde. Hommes du pays de Gargantua et de Barbe-Bleue, de la fée Mélusine et du Sacré-Coeur, ces villageois vivent intensément des mythes qui les dépassent, avec leurs coutumes étranges, leur peur des hussards et des âmes errantes, leur vieux curé un peu sorcier, leurs ogres et leurs fradets . Ces hommes qui se disent avec crânerie "brigands et aristocrates" vivent une aventure où le tragique se mêle au sordide et l'espoir à la frustration. Et c'est peu à peu la résurrection de toute une paroisse, l'épopée du monde chouan que, même après le génocide de 1793, l'Histoire ne se lasse pas de persécuter - répression ponctuée d'événements sensationnels comme en 1808 la désopilante et véridique visite de Napoléon 1er ou, finalement, le dérisoire et décevant retour des Bourbons. Dans la veine profondément populaire des grands "raconteurs d'histoires", d'Erckmann-Chatrian à Giono, Michel Ragon a écrit avec les Mouchoirs rouges de Cholet un superbe roman historique qui dresse avec une précision quasi ethnographique un tableau foisonnant de la vie rurale d'autrefois, une belle histoire émouvante et drôle, riche en rebondissements et péripéties.
Une autre face de la revolution française, la face présentée comme l'anti révolution, mais en se plongeant dans les lignes de ce livre on découvre la simplicité de ses individus et la ressemblance avec les bleus, une lesson est à apprendre: une révolution qui fait la guerre aux croyances et à la culture d'un peuple est vouée à l'échec
Ni livre historique ( pas assez de chronologie ni d explications), ni roman, ce livre m'a déçue. Pas de récit des guerres de Vendée en tant que telles. Ni de mise en contexte sur l empire puis la restauration.. Je ne me suis pas attachée aux personnages, car on ne passe pas assez de temps sur chacun. J ai eu du mal à comprendre qui était qui. On en apprend peu sur les guerres de Vendée mais plus sur la vie après: la misère qui régnait, les difficultés des paysans et des métayers à vivre de leur travail, le remembrement devastateur pour certains, les villages remis sur pied après les guerres grâce à une organisation solidaire : les hommes qui se partagent les veuves et orphelins pour les héberger et les nourrir, façon arche de Noé, mais aussi la cruauté, les superstitions des villageois qui leur font commettre des crimes atroces, tel le cul brûlé des fradets.
Très beau livre qui rappelle et décrit bien le génocide vendéen, histoire cachée des crimes de la République. On suit la renaissance du village de Dochagne, livre très attachant.
Petit truc agaçant : on se croirait parfois dans un documentaire d’Arte avec les innombrables mots de vocabulaire régionaux et désuets pour désigner les outils, les coiffes des paysannes, telle ou telle coutume.