Rendre en vers la parabole des mouvements contestataires des années soixante-dix - leur force, leur rage, leur déclin - c'est l'exploit réussi par Nanni Balestrini dans les textes ici réunis. Par un savant équilibre entre la rigueur de la composition, qui repose sur des habiles techniques combinatoires, et une langue fragmentaire, portant inscrite en elle-même la trace d'une histoire en devenir, l'auteur donne vie à une mosaïque vaste et mouvante. Si Vivre à Milan reflète la radicalité et la complexité des conflits qui ont mis à feu et à sang l'Italie au cours de la décennie, Blackout apparaît incontestablement comme le grand poème épique de cette saison de révoltes. Lamentation funèbre pour la mort du mouvement mais aussi ultime cri de rébellion et d'espoir, cette épopée des vaincus, dont l'architecture répétitive évoque un mythique éternel retour, vibre de l'élan des grands événements collectifs et résonne d'une multitude de voix, personnelles et publiques. Ce sont l'intimité et la suspension qui dominent enfin dans Hypocalypse, images poétiques de la condition existentielle d'incertitude et de repli liée à la fin des grandes aspirations collectives. Précédé de Vivre à Milan et suivi de l'Hypocalypse Nanni Balestrini est né à Milan en 1935. Membre du groupe des poètes d'avant-garde I Novissimi, il est parmi les fondateurs, en 1963, du Gruppo 63. Il travaille dans l'édition - comme directeur littéraire chez l'éditeur milanais Feltrinelli de 1962 à 1972 - et aussi pour le cinéma et la télévision. Il a dirigé les mensuels culturels Quindici et Alfabeta. Plusieurs de ses romans ont été traduits en français : Tristan (Le Seuil, 1972), Nous voulons tout (Le Seuil, 1973, rééd 2009, Entremonde), Les invisibles (P.O.L., 1992), L'Éditeur (P.O.L., 1995), La violence illustrée (Entremonde, 2011).
Incantatory lines threaded through a dream - a revolution that never happened in '68 - but never ended in the future. Really a very interesting way to 'view' a time and place; while every reference made may not be understood by the reader (due to time and place) the overall movement of the work will sweep you away.
I didn't care for the foreword, but the poetry is really powerful and packs a punch. It sets the stage for a lot of the struggles waged in the 60s and 70s not only in the U.S. and Europe but throughout the third world. I found the repetition almost haunting, a dark reminder of the looming threat of fascism and state violence.