Dans le duché de Bromaël, Ædan de Vaumacel semble être à la recherche de mystérieux kidnappeurs d'enfants. Cependant, la discorde gronde entre le duc Ganelon et ses enfants depuis la répudiation de leur mère, la duchesse Audéarde. Un tournoi pour l'honneur de la duchesse est organisé et Vaumacel, autrefois incriminé avec la duchesse, promet de s'y rendre.
Oyez, oyez, véritable pépite que ce roman. Après son Gagner la guerre ancré dans une inspiration de Renaissance italienne, Jean-Philippe Jaworski renoue ici avec le style du roman de chevalerie qu'il avait déjà brillamment retranscrit dans Au service des dames dont ce roman est une suite (et de Gagner la guerre en même temps). Ce n'est pas un secret pour mon entourage : j'adore la chevalerie. De ce fait, j'ai été transporté dans ce Chevalier aux épines qui nous présente des paysages dignes de la Bretagne médiévale et des personnages hauts en couleurs. Le style de Jaworski est toujours aussi formidable. Certains diront qu'il abuse peut-être des descriptions...personnellement je ne les ai même pas vues passer tellement je visualisais ces magnifiques paysages ! A ce style se rajoute plusieurs personnages POV dont un vraiment très original, dont je ne dirai rien pour laisser la surprise au lecteur qui ne se sera pas déjà spoilé !
Concernant l'intrigue, que dire... j'ai adoré ! Celle-ci est nettement découpée en deux grandes parties : l'avant-tournoi et le tournoi lui-même. La première partie concerne donc à la fois la recherche des kidnappeurs d'enfants par Ædan ainsi que la mise en place du tournoi par les fils du duc Ganelon. Cette partie s'avère très plaisante et chargée de mystère par moment avec des personnages dont on ignore parfois l'identité réelle. Toutefois, et à contre-courant de ce que certains pensent, c'est quant à moi ce fameux "Tournoi des preux" qui m'a le plus emporté. Effectivement, quoi de mieux que le bruits des campements le long de la lice, que le l'assaut simultané des deux partis... Jean-Philippe Jaworski m'a renvoyé dans mes plus lointains souvenirs du Cycle d'Ogier d'Argouges et j'ai véritablement savouré chaque page de ce livre.
Attention cependant, cette intrigue dont je viens de parler ne prendra pas la même ampleur selon votre connaissance de l'oeuvre de l'auteur. En effet, de nombreux indices et références jalonnent ce récit, laissant présager un cadre beaucoup plus large aux événements à venir. Par conséquent, s'il est possible de commencer directement par Le Tournoi des preux, vous en perdrez une partie de la saveur, surtout si vous êtes un chasseur méticuleux d'indices. Je ne saurais que trop vous recommander d'avoir déjà lu Janua Vera, Le Sentiment du fer et Gagner la guerre avant de vous lancer. Avoir Janua Vera et son historique du Vieux royaume à portée de main peut d'ailleurs s'avérer très précieux pour qui veut la vérité ! L'auteur jouera d'ailleurs avec vos nerfs concernant la véritable identité du narrateur de ce roman !
Il m'est véritablement difficile de faire cette chronique tant j'ai pu apprécié mon expérience de lecture concernant ce premier tome du Chevalier aux épines et que j'aie peur de ne pouvoir réellement retranscrire ce que j'ai ressenti. Je n'ai donc qu'un conseil à vous donner : lancez-vous !